À quoi sert l'astronomie? «Depuis l'Antiquité, le ciel intrigue. L'astronomie évoque des questions existentielles: d'où venons-nous? Sommes-nous seuls dans l'Univers? Comment l'Univers va-t-il évoluer? L'astronomie possède également une dimension plus terre à terre. L'observation a servi au début de l'humanité à établir le cycle des saisons. Et c'est en observant la position des étoiles que les navigateurs se repéraient sur les mers.
De nos jours, l'astronomie est toujours aussi utile. Par exemple, pour en apprendre davantage sur la physique de l'Univers et les propriétés de ses constituants, comme la luminosité et la composition chimique des étoiles, ou encore pour connaitre le destin des planètes. On ne soupçonne pas jusqu'à quel point cette science influe sur notre vie de tous les jours.»
Celui qui s'exprime ainsi est Pierre Bergeron. Professeur au Département de physique depuis 2002, il dirige, en collaboration avec Gilles Joncas, de l'Université Laval, le Centre de recherche en astrophysique du Québec (CRAQ). Financé par le Fonds de recherche sur la nature et les technologies du Québec, ce centre interuniversitaire, qui réunit 25 astrophysiciens renommés des universités de Montréal, Laval et McGill, accueille chaque année quelque 80 étudiants à la maitrise et au doctorat ainsi que des chercheurs postdoctoraux. Un tel regroupement dans des domaines de pointe en astrophysique théorique et expérimentale constitue un pôle unique au Canada.
«Le but du CRAQ est de renforcer la synergie entre les chercheurs, observateurs et spécialistes en instrumentation du Québec et de favoriser l'intégration et la collaboration de tous afin d'être plus innovateurs et compétitifs sur la scène internationale», indique le professeur Bergeron, un théoricien pur et dur qui ne peut toutefois se passer trop longtemps du plaisir d'observer un ciel étoilé. «Il n'y a rien de plus poétique!»
Un rayonnement infiniment grand!
Les activités du CRAQ s'articulent autour de quatre axes: la recherche fondamentale appliquée en astrophysique, la conception d'instruments pour des observatoires nationaux, internationaux et spatiaux grâce au Laboratoire d'astrophysique expérimentale, l'Observatoire du Mont-Mégantic et la diffusion des connaissances en astrophysique auprès du public.
Les travaux de recherche y sont très variés. «Ça va de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Les chercheurs possèdent une expertise en astrophysique stellaire, en astrophysique galactique et extragalactique et en cosmologie, offrant ainsi aux étudiants un large éventail de sujets en recherche fondamentale et appliquée», souligne M. Bergeron, lui-même spécialiste des étoiles naines blanches, communément appelées «cadavres stellaires».
Si la formation de la relève est pour le professeur Bergeron capitale, la vulgarisation scientifique l'est tout autant. Sous sa gouverne, le CRAQ réorganise son volet «diffusion» et connait ainsi une excellente visibilité médiatique. Modeste, le chercheur parle de l'excellent travail du journaliste scientifique du CRAQ, Olivier Hernandez, et du fait que l'astronomie est une science «accessible, l'une des seules qui laissent une bonne place à la collaboration des amateurs».
En cette année mondiale de l'astronomie, la participation des experts du CRAQ aux activités de rayonnement à l'intention de la population se multiplie: conférences dans les écoles primaires et secondaires, les cégeps, les universités et au Planétarium de Montréal; collaboration au Festival Eurêka! et au Festival d'astronomie du Mont-Mégantic; blogue d'astronomie sur le site de l'Agence Science-Presse, tenu par Robert Lamontagne et Yvan Dutil... Le CRAQ finance de plus des séminaires au sein des trois universités membres de même que la production d'un calendrier astronomique. Et, dès cette semaine, des affiches sensibilisant le public à l'astrophysique peuvent être vues dans des stations du métro de Montréal.
«Les activités de sensibilisation et de vulgarisation du CRAQ ont des retombées significatives sur le plan social en augmentant le niveau de culture scientifique de la société québécoise et l'intérêt de tous pour les sciences et la technologie en général», fait valoir M. Bergeron.
Dominique Nancy
Dossier spécial
L'année mondiale des étoiles de l'UdeM
Lire les articles
- Des nouvelles de l'univers
- Y a-t-il de la vie sur Terre ?
- Hubert Reeves, l'étoile de l'année
- « Elles s'éclatent pour vous ! » les étoiles !
- Les CRAQ en astrophysique
Voir les clips
- Un système solaire photographié! (Durée : 2 min 45 s)
- L’Observatoire du mont Mégantic fête ses 30 ans (Durée : 3 min 7 s)
- La réserve de ciel étoilé du mont Mégantic (Durée : 2 min 27 s)
- Les naines blanches : des étoiles mourantes (Durée : 2 min 25 s)
