Parents débordés, reprenez votre souffle

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La tâche du parent est ponctuée de moments de découragement. Ou de grande fatigue. Ou des deux. (Photo: C. Leconte)«Il ne faut pas que j'oublie d'appeler le médecin, ni d'acheter de la nourriture pour la petite, ni de passer chez le nettoyeur.» Alouette! Ces tâches qui reviennent sans cesse comme un refrain parasitent le cerveau du parent et, inutile de le préciser, ne facilite pas sa détente.

Un compagnon indésirable du «Il ne faut pas que» est le «S'il fallait que». Comme dans «S'il fallait que mon enfant se drogue à l'adolescence» ou «S'il fallait que ma fille tombe enceinte». Ici aussi, ce manège met en péril l'équilibre mental du père ou de la mère.

«Ciblez plutôt le moment présent», suggère Francine Ferland.  Cette spécialiste en ergothérapie pédiatrique de l'École de réadaptation de l'Université de Montréal a donné une conférence, le 4 novembre dernier, à l'occasion des Journées du savoir. Elle a déridé son auditoire, composé essentiellement de mères, en faisant ressortir le côté absurde, sinon loufoque, de certaines situations de «la vie quotidienne avec de jeunes enfants.» Et de l'humour, justement, il en faut une bonne dose pour passer à travers une semaine, ou seulement une journée, sans perdre la tête. D'ailleurs, dédramatisez, conseille la professeure émérite. Et riez, puisque le rire produit des endorphines, considérées comme les neurotransmetteurs du bienêtre. Confucius aurait recommandé de s'esclaffer 12 fois par jour!

Mais comme tout cela est plus facilement dit que fait lorsque le rendez-vous chez le médecin se transforme en attente de deux heures, que bébé crie dans la voiture et que la circulation ne montre aucun signe d'apaisement; lorsque le 5 à 7, autrefois un précieux moment de détente entre amis, n'est plus qu'un cirque où le parent à la maison à cette heure court comme une poule sans tête pour calmer sa progéniture fatiguée et affamée!

Francine Ferland assure toutefois qu'il y a moyen d'être zen à travers les rebondissements de la vie avec des enfants en bas âge, notamment en s'accrochant à une ou deux activités agréables. Ce peut être de jouer au hockey une fois par semaine avec des amis, de sortir marcher 15 minutes chaque soir après le souper, d'aller régulièrement au cinéma.

«Il faut garder précieusement ces activités à l'horaire. Les petites attentions qu'on s'accorde sont importantes», a rappelé l'ergothérapeute, auteure de plusieurs ouvrages sur les relations entre les parents et leurs enfants. Par exemple, Mme Ferland a maintes fois donné son opinion sur l'habitude consistant à noyer son enfant de jouets à Noël. Les parents ont-ils besoin de se persuader qu'ils sont de bons parents? Ou cette avalanche de cadeaux reflète-t-elle leurs envies?

Quoi qu'il en soit, en ce qui a trait aux cadeaux faits aux parents, Mme Ferland propose le temps, offert par les grands-parents ou d'autres membres de la famille. Ainsi, les parents de jeunes enfants pourront s'évader un jour ou un weekend.

Car, il ne faut pas se le cacher, «les pressions sur les parents ajoutent à la fatigue. Les parents ont peur d'être de mauvais parents.» Encore là, Mme Ferland recommande de réduire les attentes et d'opter pour le repas congelé une fois de temps en temps. Puisqu'il faut aussi être de bonne humeur, transmettre la joie de vivre et présenter un modèle harmonieux du couple!

Paule des Rivières

 

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