Les liens entre orientation sexuelle et santé sont mal connus

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Les homosexuels, et surtout les bisexuels, sont statistiquement plus souvent dans un contexte de vulnérabilité. (Photo: iStockphoto)Statistique Canada doit concevoir un nouveau questionnaire liant à la fois orientation sexuelle, stress, discrimination et santé, selon Thierry Gagné, étudiant en sociologie à l'Université de Montréal, parce que les homosexuels, et surtout les bisexuels, sont statistiquement plus souvent dans un contexte de vulnérabilité. «Les enquêtes nationales de Statistique Canada sont un outil clé pour obtenir des résultats de recherche crédibles en raison de leurs larges échantillons et de leur rigueur méthodologique, précise M. Gagné. Mais aucune enquête ne se penche sur le stress et la discrimination dans le contexte du lien entre l'orientation sexuelle et la santé.»

Des études ont déjà été menées par Statistique Canada et l'Institut de la statistique du Québec qui révèlent des inégalités sociales et de santé entre les différentes orientations sexuelles dans des domaines tels que l'équité salariale, le taux de décrochage scolaire, les comportements sexuels à risque et des comportements de santé à risque comme l'alcoolisme chez les lesbiennes.

Or, les enquêtes de Statistique Canada ne se sont pas préoccupées d'une mesure authentique de l'orientation sexuelle. «L'inclusion de la question de l'orientation sexuelle dans l'Enquête sociale générale (volet victimisation) et l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (enquête transversale) de Statistique Canada vient à la suite de la modification de la loi sur les motifs de discrimination au travail en 2003, où l'orientation sexuelle s'ajoute à la religion, au genre, à l'ethnie, etc.», explique M. Gagné. Cependant, cette question est mal construite et mélange les notions de comportement et d'auto-identification. «En effet, Statistique Canada ne recherche explicitement que l'auto-identification, alors que nous savons qu'il faudrait utiliser plusieurs indicateurs pour désigner ces personnes à risque.»

«Des changements sont nécessaires lorsqu'on sait que cette clientèle représente de un à trois pour cent de la population, qu'elle a des besoins particuliers en santé et est aussi déjà dans un contexte de vulnérabilité», renchérit le chercheur. En plus d'élaborer un nouveau questionnaire, il faut aussi formuler de meilleures questions et poser la question de l'orientation sexuelle dans plus d'enquêtes existantes, à l'instar de ce qui se fait aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Thierry Gagné a présenté sa recherche au 79e Congrès de l'Association francophone pour le savoir.

 

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