« Elles s'éclatent pour vous ! » les étoiles !

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Un des quatre panneaux publicitaires dans le métro«Sans les étoiles mortes, vous ne seriez pas là. Le calcium de vos os, l'oxygène que vous respirez et le fer dans votre sang ont tous été formés dans des étoiles disparues depuis des milliards d'années.»

C'est le texte qu'on peut lire au-dessous du titre «Elles s'éclatent pour vous!» dans trois stations du métro de Montréal, pour les cinq prochaines semaines, sur un immense panneau à l'occasion d'une campagne de publicité lancée par des étudiants et des professeurs du Département de physique de l'Université de Montréal. La campagne comprend trois autres thèmes (l'empreinte de la Terre projetée dans l'espace, le bigbang et l'effet des marées sur la rotation de la Terre) renvoyant à des explications qu'on peut trouver sur le site du Centre de recherche en astrophysique du Québec (CRAQ).

«C'est le temps idéal pour sensibiliser le grand public à l'astrophysique, signale Denise Laflamme, étudiante à la maitrise qui a coordonné bénévolement cette initiative. Les gens pensent que la recherche en physique, c'est compliqué et très loin d'eux. On veut leur faire comprendre qu'au contraire, c'est très près de leur quotidien.»

Modèles de vulgarisation scientifique, les panneaux interpellent les voyageurs par leur message d'accessibilité. En les lisant, ceux-ci comprennent que des phénomènes en apparence complexes ont des répercussions directes sur leur vie. Et le tout n'est pas dénué d'humour. «Longue journée? Ça ne peut qu'empirer», déclare l'une de ces annonces qu'illustre un réveil comptant non pas 12 mais 15 heures. On a choisi de présenter ainsi le ralentissement de la rotation de la Terre causant une augmentation de la longueur des jours.

Mais que le badaud se rassure: cette hausse est de l'ordre de quelques millisecondes par siècle, comme on peut le découvrir sur le site du CRAQ. Pour rester alignés par rapport à la Lune, les océans connaissent un renflement qui provoque de la friction sur les continents. Cela agit comme un frein sur la rotation terrestre. L'effet de cette décélération est réel, à tel point que les scientifiques doivent ajouter une seconde de rattrapage aux horloges officielles du monde pour tenir compte du ralentissement de la rotation. La plus récente intervention a eu lieu le 31 décembre 2008.

L'explication des parcelles d'étoiles qui parcourent notre corps est également surprenante. «Les roches, les arbres et les pizzas sont composés d'atomes, apprend-on sur le site. D'où proviennent ces atomes?» Du bigbang, rien de moins. «Il y a plus de 13 milliards d'années, peut-on lire, le bigbang, après son violent début, s'est refroidi. À ce moment-là, l'univers était une soupe blanche et chaude composée de particules élémentaires. Il était alors trop chaud pour permettre aux atomes d'exister. Brusquement, les choses ont changé quand il s'est suffisamment refroidi pour permettre aux protons de capturer les électrons. Quand un électron et un proton se combinent, ils forment l'atome le plus simple: l'hydrogène. La quantité d'atomes d'hydrogène de l'univers date de ses tout débuts.»

En mourant, les premières étoiles composées de carbone, d'azote, d'oxygène et de plusieurs autres atomes se sont fractionnées pour être éventuellement incorporées dans d'autres générations d'étoiles et de planètes. «Ainsi, plusieurs atomes de notre corps ont été recyclés par des générations antérieures d'étoiles», nous disent les astrophysiciens.

Une bonne idée de Toronto

C'est à l'Université de Toronto que revient la paternité de cette campagne, lancée plus tôt cette année. On l'a traduite et adaptée pour le public francophone montréalais. David Lafrenière, aujourd'hui installé dans la Ville Reine, en a parlé à son ancien professeur de l'UdeM, René Doyon, et l'idée a fait son chemin... sous terre. «Dans le métro, nous sommes habitués à voir des publicités pour acheter des objets de consommation. Ici, nous espérons attirer les gens vers la recherche en astrophysique», mentionne Olivier Hernandez, chercheur postdoctoral et responsable des relations avec les médias au CRAQ. Il estime lui aussi que le moment était bien choisi pour démythifier la recherche fondamentale.

Selon Mme Laflamme, la Société des transports de Montréal a offert gratuitement de l'espace publicitaire aux responsables de la campagne, qui n'ont eu qu'à payer le cout d'impression des panneaux grâce aux budgets du CRAQ. «Nous sommes très heureux de cette collaboration», dit-elle.

M.-R.S.

 

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