Chemistry isn't all about exploding things

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Andreea R. SchmitzerCurrently in French only. «Les chimistes ne sont pas de petits savants fous qui ne pensent qu'à faire des explosifs, dit Andreea R. Schmitzer, professeure au Département de chimie et chercheuse en chimie organique. Ils sont des rouages importants de l'industrie pharmaceutique et travaillent dans le textile, l'alimentation, le secteur manufacturier. La chimie est partout.»

Mme Schmitzer, qui est d'origine roumaine, a effectué des études de génie et travaillé quelque temps dans son pays avant de constater que ce qu'elle désirait vraiment, c'était comprendre les procédés qu'elle appliquait en usine. Grâce à la formule de la thèse en cotutelle entre l'Université Paul-Sabatier de Toulouse et l'Université polytechnique de Bucarest, elle a entrepris un doctorat en chimie moléculaire et supramoléculaire. Venue faire un postdoctorat à l'Université de Montréal en 2000, elle a obtenu un poste au département en 2003.

Après avoir lancé sa carrière de brillante façon (première de sa promotion en génie chimique à l'Université polytechnique de Bucarest en 1997, elle a obtenu un prix national, en France, pour la meilleure thèse de doctorat en 2001), elle s'est consacrée à la recherche de solutions à la pollution des solvants. «Nous constatons depuis un certain temps qu'il vaut mieux réduire à la source nos émissions de polluants au lieu de tenter de dépolluer après usage. Notre laboratoire se spécialise en chimie bio-organique dans cette voie», mentionne-t-elle dans un excellent français teinté d'un accent est-européen.

Hommage à Marie Curie

Admiratrice de Marie Curie (1867-1934), qui partage comme elle des racines est-européennes en vertu de ses origines polonaises, Mme Schmitzer profite de l'Année internationale de la chimie pour souligner l'apport des femmes dans sa discipline. «L'année 2011 marque le centenaire de l'obtention du prix Nobel de chimie par Marie Curie. Seulement quatre autres femmes ont reçu cet honneur depuis, commente-t-elle. J'admire cette scientifique parce qu'elle s'est battue pour ses idées à une époque où ce n'était pas facile.»

Professeur émérite de l'Université Paul-Sabatier, Armand Lattes viendra donner une conférence sur Mme Curie le printemps prochain. L'ancien président de la Société française de chimie (2003-2008) a été invité à Montréal par Mme Schmitzer pour présenter les grandes lignes de la carrière de la chimiste à qui l'on a décerné un autre prix Nobel en 1903, avec son mari Pierre, pour ses travaux sur les radiations.

Aujourd'hui, la chimie ouvre grandes ses portes aux femmes. Au Département de chimie, on compte 8 professeures sur 36 enseignants réguliers, ce qui fait du département le plus féminisé du monde universitaire. L'embauche de la première professeure remonte à 1993.

Professeure appréciée

«C'est une femme très humaine qui a d'ailleurs une bonne note sur le site Rate my Teacher», dit en souriant Julien Gravel, étudiant au baccalauréat en chimie et stagiaire au laboratoire de la professeure Schmitzer. Il s'y est senti bien accueilli et il affirme que les autres apprentis chercheurs partagent ce sentiment. «Je ne suis rien sans eux. Ils sont le cœur de mon laboratoire», fait observer l'intéressée.

Avec d'autres étudiants du département, Julien Gravel prendra part aux activités soulignant l'Année internationale de la chimie, notamment les ateliers des 24 heures de science le 6 mai prochain. «C'est une occasion qu'il ne faut pas manquer d'expliquer la chimie au public. Beaucoup de gens, incluant mes parents, ne comprennent pas très bien ce qu'on fait.»

Attendus dès midi dans le Hall d'honneur, les visiteurs pourront manipuler des produits chimiques sous la supervision de l'équipe dirigée par Mme Schmitzer. Ils feront du nylon, du Purell et du savon, mais aussi des piles à l'aide de... fruits.

Plusieurs d'entre eux pourront aussi savourer des plats de gastronomie moléculaire comme de la crème glacée et du sorbet refroidis à l'azote liquide.

Slogan de la journée: «L'Année internationale de la chimie, vous allez vous en souvenir!»

Mathieu-Robert Sauvé

For more information in English. please contact William Raillant-Clark, International Press Attaché, at 514-343-7593 or w.raillant-clark@umontreal.ca


 

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