Les diplômés de l'École de design industriel exposent

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Le design du premier train à grande vitesse d’Amérique du Nord est signé Jean Labbé.Ils ont redessiné le métro de Montréal, inventé des jouets pour enfants, conçu le flambeau olympique et la combinaison que les patients des hôpitaux québécois pourraient revêtir dans quelques années. Les 1200 diplômés de l'École de design industriel de l'Université de Montréal ont contribué de mille façons à donner vie aux objets qui façonnent la vie courante. On peut en avoir un aperçu à l'exposition Tête, cœur, mains, ouverte au public jusqu'au 4 janvier 2010 au Centre des sciences de Montréal.

«Nous avons sélectionné environ 80 produits issus des travaux de nos diplômés, mais nous aurions pu en retenir beaucoup plus», souligne Denise Roy, qui a coordonné cette exposition. À la suite d'un appel aux anciens de l'École, un grand nombre de propositions ont été transmises à cette professeure de l'École de design industriel, qui a mis sur pied un comité chargé de retenir celles qui évoquaient le mieux quatre décennies d'histoire. Compte tenu de l'espace, évidemment.

Le véhicule motorisé Spyder, de Bombardier Produits récréatifs, auquel huit diplômés ont travaillé, est la plus spectaculaire des pièces présentées dans cette exposition: plus de 800 composantes mécaniques et électroniques, de structure et de carrosserie ont été nécessaires à sa réalisation. Entre ce véhicule qui s'est fait entre autres connaitre grâce au pilote de formule 1 Kimi Räikkönen (il en a un dans son hangar) et le Chalet de chasse pour petites bêtes à poil, de Maud Beauchamp et Marie-Pier Guilmain (diplômées en 2008), tous les grands secteurs du design sont représentés: mobilier, transport, jeux et sports, biens de consommation divers.

Un autre objet qui vaut le déplacement est le prototype du flambeau olympique de Vancouver 2010, conçu et fabriqué par Bombardier en collaboration avec le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010. D'un poids de 1,6 kilo, il utilise un mélange de propane, d'isobutane et d'hydrocarbures qui lui assure de 12 à 15 minutes d'autonomie de combustion. Ses formes s'inspirent des grands espaces ainsi que des lignes fines et fluides qu'on laisse dans la neige et sur la glace après avoir pratiqué un sport d'hiver. D'ici l'ouverture des jeux, 12 000 personnes le porteront sur 45 000 kilomètres.

Trains à grande vitesse et jeux de construction

Le parcours de Jean Labbé (qui expose ici notamment une maquette du prochain métro de Montréal, en service en 2012) est un bon exemple de la contribution méconnue de l'École. Son projet de fin d'études, un prototype de fauteuil roulant devant améliorer la qualité de vie d'enfants atteints de dystrophie musculaire, obtient un prix international en 1979. Le jeune homme poursuit ses études au Art Center College of Design, en Californie, où il conçoit un véhicule individuel et autoguidé qui attire l'attention de General Motors. Le géant américain lui propose un poste en Allemagne. De retour au Québec, Jean Labbé se voit offrir par Bombardier de participer à l'élaboration d'un nouveau concept automobile. En 1987, M. Labbé crée son entreprise, Labbé Designers & Associés, qui prend son envol en concevant des bicyclettes pour Procycle.

Par la suite, Bombardier Transport lui confiera le premier d'une série de projets à saveur internationale dont le nouveau métro haute technologie de New York. Il assurera le design du premier train haute vitesse en Amérique du Nord : l'Acela Express, qui roule entre Washington, Boston et New York. Sa firme obtient des contrats en Chine, en Corée du Sud, au Mexique, en France, en Suède, aux États-Unis et au Canada. «L'Université de Montréal m'a donné une approche et une méthodologie qui m'ont été fort utiles tout au long de ma carrière», confie-t-il à Forum.

Autre histoire à succès, celle de Mega Brands. L'entreprise québécoise n'a pas été lancée par des designers de l'UdeM, mais elle en a embauché dès le lancement de ses premiers produits. «Nous sommes actuellement les premiers au monde dans le domaine des jouets préscolaires», explique Christian Lemire qui, après un diplôme d'études collégiales en technique d'architecture, s'est tourné vers le design industriel. Engagé par Mega Brands en 1993, alors que l'entreprise ne comptait qu'un seul ordinateur et trois employés, il a dirigé des projets, créé des produits et formé une importante relève dans un secteur en plein essor. Aujourd'hui, la firme emploie une quarantaine de salariés et vend ses produits partout. «L'École nous a préparés à travailler dans différentes branches, du plus petit objet possible jusqu'aux véhicules lourds. Nous avons surtout appris à adapter nos connaissances aux besoins du marché», dit-il près d'un réseau complexe de routes en polymère où circule une bille.

Comme l'écrit Mme Roy dans la présentation de l'exposition, les objets qui ont été retenus se sont distingués de diverses façons. «Publiés, primés dans des concours ou fabriqués en grande série, ces projets témoignent du dynamisme de ses créateurs et des compagnies qui les engagent à l'international, au Québec et à Montréal, ville UNESCO du design.»

Le prix d'entrée est de 12 $ et donne accès à l'ensemble des expositions du Centre des sciences.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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