evden eve nakliyatsehirlerarasi evden eve nakliyat

Le bienêtre des enseignants contribue à la réussite des élèves

Imprimer

La qualité de la relation entre l'enseignant et l'élève est primordiale et contribue à la réussite scolaire. Et cette relation se développe lorsque l'enseignant est heureux au travail et qu'il se sent soutenu. (photo: iStockphoto)Un enseignant heureux au travail se montrerait plus chaleureux et attentionné à l'endroit de ses élèves et aurait plus de facilité à créer des liens affectifs avec les «élèves à risque», c'est-à-dire ceux qui ont des troubles d'apprentissage ou du comportement. Cela contribuerait ainsi à la réussite scolaire des écoliers.

C'est ce que démontre Michelle Perreault dans sa thèse sur les conditions qui favorisent l'émergence d'une bonne relation entre l'enseignant et l'élève. «Depuis 20 ans, les chercheurs étudient ce lien qui est défini par la chaleur et le conflit. On sait qu'il est optimal quand il est fortement chaleureux et faiblement conflictuel. On a aussi établi qu'il est associé à la réussite scolaire. Ce qu'on ignore, ce sont les mécanismes psychologiques et contextuels qui en permettent la construction et c'est ce que j'ai tenté de trouver», explique celle qui a été dirigée par Luc Brunet, professeur de psychologie du travail et des organisations à l'Université de Montréal.

En 2007-2008, elle a sondé 231 enseignants québécois du préscolaire et du primaire employés par des écoles situées à l'extérieur des grands centres urbains. Le questionnaire examinait l'effet des stresseurs – les comportements perturbateurs en classe, la surcharge de travail, les conditions matérielles, etc. –, du soutien social des collègues, des parents et de la direction ainsi que de la santé psychologique au travail sur la relation élève-enseignant.

Michelle Perreault a découvert que, de façon générale, les liens entre les enseignants participants et les élèves ordinaires sont perçus comme fréquemment chaleureux et très rarement conflictuels. Avec les élèves à risque, la relation serait moyennement chaleureuse et rarement conflictuelle.

Elle se dit étonnée par certains résultats: «Selon mes hypothèses, les agents stressants devaient jouer un rôle majeur, ce qui n'est pas le cas. Le soutien social et la santé psychologique au travail ressortent davantage.»

Les facteurs de stress ont donc peu d'influence sur la relation élève-enseignant, à l'exception des comportements perturbateurs, qui aggravent l'aspect conflictuel de la relation, et ce, uniquement chez les élèves à risque.

Michelle PerreaultLa santé psychologique au travail est la variable la plus importante et la plus constante. Elle est excellente quand l'individu ressent beaucoup de bienêtre et peu de détresse dans son emploi. «Un enseignant qui se perçoit en bonne santé psychologique entretiendrait des liens plus chaleureux et moins conflictuels avec les élèves ordinaires et à risque», déclare Mme Perreault.

Elle ajoute que la majorité des enseignants sondés présentaient une bonne santé psychologique au travail. «Ce n'est pas un diagnostic, précise-t-elle. Ces résultats ne sont que des moyennes, ce qui n'exclut pas la possibilité que certains enseignants puissent vivre davantage de détresse au travail.»

Les enseignants se sentent enfin fréquemment soutenus par leurs collègues, moyennement par leurs supérieurs et plus rarement par les parents. La présence plus marquée des collègues ne semble pas avoir de répercussions sur la relation élève-enseignant. Le soutien des parents influera positivement sur les liens avec les élèves ordinaires, tandis que l'appui de la direction améliorera les rapports avec les élèves à risque. Dans un cas comme dans l'autre, le soutien touche seulement le côté chaleureux de la relation. «Le soutien a un effet de contagion: plus l'enseignant est appuyé, plus il appuiera ses élèves à son tour, résume Michelle Perreault. Il n'y aura pas nécessairement moins de conflits, mais il y aura plus de chaleur dans la relation.»

Des pistes de solution

À la lumière de ses résultats, Michelle Perreault propose différentes pistes de solution pour améliorer la qualité de la relation élève-enseignant. «On doit mettre l'accent sur les compétences interpersonnelles autant chez les enseignants que chez les supérieurs, signale-t-elle. On devrait les intégrer au référentiel de compétences. C'est le cas des directeurs mais pas des enseignants, ce qui est à mon avis une lacune notable.»

L'importance du soutien des parents accentue la nécessité d'encourager les ponts entre l'école et la maison, poursuit-elle.

Les écoles devraient également instaurer «une culture de la santé», ce qui aiderait à maintenir une bonne santé psychologique au travail. «Il s'agirait de privilégier une reconnaissance des talents et de la créativité du personnel, un regard positif inconditionnel sur chacun, une possibilité de participer aux grandes décisions et une meilleure gestion des conflits», détaille-t-elle.

Elle termine en suggérant de réduire la taille des classes, chose que demandent depuis longtemps les enseignants du Québec. «Dans mon étude, j'ai démontré que les classes nombreuses augmentent le risque de conflit entre l'enseignant et les élèves à risque», mentionne-t-elle.

Marie Lambert-Chan

 

Sur le Web

 

Dossiers

 

Le campus de l'UdeM en Mauricie célèbre ses 10 ans

Le pari était téméraire. Pour attirer des médecins en Mauricie, l'Université de Montr...

 

Le Brésil dans la mire de l'UdeM

Entre le Brésil et l'Université de Montréal, il y a des atomes crochus. Des affinités...

Le chiffre

42,08 %

C'est le pourcentage de Canadiens âgés de 25 à 64 ans dont le niveau de formation est supérieur à celui de leurs parents.

Lire la suite...