Le journalisme en mutation

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À l'heure où des mutations profondes s'opèrent dans le journalisme, Les Presses de l'Université de Montréal publient, sous la direction de Robert Maltais, un ouvrage destiné aux étudiants qui désirent se consacrer à l'activité journalistique.

La publication de L'écriture journalistique sous toutes ses formes survient aussi au moment où l'UdeM est engagée dans une révision de son offre de formation en journalisme, comme d'ailleurs la majorité des universités qui dispensent une telle formation.

Il s'agit non seulement d'intégrer de meilleure façon le journalisme sur le Web, mais également d'assurer le maintien d'une rigueur parfois reléguée en arrière-plan.

En fait, les auteurs de l'ouvrage prodiguent eux-mêmes plusieurs conseils aussi bien sur la manière de réussir l'amorce de son texte que sur des questions éthiques dont aucun journaliste ne peut faire l'économie.

«Si les guides de rédaction foisonnent, écrit M. Maltais, directeur du certificat en journalisme à la Faculté de l'éducation permanente, peu d'entre eux s'adressent directement à des étudiants en journalisme avec un souci pédagogique.»

Dans le but de produire un ouvrage complet, M. Maltais a fait appel à trois collaborateurs experts de la radio, de la télé et de l'écriture multimédia. Ont donc collaboré au livre les journalistes de carrière Yvan Asselin, Pierre Brisson et André Parent, ces deux derniers enseignant aussi à l'UdeM.

C'est peut-être M. Asselin qui a eu, au cours d'une table ronde autour du lancement du volume, le 8 juin, les propos les plus percutants:

Robert Maltais«J'ai voulu transmettre un message de rigueur. Car son absence est un danger qui guette les journalistes, notamment en raison de la concurrence effrénée. En deuxième lieu, je parle de lucidité. Les nouveaux journalistes doivent être conscients qu'ils entrent dans un monde truqué, un monde de divertissement.»

Pour sa part, un des participants de la rencontre, Jean-Claude Leclerc, a déploré «le retour à un laxisme général». À son avis, cet état explique la fragilisation du modèle journalistique actuel, bien davantage que le contexte économique difficile et l'arrivée des nouvelles technologies.

«L'information s'était déjà dégradée, était déjà complaisante», résume le chargé de cours au certificat en journalisme de l'UdeM et chroniqueur au quotidien Le Devoir. En guise d'illustration, il a fait observer que la couverture d'un fait divers ne consiste pas à demander au témoin ce qu'il a vu mais bien ce qu'il a ressenti!

Une chose est certaine, la réflexion sur ce que les futurs journalistes doivent apprendre est loin d'être terminée. Et cet ouvrage contribue au débat. Mais quel qu'en soit le dénouement, les aspirants journalistes ont l'obligation, selon Yvan Asselin, d'«investir sur eux-mêmes», soit de lire, de s'informer, de se tenir à jour.

Paule des Rivières

 

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