Le temps et les interventions psychologiques d'urgence ne guérissent pas toutes les blessures selon une nouvelle étude du Centre de recherche Fernand-Seguin de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine, un centre hospitalier d'enseignement affilié à l'Université de Montréal, et du Centre universitaire de santé McGill.
Depuis la fusillade du 13 septembre 2006 au Collège Dawson, à Montréal, 40% des répondants considèrent avoir connu des problèmes de santé mentale. Après 18 mois, une partie de cette communauté présente encore des symptômes sévères de stress post-traumatique. Les résultats préliminaires de cette étude seront présentés pour la première fois à New-York cette semaine au 31e Congrès international de droit et de santé mentale.
 « Depuis la tragédie de Columbine en 1999, le nombre de fusillades dans les écoles a doublé (60), comparativement aux dix années précédentes, entraînant la mort de 181 personnes, explique le Dr Warren Steiner, chef du Département de psychiatrie du Centre universitaire de santé McGill et l'un des acteurs-clés de la mise en place du plan d'intervention psychologique d'urgence lors de la fusillade au Collège Dawson en septembre 2006. Malgré la fréquence de ces événements, il existe très peu d'études empiriques sur leurs effets psychologiques et aucune étude qui évalue l'efficacité des interventions de soutien psychologique, affirme Dr Steiner. Il est nécessaire de tirer des apprentissages de nos expériences afin de mieux venir en aide à ceux touchés par ce type de tragédie.»
Réalisée auprès de 949 membres de la communauté du Collège Dawson, l'étude démontre qu'il est difficile d'amener certains étudiants qui ont besoin d'aide psychologique à consulter. Certains craignent d'être stigmatisés par leurs amis et leurs proches. Ce même phénomène a été constaté chez les employés de soutien masculins.
« Les préjugés reliés aux maladies mentales, la crainte de démontrer une faiblesse ou de paraître vulnérable face à ses pairs ou son supérieur, la pensée magique que le temps arrangera les choses, empêchent les gens d'aller chercher de l'aide », selon le Dr Alain Lesage, chercheur au Centre de recherche Fernand-Seguin de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine et professeur de psychiatrie à l'Université de Montréal.
Les chercheurs ont observé que certains groupes ont été négligés et que l'on avait sous-estimé les répercussions de leurs blessures psychologiques : le personnel de la cafétéria (qui n'était pas employé du Collège), le personnel de soutien du collège, certains ayant été témoins de la fusillade et les personnes qui ont été hospitalisées.
D'autre part, certains professeurs se sont sentis démunis, inadéquats pour aider les étudiants. Près de 2% des répondants ont développé un diagnostic d'état de stress post-traumatique causé par la fusillade et 7% rapportent encore des symptômes sévères d'état de stress post-traumatique associés à la fusillade. Toutefois, plus de 80% des répondants ayant reçu des services s'en sont déclarés satisfaits.
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