Pour la première fois, des chercheurs canadiens ont découvert un lien entre les comportements d'hyperactivité et d'inattention observés chez des enfants de maternelle, et un risque plus élevé de s'adonner à des jeux d'argent dès la fin du primaire, soit vers l'âge de 11 ans.
Les résultats de cette étude, dirigée par le Dre Linda Pagani, chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, sont publiés dans la revue de mars des Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine.
« Nous savons depuis un certain temps que les personnes qui commencent à jouer à des jeux d'argent pendant leur jeunesse sont plus à risque de développer de graves problèmes reliés à cette activité à l'âge adulte, commente la Dre Pagani. Ce fait clinique nous a amenés à nous intéresser de plus près à la pratique de jeu d'argent chez les jeunes. La question clé pourrait être de découvrir ce qui précède le jeu d'argent chez les jeunes?»
Méthodologie de la recherche
Cette étude prospective et longitudinale, menée auprès d'une population d'enfants montréalais à la maternelle, débouche sur des résultats probants qui suggèrent que des comportements impulsifs dans la petite enfance peuvent être prédicteurs d'une pratique de jeu d'argent lorsqu'ils seront en 6e année de maternelle.
«Afin d'établir une continuité dans le développement, nous devons faire des liens entre les problèmes observés d'une période de l'enfance à une autre. Ainsi, des comportements impulsifs tels l'inattention, la distraction et l'hyperactivité pourraient être des précurseurs à une participation aux jeux d'argent, plus tard dans l'enfance, » poursuit Dre Pagani.
Cette recherche est également unique parce que les chercheurs ont eu l'opportunité d'avoir recours à un échantillonnage d'enfants dont la pratique de jeu d'argent a été auto-révélée à l'âge de 11 ans, ce qui constitue le  plus jeune échantillon à ce jour.
Un enjeu de santé publique
L'inattention et l'hyperactivité à la maternelle sont déjà associées à plusieurs conséquences à long terme telles la délinquance, la toxicomanie, le décrochage scolaire. Les résultats de l'étude du Dre Pagani ajoutent la pratique des jeux d'argent à ces conséquences qui constituent de véritables enjeux de santé publique.
La petite enfance constitue une période critique d'intervention puisqu'elle donne lieu à une maturation remarquable de certaines régions du cerveau associées à la prise de décision affective et la régulation de l'impulsivité. D'où l'importance d'établir des stratégies de prévention et d'intervention afin d'éviter les risques futurs associés aux comportements impulsifs tels qu'observés par les enseignants de la maternelle.
A propos de l'étude :
L'article « Predicting gambling behavior in sixth grade from kindergarten impulsivity : a tale of developmental continuity », publié dans les Archives Of Pediatrics & Adolescent Medicine ( March Issue, volume 163, numéro 3), est rédigé par Linda S. Pagani, Jeffrey L. Derevensky et Christa Japel.
Sur le Web :
A propos du CHU Sainte-Justine
A propos de l'Université de Montréal
Source : Nicole Saint-Pierre, conseillère en communication, CHU Sainte-Justine
Pour information :
Sylvain-Jacques Desjardins
Attaché de presse international
Université de Montréal
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