Currently in French only. Pas besoin de télescopes géants pour observer des étoiles géantes. De tout petits télescopes d'à peine trois centimètres d'ouverture suffisent s'ils sont placés en orbite à l'abri des perturbations de l'atmosphère terrestre. C'est le concept du projet international BRITE (Bright Target Explorer) Constellation élaboré au Canada et auquel l'Agence spatiale canadienne vient d'accorder une subvention de 3,6 M$ destinée à financer le volet canadien.
Le projet consiste en la mise en orbite de six nanosatellites qui scruteront les étoiles les plus brillantes de notre ciel. Chacun d'eux a la forme d'une boite cubique de 20 centimètres de côté et ne pèse que 7 kilos. Ils sont munis d'un télescope pouvant couvrir 24 degrés du ciel, ce qui peut inclure deux douzaines d'étoiles à la fois.
Chaque pays participant, soit le Canada, l'Autriche et la Pologne, larguera deux satellites. Le premier lancement, prévu pour l'automne prochain, sera celui de l'Autriche. Ces deux premiers satellites sont présentement testés à l'Université de Toronto. Le Canada fermera la marche avec son lancement en 2012.
«Nous pouvons examiner l'atmosphère et la surface des étoiles, mais leur cœur nous est inaccessible, explique Anthony Moffat, professeur au Département de physique de l'Université de Montréal et directeur scientifique de la partie canadienne du projet. Pour comprendre ce qui se passe sous la surface, il faut étudier les phénomènes sismologiques et les turbulences de l'atmosphère. Ces phénomènes nous renseignent sur la convection et sur les autres propriétés internes de l'étoile de la même façon que les tremblements de terre nous permettent de comprendre, par la propagation des ondes, la composition des couches internes de notre planète.»
Ces vibrations, qui se manifestent par des variations dans l'intensité lumineuse de l'étoile, sont très difficiles à mesurer sur Terre à cause des turbulences de l'atmosphère. Les observations faites à partir de l'espace grâce à cette constellation de satellites atteindront un niveau de précision jamais égalé.
Les six satellites fixeront la même étoile simultanément, ce qui permettra d'observer ses vibrations en continu sans que l'opération soit interrompue par le déplacement du satellite autour de la Terre. «Nous pourrons ainsi mieux suivre l'évolution du phénomène dans le temps», souligne le professeur.
Les étoiles ciblées sont des étoiles massives très lumineuses qui approchent de leur fin de vie, comme les géantes rouges, et d'autres qui finiront leurs jours dans des explosions donnant naissance à des supernovas. Ces étoiles sont particulièrement complexes à modéliser à cause des inconnues et des irrégularités concernant leur convection et leur rotation internes.
L'expérience devrait durer au moins trois ans et se poursuivre au-delà si le financement est toujours au rendez-vous.
Pendant ce temps à Mégantic
À propos de financement, l'Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) a pour sa part trouvé un budget de dépannage qui lui permettra de continuer ses opérations pour la prochaine année.
Rappelons qu'au printemps 2009, après l'annonce de la fin du financement accordé depuis le début des années 90 par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), une somme de 518 000 $ avait été versée pour deux ans par Développement économique Canada, en plus d'une «subvention de fermeture» de 184 000 $ du CRSNG. Ces ressources sont épuisées depuis mars dernier.
Pour l'année à venir, l'OMM fonctionnera à même des fonds internes de l'UdeM et de l'Université Laval. Pour assurer la survie de l'Observatoire à long terme, des démarches sont présentement en cours à la fois avec le gouvernement fédéral et avec celui du Québec afin de débloquer de nouveaux fonds. Même si la porte semble fermée du côté du CRSNG, le directeur de l'OMM, René Doyon, se dit optimiste quant à l'issue de ces démarches.
Daniel Baril
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