Une recherche sur l’interrogatoire de police révèle que la communication vaut mieux que la coercition

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Une étude de l'Université de Montréal analyse pourquoi le dialogue produit de meilleurs résultats que les mesures coercitives

Même les criminels les plus cruels peuvent ressentir de la culpabilité et, selon une nouvelle recherche réalisée par l'Université de Montréal, le fait de jouer sur ce sentiment pourrait être une bonne façon d'obtenir une confession. Pour mieux comprendre pourquoi et comment les criminels avouent leurs crimes, Michel St-Yves, psychologue judiciaire et chargé de cours, et chercheuse principale Nadine Deslauriers-Varin, tous deux de l'École de criminologie de l'université, ont travaillé avec 221 prisonniers d'un pénitencier fédéral, pour analyser les conditions dans lesquelles ils ont, ou non, avoué leur crime.

Les découvertes de l'étude ont mis en évidence le rôle prédominant de la preuve policière au-dessus de tout autre facteur étudié par les chercheurs. Quand la preuve est solide, le taux de confession augmente, peu importe les facteurs sociodémographiques ou criminologiques. Toutefois, quand cette preuve est moins convaincante, les chercheurs ont découvert qu'il y a de meilleures chances d'obtenir un aveu si le suspect est célibataire, qu'il possède des antécédents judiciaires et qu’il a été condamné pour un crime plus grave.

D'autres études récentes révèlent aussi que la dimension relationnelle est un facteur important pendant l'interrogatoire, et que l'attitude du policier qui procède à celui-ci joue un rôle significatif. « La confession repose principalement sur la façon dont l'interrogatoire est mené et c'est tout un art », fait remarquer Michel St-Yves. « C'est en effet un art qui doit être pratiqué avec doigté, puisque l'accusé n'est jamais obligé de répondre aux questions et que toute approche coercitive de la part des policiers peut conduire au rejet de la preuve. » Monsieur St-Yves croit que diverses raisons font que le criminel a besoin de se confier : il peut vouloir se libérer d'un poids, reporter le blâme sur une autre personne, rendre son geste plus acceptable aux yeux des autres et à ses propres yeux, ou encore il espère alléger sa peine.

Parmi les sujets ayant accepté de participer aux travaux de Nadine Deslauriers-Varin, 45 pour cent ont affirmé avoir confessé leur crime, un taux légèrement inférieur à celui rapporté par d’autres études, qui le fixent à 50 pour cent. Ce mince écart pourrait être attribué au fait que, dans le cas présent, les répondants étaient déjà incarcérés et qu’outre leurs antécédents criminels, les sujets purgeaient des sentences fédérales pour des crimes très graves. Le taux de confession des contrevenants était de 80 pour cent lors d’un premier délit, contre 51 pour cent chez les récidivistes.

Michel St-Yves poursuivra ses travaux dans l'espoir que des méthodes d'interrogatoire plus scientifiques ouvriront la porte à un système judiciaire encore plus efficace et efficient. Le chercheur a également noté que la présence de caméras vidéo dans les salles d'interrogatoire a pour effet de prévenir l'usage de méthodes coercitives et qu'en termes de transparence pour la cour, il s'agit de la meilleure manière d'être témoin de la façon dont l'interrogatoire a été mené. Les découvertes de l'équipe ont été publiées dans Justice Quarterly, une publication révisée par les pairs.

Personne-ressource pour les médias :
William Raillant-Clark
Attaché de presse international
Université de Montréal
Téléphone : +1 514 343-7593
Courriel : w.raillant-clark@umontreal.ca

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