Andréanne Morin rame vers le podium

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L'étudiante en droit participe à ses 3es Jeux olympiques (photo: Daniel Mallard)

Membre de l'équipe canadienne d'aviron, Andréanne Morin participera aux Jeux olympiques de Londres avec la ferme intention de gagner une médaille dans l'épreuve de huit de pointe avec barreur.

«L'or est à notre portée, explique en entrevue téléphonique l'étudiante de la Faculté de droit de l'Université de Montréal, depuis London, en Ontario, où se trouve le bassin d'entrainement de l'équipe nationale. Nous avons réalisé d'excellentes performances cette année, dont une première place à la Coupe du monde il y a un mois; nous sommes prêtes.»

Originaire de Montréal, Andréanne Morin en est à sa troisième participation aux Jeux olympiques, après Athènes en 2004 et Beijing en 2008. Son équipe composée de huit rameuses et d'une barreuse a obtenu une honorable septième place en 2004 mais une frustrante quatrième position en 2008, à 0,6 seconde de la médaille d'argent. «C'est une distance d'un pouce et demi entre les bateaux», évoque la «chef de nage» de l'équipe, soit la rameuse la plus près de la poupe. Le chef de nage est une position stratégique implicitement associée au leadeur du groupe.

Cette fois sera-t-elle la bonne? Andréanne Morin l'espère et ne craint pas de craquer sous la pression. «Je pratique mon sport depuis 12 ans et nous connaissons bien nos adversaires, puisque nous les affrontons régulièrement dans des compétitions internationales. Chaque jour, je visualise l'épreuve et me prépare psychologiquement.»

L'élément psychologique n'est qu'un volet de l'entrainement olympique. L'équipe d'aviron met l'embarcation à l'eau dès que les glaces cèdent à la surface du bassin et maintient la cadence jusqu'aux premières gelées, l'hiver suivant. Au cours de la dernière saison, on a accroché les rames le 16 décembre 2011 pour les décrocher le 28 mars.

Une journée type, pour la jeune femme, ce sont trois séances d'exercice quotidiennement, six jours par semaine. Le jour de l'entrevue avec Forum, elle a ramé à 7 h 30 et 15 h 30, pour un total d'environ 35 kilomètres sur l'eau, en plus d'un entrainement en gymnase et d'une séance de Pilates. «C'est parfois très difficile le matin, quand il fait deux degrés sur l'eau et qu'on a les pieds gelés. Mais il faut le faire. Les Roumaines et les Américaines se préparent avec intensité elles aussi.»

Les éliminatoires de huit auront lieu le 29 juillet et la finale le 2 aout à Eton Dorney, à une trentaine de kilomètres de Londres.

L'aviron mène au droit

Membre depuis 2010 de la Commission des athlètes du Comité olympique canadien, Andréanne Morin partage ses connaissances des lois visant les athlètes amateurs et le sport de compétition. «Nous sommes la voix des athlètes», dit-elle. Il y a quelques mois, elle a été nommée ambassadrice de l'Association mondiale antidopage, une fonction appelée à prendre de l'importance au cours des prochaines années, croit-elle.

En plus de sa carrière sportive, Andréanne Morin a un parcours scolaire exemplaire. Formée à la Study School de Westmount, où l'on a créé un fonds en son honneur, The Andréanne Morin Athletic and Wellness Fund, elle a obtenu un diplôme de la Phillips Exeter Academy au New Hampshire en 2000. Puis elle a fait un baccalauréat en économie politique à la prestigieuse Université de Princeton en 2006. La thèse de 120 pages qu'elle a rédigée à la fin de ses études portait sur les tests génétiques et le marché de l'assurance. Elle a aussi travaillé sur le dopage des athlètes est-allemands et le droit publicitaire aux États-Unis.

Pendant ses études à la Faculté de droit de l'Université de Montréal, elle a été assistante de recherche de la professeure Catherine Piché. «Andréanne était une excellente étudiante, motivée, sérieuse et mature. Elle a travaillé fort, surtout compte tenu de son horaire d'entrainement chargé. Elle avait en outre un excellent sens de l'organisation», résume Mme Piché qui suivra l'athlète pendant les JO.

Ensuite, Andréanne Morin a  effectué un stage en litige au cabinet Woods en 2009. «Mon identité d'athlète est une bonne partie de ce que je suis. Je m'attends donc à concilier ma vie professionnelle avec ce trait de ma personnalité après les jeux de Londres», indique-t-elle.

Elle a déjà annoncé que ces jeux seraient ses derniers. Sans avoir le «mal du pays» à London, où elle est installée depuis huit mois, elle a hâte de retrouver, Montréal, où vivent sa famille et ses amis.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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