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Les odeurs accélèrent la localisation de sons

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Il y aurait une intégration privilégiée entre l'odorat et l'ouïe.L'intégration multisensorielle, c'est-à-dire les interactions entre les sens, fascine le monde de la recherche. De nombreuses études se sont penchées sur les liens entre la vue et l'ouïe, ainsi qu'entre le toucher et l'ouïe. Mais peu ont exploré l'effet de l'odorat sur l'ouïe. C'est ce qu'a fait une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal. Ils ont découvert que le fait de sentir des odeurs accélère la localisation de sons.

«Nous sommes parmi les premiers à rapporter ces résultats», déclare Valérie La Buissonnière Ariza, doctorante en psychologie et première auteure de cette étude parue dans Neuroscience Letters.

Avec l'appui des chercheurs postdoctoraux Johannes Frasnelli et Olivier Collignon, et du professeur Franco Lepore, tous rattachés au Département de psychologie, l'étudiante a soumis 31 sujets à un test d'amorçage. En psychologie cognitive, cette expérience consiste à présenter un stimulus pour influencer le traitement d'un autre stimulus. Dans ce cas-ci, les participants respiraient différentes odeurs avant d'entendre un bruit blanc. Pendant ce temps, les chercheurs mesuraient leur rapidité à localiser le son.

«Nous voulions aussi vérifier s'il y avait un effet de congruence, autrement dit si le fait de sentir une odeur dans la narine droite et d'entendre le son dans l'oreille du même côté accélèrerait la localisation du son. Et au contraire si présenter les stimulus aux côtés opposés ralentirait la réponse. Nous tentions également d'évaluer si des odeurs différentes modifieraient le temps de réaction», mentionne Mme La Buissonnière Ariza.

Il existe deux types d'odeurs: les odeurs pures et les odeurs mixtes olfactives-trigéminées. Par leurs propriétés chimiques, les premières activent uniquement le nerf olfactif. Les secondes stimulent en outre le nerf trijumeau. «L'odeur pure est sentie, mais ne provoque pas de sensation tactile comme l'odeur mixte olfactive-trigéminée, qui irritera le nez par une sensation de picotement ou de froid, comme le fait le menthol», explique la jeune chercheuse.

Pour les besoins de l'expérience, elle a utilisé la rose comme odeur pure et l'eucalyptol comme odeur mixte trigéminée. Au moment de l'inspiration, les sujets recevaient un jet d'air neutre dans une narine et une odeur dans la seconde pour éviter que la seule sensation de l'envoi du jet, qu'il soit parfumé ou non, biaise leur réponse.

Valérie La Buissonnière ArizaLes propriétés olfactives dominent

Les résultats se sont avérés étonnants. Tout d'abord, les chercheurs s'attendaient à ce que les participants répondent plus rapidement en sentant l'odeur mixte olfactive-trigéminée en condition congruente, puisqu'elle est plus facilement détectable grâce à sa composante tactile. Ce ne fut pas le cas. «Les sujets repéraient plus vite les sons peu importe le type d'odeur, ce qui nous indique que ce serait seulement les propriétés olfactives des odeurs qui faciliteraient le traitement auditif. Le caractère somatosensoriel des odeurs mixtes trigéminées n'aurait aucune influence. Bref, il y aurait vraiment une intégration privilégiée entre l'odorat et l'ouïe», analyse Valérie La Buissonnière Ariza.

Les participants qui inspiraient uniquement des jets d'air neutres localisaient le son après 394 millisecondes. Le temps de réaction diminuait de façon significative pour les odeurs pures (381 millisecondes) et mixtes olfactives-trigéminées (382 millisecondes).

La conclusion de l'étude est renforcée par le fait qu'aucun effet de congruence n'a été observé. «Encore une fois, c'est vraiment l'odeur en elle-même qui améliore la performance auditive et non le fait qu'on la présente de façon congruente», signale-t-elle.

Comment ce phénomène est-il possible? La doctorante l'ignore, car aucune étude sur l'interaction entre l'ouïe et l'odorat n'a été faite avec l'aide de l'imagerie cérébrale. «Certaines structures sont connues pour jouer un rôle dans l'intégration multisensorielle: les collicules supérieurs, les sulci temporaux supérieurs et intrapariétaux et l'insula, notamment. Elles pourraient aussi être en cause dans le cas qui nous intéresse, mais ce ne sont que des hypothèses», dit-elle.

En attendant de trouver une réponse à cette question, Valérie La Buissonnière Ariza poursuit ses travaux de doctorat portant sur l'anxiété chez les enfants. Mais les mécanismes de l'odorat et de l'intégration multisensorielle l'ont séduite à un point tel qu'elle tente de marier ses champs de recherche. Elle publiera sous peu une nouvelle étude dont l'objet est nul autre que les effets du degré d'anxiété sur la perception olfactive!

Marie Lambert-Chan

 

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