Mort annoncée de la «jaquette d'hôpital» qui laisse voir les fesses!

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C'est à une professeure et une étudiante de l'École de design industriel de l'Université de Montréal que l'on doit une innovation majeure dans le domaine de la santé: la chemise d'hôpital qui ne laisse pas les fesses des patients à découvert!

La professeure Denyse Roy et Noémi Marquis, pour qui il s'agissait d'un projet de fin d'études, ont travaillé pendant plus de cinq ans avant de réussir à mettre au point la chemise «DUO».

Dépourvu de cordons ou d'attaches velcro qui exigent des réparations, le vêtement se compose de deux  «demi-jaquettes» superposées, l'une étant enfilée par devant et l'autre par derrière. «Ça simplifie la manœuvre d'enfilement et facilite les manipulations pour le personnel hospitalier, qui n'a notamment plus à faire face aux attaches nouées», fait valoir Noémi Marquis, qui était jusqu'à récemment coordonnatrice de l'Association des designers industriels du Québec.

En plus de permettre aux patients d'être décemment vêtu, cette idée de chevauchement rend la chemise d'hôpital universelle. Le modèle conçu par les designers est unisexe et convient parfaitement aux personnes obèses et aux femmes enceintes. «L'ancienne jaquette imposait aux institutions d'avoir quelques modèles différents, entre autres pour les obèses et les patients psychiatriques. La chemise DUO s'adapte aux silhouettes grâce au jeu latéral et favorise une plus grande uniformité des stocks», commente Denyse Roy.

Autres avantages. Fabriqué à partir d'un tissu composé à 65% de polyester et à 35% de coton, la nouvelle chemise devrait permettre une réduction des coûts à l'achat et à l'entretien. « Le coût d'achat et d'entretien des jaquettes standards pour couvrir 100 patients, lavées 200 fois, est plus élevé que celui de la jaquette DUO, soit 10 738 $ pour la standard contre 9 540 $ pour la DUO. Ces coûts ont été calculés à la suite des observations que nous avons menés en milieu hospitalier et qui nous ont permis de constater qu'environ  24 patients sur 100 portent deux jaquettes standards l'une par-dessus l'autre, pour des questions de pudeur, ce qui fait grimper les coûts d'entretien. » Cela tient aussi  à plusieurs améliorations au design, signale Denyse Roy. «Par exemple, les attaches ont été retranchées, ce qui élimine pour le manufacturier certaines manipulations additionnelles et abaisse le prix de revient. La coupe a aussi été simplifiée, ce qui demande au buandier un seul pliage au lieu de deux. Par un choix judicieux des matériaux, le poids des deux nouvelles jaquettes est inférieur à celui de deux précédentes, ce qui permet de réaliser des économies au lavage entre autres au niveau de l'énergie, de l'eau et des produits lessiviels.»

Comme si ce n'était pas suffisant, le design de la nouvelle chemise d'hôpital prévoit, sans même ajouter de coût, la possibilité de faire trois imprimés de base qui, intervertis, permettront 81 permutations différentes.

Résistance aux changements
La nouvelle chemise a été testée récemment à l'hôpital St-Mary auprès de divers groupes de patients et de professionnels de la santé qui se sont montrés plutôt enthousiastes face au design. L'innovation, qui s'est distinguée au 9e Concours Innovation Recherche en 2006, bénéficie pour la fabrication et la distribution de l'appui de l'entreprise W. Laframboise, fournisseur de linge d'hôpital depuis plus de 50 ans au Québec.

Malgré tout, ce ne sera pas une mince affaire de changer les habitudes dans les grands hôpitaux, selon la professeure Roy. Les difficultés à convaincre le marché s'expliquent par la forte propension des hôpitaux à résister aux changements. «Il y a plusieurs usagers d'impliqués et donc c'est complexe. Il faut convaincre le buandier, former le personnel médical à l'utilisation de la chemise, informer les patients...»

Les deux designers, qui ont obtenu un brevet pour le Canada et les États-Unis, sont néanmoins confiantes de pouvoir commercialiser leur chemise d'hôpital d'ici cinq à dix ans. Elles bénéficient du soutient d'Univalor, qui a pris en main la commercialisation de l'innovation.

 

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