Currently in French only. Le stage postdoctoral est désormais une voie quasi incontournable pour les étudiants qui désirent faire carrière dans le milieu de l'enseignement et de la recherche universitaires.
«La très grande majorité des universités exige que leurs professeurs aient fait un postdoctorat», observe Richard Patry, vice-doyen et secrétaire de la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l'Université de Montréal (FESP).
«Ce stage fait de l'étudiant un chercheur autonome et crédible. Ceux qui aspirent à un poste de professeur ne peuvent plus se contenter d'un doctorat», estime pour sa part Mamadou Adama Sarr, président de l'Association des stagiaires postdoctoraux de l'UdeM (ASPUM).
En effet, le stage postdoctoral permet à une personne qui a fait un doctorat de parfaire sa formation en recherche et d'intensifier ses activités de rayonnement scientifique. «C'est comme l'extension de la piste de décollage pour une carrière universitaire», compare M. Patry. Un stagiaire postdoctoral en sciences pures peut également se voir ouvrir les portes de grands laboratoires privés.
D'une durée de un à cinq ans, le stage s'effectue souvent à l'étranger. «C'est l'occasion d'acquérir une expérience internationale et d'intégrer d'autres réseaux professionnels», remarque Stéphanie Tailliez, conseillère en cotutelle, international et programmes conjoints à la FESP.
À la manière du compagnonnage, l'étudiant est supervisé par un professeur. «Ce n'est pas un directeur de recherche, signale Richard Patry. Le superviseur est plutôt un guide. Il conseille le stagiaire à propos de la gestion de sa carrière, de la communication de ses travaux scientifiques et de son réseau de relations.»
Évidemment, l'étudiant ne peut effectuer de stage postdoctoral sans qu'un professeur veuille le prendre sous son aile. Ce dernier doit s'assurer d'avoir accès à toutes les installations de recherche pour que ce stage se déroule dans les meilleures conditions et veiller à ce que son protégé bénéficie d'une bourse qui couvrira toute la durée du stage.
C'est au futur stagiaire de communiquer avec le spécialiste de son choix avant de s'inscrire à la FESP, qui est responsable de la gestion des dossiers des postdoctorants.
C'est ce qu'a fait Mamadou Adama Sarr. Diplômé de l'Université Jean Moulin-Lyon 3, il a traversé l'Atlantique afin de tirer profit de l'expertise du professeur Christopher Bryant. «Il est une sommité mondiale en matière de développement durable et d'adaptation des activités humaines aux changements climatiques», affirme le stagiaire qui poursuit sa formation dans ce domaine. Comme plusieurs postdoctorants, Mamadou Adama Sarr s'est vu confier des charges de cours. Il participe aussi à l'encadrement d'étudiants au baccalauréat et à la maitrise.
Au-delà de l'enseignement, le stagiaire postdoctoral cherchera surtout à publier le plus possible dans des revues de renom. «C'est pourquoi cette formation exige une grande autonomie et énormément de persévérance», souligne Stéphanie Tailliez. Ces nombreuses publications confèreront au stagiaire un avantage concurrentiel indéniable sur le marché du travail.
L'argent, le nerf de la guerre
L'Université de Montréal est l'un des établissements universitaires qui comptent le plus de stagiaires postdoctoraux au Canada. Ce nombre est en constante progression, passant de 643 en 2006-2007 à 716 en 2010-2011.
Cependant, l'avenir de ces étudiants pourrait être compromis en raison de la récente fiscalisation des bourses postdoctorales par le gouvernement fédéral. Mentionnons toutefois que les étudiants ne sont pas imposables au palier provincial. Cette nouvelle mesure constitue une véritable menace pour la recherche au Canada, selon Richard Patry: «Ce sera beaucoup moins avantageux pour les étudiants étrangers de s'inscrire dans les universités canadiennes. Bien des vocations seront remises en question.»
La FESP et l'ASPUM s'activent présentement à trouver une autre façon de soutenir les stagiaires postdoctoraux, car «il est peu probable, dans un avenir prochain, que le gouvernement fédéral revienne sur sa décision», croient MM. Patry et Adama Sarr.
Marie Lambert-Chan
(Illustration: Benoît Gougeon)
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