Il est beaucoup question, ces temps-ci, de transfert des connaissances, expression fourretout très à la mode visant à faire comprendre que la recherche universitaire ne s'effectue pas en vase clos et que ses retombées peuvent être bien réelles dans le quotidien de M. et Mme Tout-le-monde. Pourtant, ce concept n'est pas nouveau. L'équipe d'Univalor s'affaire depuis bientôt 10 ans à ce que les découvertes des chercheurs universitaires trouvent preneur. Cette «valorisation», c'est le mot, touche un nombre sans cesse croissant de disciplines. De plus, elle s'internationalise. La Chine achète les droits sur plusieurs brevets, mais elle n'est pas la seule. Une société de la Corée du Sud, par exemple, a récemment obtenu les droits d'exploitation d'une technologie mise au point à l'École Polytechnique et qui empêche les bâtiments frappés par un séisme de s'écraser.
«Au fil des ans, nous avons beaucoup élargi la palette de ce qu'on peut valoriser», résume Luc Morisset, directeur principal du développement des affaires à Univalor, où 13 des 21 personnes qui y travaillent ont pour mission de débusquer les chercheurs susceptibles d'intéresser des entrepreneurs et de trouver les entrepreneurs qui ont besoin des innovations des chercheurs. Il arrive que la solution consiste à mettre sur pied une nouvelle entreprise (spin off) à laquelle le chercheur est habituellement associé d'une manière ou d'une autre.
Pourtant, un nombre significatif de chercheurs ignorent que le fruit de leurs travaux peut avoir des applications sur le terrain. «Il y a encore du travail de sensibilisation à faire auprès des chercheurs», dit M. Morisset. Mais les choses progressent. Par exemple, dans certaines disciplines, les futurs chercheurs sont aujourd'hui systématiquement sensibilisés aux notions de propriété intellectuelle, de commercialisation et d'entrepreneurship, à l'intérieur même de leur formation. C'est le cas en médecine, en médecine vétérinaire et en aménagement.
Mais qu'est-ce qu'Univalor? C'est une société de valorisation commerciale qui a une dizaine de clients, tous liés à l'UdeM, à commencer par les quatre membres fondateurs (issus de l'UdeM, de Polytechnique, de HEC Montréal et du CHU Sainte-Justine). L'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, le CHUM et l'Institut de recherches cliniques de Montréal complètent le tableau.
«Nous avons 300 dossiers à différents niveaux d'avancement et nous travaillons présentement sur quelque 40 ententes», précise Luc Morisset. L'an dernier, Univalor a évalué 113 projets d'invention. «C'est un record pour nous et, ainsi, la communauté des chercheurs de l'Université de Montréal se compare avantageusement à celle des autres universités canadiennes», affirme M. Morisset.
Paule des Rivières
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