Les dilemmes éthiques du tourisme médical

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Selon des chercheurs de l'Université de Montréal, le tourisme de fertilité médical en Amérique latine doit être réglementé pour protéger les consommateurs. Dans une étude publiée dans la revue Developing World Bioethics, ces chercheurs soutiennent que les cliniques de fertilité de l'Argentine font de plus en plus d'efforts de marketing auprès des consommateurs de soins de santé partout dans le monde en offrant des forfaits tout compris à tarif fixe comprenant le transport, l'hébergement, les transferts et les interprètes.

« L'intérêt de telles offres saute aux yeux : les consommateurs de soins de santé n'ont pas à se préoccuper des détails pratiques de leur voyage tels que l'établissement du budget, les préparatifs de voyage ou la barrière linguistique, et peuvent plutôt se concentrer sur l'obtention de services médicaux de qualité conjugués à des vacances. En Argentine, les cliniques non accréditées proposent leurs services à des prix beaucoup plus concurrentiels que les cliniques nord-américaines et européennes. Par exemple, une fécondation in vitro aux États-Unis peut coûter jusqu'à 10 000 $ US par cycle de traitement », affirme Bryn Williams-Jones, professeur de bioéthique au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal et coauteur de l'article avec les étudiants Elise Smith, Carolina Martin et Jason Behrmann.

Bryn Williams-JonesDepuis dix ans, de plus en plus de cliniques de fertilité privées ouvrent leurs portes dans des pays en développement comme l'Argentine et attirent les consommateurs grâce à des tarifs concurrentiels. Il existe deux sous-catégories de cliniques dans le domaine du tourisme médical : les centres accrédités, qui font partie du vaste secteur des soins de santé, et les cliniques non accréditées axées sur le tourisme médical. « Tandis que les gros joueurs du tourisme médical tels que l'Inde et la Pologne sont très actifs dans le domaine de la fertilité, on assiste à l'avancée de l'Amérique latine sur ce terrain avec des pays comme le Brésil, le Chili, le Mexique et l'Argentine », ajoute le professeur Williams-Jones.

Les cliniques axées sur le tourisme de procréation ciblent les couples nord-américains et européens fortunés par l'entremise d'Internet. « Le principal intérêt de ces gens à l'égard du tourisme médical prend naissance dans les coûts élevés, les longues listes d'attente ou même l'absence d'accès à des services de reproduction assistée chez eux », selon le chercheur.

Les auteurs estiment que les pays développés et les pays en développement ont encouragé la pratique du tourisme médical à cause des retombées économiques. Des lois et des lignes directrices professionnelles sont nécessaires tant à l'échelle locale qu'internationale pour réglementer la conduite des cliniques de fertilité privées afin de garantir qu'elles offrent des services sécuritaires et efficaces. « L'industrie du tourisme de procréation doit adopter des pratiques médicales sécuritaires et responsables; il en va de l'intérêt des consommateurs, des professionnels de la santé et des décideurs », conclut Bryn Williams-Jones.

Partenaires de recherche

Cette étude a reçu l'appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, du Fonds de recherche en santé du Québec, de COPSÉ, de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.

À propos de l'étude

L'article intitulé « Reproductive Tourism in Argentina: Accreditation and its Implications for Consumers and Policy Makers », publié dans Developing World Bioethics, a été écrit par Elise Smith, Carolina Martin, Jason Behrmann et Bryn Williams-Jones, de l'Université de Montréal.

Sur le Web :

Personne-ressource auprès des médias :
Sylvain-Jacques Desjardins
Attaché de presse international
Université de Montréal
Téléphone : 514 343-7593
Courrier électronique : sylvain-jacques.desjardins@umontreal.ca

 

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