Améliorer l'échelle de triage des urgences

Imprimer

De nombreux hôpitaux montréalais n’obtiennent pas la note de passage au chapitre de l’accessibilité aux urgences. L’échelle de triage en serait en partie responsable. (Photo: iStockphoto) Les urgences de Montréal continuent de déborder. Et le problème ne fera que s'aggraver avec le vieillissement de la population, d'après les experts. Il faut offrir d'autres options que le service des urgences, qui est trop souvent la porte d'entrée du réseau de la santé pour les Montréalais. Chaque année, il y a environ 850 000 visites aux urgences dans l'île. C'est deux fois plus que dans certaines villes comparables ailleurs dans le monde.

«L'outil de triage qu'utilisent les infirmières aux urgences afin de discriminer les cas à traiter en priorité en est en partie responsable. Cet outil est névralgique, affirme Jocelyn Gravel, chercheur au Centre de recherche du CHU Saint-Justine . Il en va de la sécurité des patients et d'une gestion plus efficace du temps d'attente.»

À son avis, l'échelle canadienne de triage, le seul outil du genre au pays, a été conçue il y a longtemps et n'est pas tout à fait adéquate. «Certains suggèrent que cette échelle soit améliorée sur les plans de la reproductibilité et de la validité», signale M. Gravel, qui s'est donné pour objectif de relever le défi.

Grâce à une subvention du Fonds de la recherche en santé du Québec, il entend étudier ces deux paramètres. «Du côté de la reproductibilité, il faut savoir que le processus de triage est basé sur l'évaluation subjective d'une infirmière. Il serait donc primordial de s'assurer que deux infirmières évaluant le même patient reconnaissent une gravité semblable de la situation. Pour ce qui est de la validité, il faut comprendre qu'un outil de triage non valide met en péril des patients à risque, déjà fragilisés.»

Concrètement, M. Gravel évaluera, à l'urgence pédiatrique du CHU Sainte-Justine, la «corrélation interobservateur» entre les infirmières appliquant l'échelle de triage aux enfants. Il veut ainsi désigner les situations (notamment les raisons de la consultation et l'âge du patient) où l'outil présente une moins bonne reproductibilité. De même, il tentera de cerner les facteurs pouvant être à l'origine d'une diminution de la capacité de discrimination offerte par l'échelle. Parallèlement, enfin, M. Gravel analysera l'instauration de protocoles de prise en charge de patients au moment du triage, les infirmières étant souvent amenées à donner les premiers soins aux patients.

 

(Source : Fonds de la recherche en santé du Québec.)

 

Dossiers

 

Zoom sur les enfants

Que se passe-t-il quand l’enfant devient le parent de ses parents? Comment prévenir les...

 

Sortir de sa bulle grâce à l'interdisciplinarité

En militant, il y a plus de 25 ans, pour une pensée complexe qui accueillerait l'enchevê...

 

Le campus de l'UdeM à Laval : des débuts très prometteurs

Le campus de l'UdeM à Laval a toutes les allures d'un pari gagné: en effet, plutôt que ...

Le chiffre

11,0 G$

C’est le total des sommes déboursées par les universités canadiennes pour la recherche et le développement en 2009-2010.

Lire la suite...