Après un léger AVC il faut être attentif à la dépression et aux troubles de la vision

Imprimer

Les personnes victimes d'un AVC léger tout en ne paraissant pas avoir été affectés peuvent éprouver des séquelles insidieuses telles que la dépression, les troubles de la vision et la difficulté à réfléchir, selon une étude diffusée aujourd'hui au Congrès canadien de l'AVC.

L'étude propose l'adoption de nouvelles lignes directrices pour les soins et la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux légers. Ces AVC comptent pour les deux tiers des AVC et donnent généralement lieu à un séjour à l'hôpital allant de un à cinq jours. Coauteur de l'étude, Annie Rochette, PhD, de l'Université de Montréal, a mené des entrevues avec son équipe auprès de 200 personnes au Québec, en Ontario et en Alberta, au cours des deux premières semaines après leur AVC.

« En réalité un AVC léger, cela n'existe pas », dit Mme Rochette, qui fait état des niveaux élevés d'insomnie et de dépression dépistés chez les participants à l'étude dont presque le quart présentent des symptômes de dépression clinique. « Ces patients font face à d'énormes défis dans la vie quotidienne. » D'ailleurs, ils perçoivent que leur qualité de vie a été significativement réduite.

Les participants à l'étude sont généralement plus jeunes que les personnes avec AVC grave. Leur âge moyen était de 62 ans; 75 % des AVC graves se produisent chez des personnes ayant plus de 65 ans.

Les entrevues ont révélé des inquiétudes au sujet du retour au travail (41 % travaillaient avant l'AVC), des responsabilités familiales et de la possibilité de conduire. Rares étaient ceux qui avaient subi des tests pour dépister des troubles visuels ou cognitifs avant de quitter l'hôpital ou reçu des soins de réadaptation.

Près du quart des cas d'AVC léger ne sont vus qu'à l'urgence. Selon Annie Rochette, ces patients ne sont habituellement pas examinés par des ergothérapeutes, neuropsychologues ou orthophonistes qui administrent normalement ces tests.

« On recommande au patient de consulter son médecin de famille, mais on ne lui fournit pas d'autres outils ou des soins de réadaptation », poursuit Rochette. « Il est parfois trop craintif pour reprendre le volant. »

Les personnes victimes d'un AVC léger vivent aussi dans la crainte d'un autre AVC. Puisqu'elles sont davantage à risque, l'avenir leur paraît fort incertain. « Cette étude réfute le mythe que l'AVC léger a peu de conséquences, voire pas du tout.  »

Les responsables de l'étude affirment que de nouvelles lignes directrices, dont un meilleur accès à des services de réadaptation, assureront que les soins indispensables à un retour à la vie normale sont offerts. Environ 15 000 AVC légers sont rapportés au Canada chaque année; un grand nombre ne sont pas signalés.

« Nombreux sont les défis que doivent surmonter les patients avec AVC léger pour reprendre leur vie d'avant », dit le Dr Antoine Hakim, chef de la direction et directeur scientifique du Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires. « Les évaluations appropriées pour éviter une récidive et les soins de réadaptation nécessaires pour faciliter cette transition sont essentiels à cet égard. »

Porte-parole de la Fondation des maladies du cœur, le Dr Robert Côté rappelle qu'un AVC léger est parfois le précurseur d'un AVC futur. « Ces personnes sont cinq fois plus à risque d'un AVC au cours de deux prochaines années que la population en général », dit-il. « Des soins appropriés et la prise en charge des facteurs de risque peuvent aider à prévenir un autre AVC. »

Outre la prise en charge des facteurs de risque, le Dr Côté préconise que les soins des symptômes de la dépression figurent en tête de liste : « Le patient déprimé qui récupère après un AVC a besoin d'une pharmacothérapie et de counseling ».

Parmi les symptômes tenaces et communs de la dépression figurent :

·         la tristesse

·         la fatigue ou la perte d'énergie

·         les changements dans le niveau d'activité (agitation, lenteur)

·         l'augmentation ou baisse soudaine de l'appétit

·         les habitudes de sommeil perturbées

·         la difficulté à se concentrer

·         la perte d'intérêt dans les activités qui faisaient plaisir

·         les sentiments de culpabilité, de détresse ou d'inutilité

·         les pensées morbides et suicidaires

Si vous ou un membre de votre famille êtes un survivant d'un AVC et éprouvez ces symptômes, consultez votre médecin, suggèrent les Drs Hakim et Côté. Non traitée la dépression pourrait accroître le risque d'un autre AVC.

Le Congrès canadien de l'AVC est coorganisé par le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires, la Fondation des maladies du cœur du Canada et le Canadian Stroke Consortium.

Le Réseau canadien contre les accidents cérébrovasculaires est un réseau national de chercheurs qui a son siège à l'Université d'Ottawa. Ses membres figurent parmi les scientifiques, cliniciens et experts des politiques de la santé les plus réputés au Canada, qui travaillent de concert dans le but de réduire l'impact de l'AVC sur les Canadiens et la société canadienne. (accidentscerebrovasculaires.ca)

La Fondation des maladies du cœur du Canada est un organisme bénévole du domaine de la santé qui mène la lutte contre les cardiopathies et l'AVC et vise à réduire leur impact en stimulant la recherche et son application, en promouvant un mode de vie sain et en militant en faveur de la cause. (fmcoeur.ca)

Renseignements:
Pour obtenir plus de renseignements ou organiser une entrevue, veuillez communiquer avec la SALLE DES MÉDIAS du Congrès canadien de l'AVC 2011 (les 3 et 4 octobre) en composant le 613-288-9555.

Cathy Campbell
Directrice
Communications
Réseau canadien contre les AVC
613 562-5696 (bureau)
613 852-2303 (cellulaire)

Allez à www.congresavc.ca pour plus de renseignements sur le congrès et l'inscription des représentants des médias.

 

Dossiers

 

La Faculté des sciences infirmières célèbre ses 50 ans

Colloques, hommages, retrouvailles, la Faculté des sciences infirmières de l'UniversitÃ...

 

En mai, on célèbre le mont Royal!

Le mont Royal est indissociable de l'histoire de l'Université de Montréal, dont le camp...

 

Sortir de sa bulle grâce à l'interdisciplinarité

En militant, il y a plus de 25 ans, pour une pensée complexe qui accueillerait l'enchevê...

Le chiffre

19,6 %

À l'automne 2011, les étudiants non canadiens – soit les étudiants résidents permanents et les étudiants internationaux − comptaient pour 19,6 % des étudiants inscrits à l'UdeM.

Lire la suite...