La DRI finance 69 projets liés à l'internationalisation

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La Direction des relations internationales (DRI) de l'Université de Montréal vient de faire connaitre les projets qu'elle subventionnera dans le cadre de son programme de financement d'activités liées à l'internationalisation. Soixante-neuf projets, sur près d'une centaine soumis, ont été acceptés, ce qui porte à 270 000 $ le montant que la DRI consacrera à la seconde partie de ce programme annuel. Pour l'ensemble de l'année, le financement total est de l'ordre de 500 000 $. La date de clôture du prochain concours est le 15 mars.

«Ce financement provient de fonds spéciaux de l'Université destinés à soutenir des activités de formation ou de recherche associées à l'internationalisation et qui ont un effet structurant sur le plan des échanges interuniversitaires», précise le directeur de l'unité, Yves Guay.

Ce programme a pris de l'ampleur avec l'adoption de la politique sur l'internationalisation en 2006, qui invitait les unités à se doter d'un plan d'action dans ce domaine et à désigner les établissements avec lesquels elles collaboraient. Le budget a alors été quintuplé et un comité d'évaluation, présidé par la vice-rectrice aux relations internationales, Mireille Mathieu, a été formé. Les activités retenues sont financées à hauteur de 10 000 $ chacune.

Formation et recherche

En matière de formation sont admissibles des projets qui visent l'internationalisation de programmes d'études ou encore des projets ponctuels de formation et de développement international. Le premier volet inclut, par exemple, des activités d'enseignement, des écoles d'été ou des stages qui impliquent une mobilité étudiante ou professorale. Le second volet regroupe les activités de planification et de conception de programmes mixtes offerts à l'UdeM ou à l'étranger.

Yves GuayDu côté de la recherche, le programme comporte aussi deux volets, soit la mise en place de partenariats internationaux en recherche et le soutien aux doctorants ou aux chercheurs postdoctoraux. Il peut s'agir de la participation à des conférences ou séminaires internationaux qui n'est pas couverte par d'autres fonds et revêtant un caractère multidisciplinaire.

La Direction examine la possibilité d'ajouter un cinquième volet qui comprendrait les projets humanitaires contribuant au rayonnement de l'Université.

«La DRI privilégie les projets formés en partenariat avec les 21 établissements membres du Forum international des universités publiques ou qui y sont affiliés», indique Yves Guay. Ce regroupement a été constitué en 2007, à l'initiative de l'UdeM. Une cinquantaine d'autres universités réparties dans 20 pays et avec lesquelles l'UdeM a signé des ententes complètent la liste des établissements priorisés.

Voici quelques exemples de projets retenus :

  • collaboration entre le Département de didactique et le Département de mathématique de l'Université Cheikh Anta Diop, au Sénégal, pour améliorer l'enseignement des mathématiques (Alejandro Gonzalez-Martin et Louise Poirier);
  • échange de professeurs entre la Faculté de droit et l'École de droit de l'Université de Wuhan (Guy Lefebvre);
  • participation d'étudiants au séminaire du Département d'études anglaises et des Unités de formation et de recherche du monde anglophone de l'Université de la Sorbonne nouvelle – Paris III, qui se donne alternativement à Montréal et à Paris (Lianne Moyes);
  • partenariat entre l'École d'architecture et l'École de design industriel d'une part et des établissements français et libanais d'autre part pour créer un groupe de réflexion sur la mémoire des évènements et des sites historiques (Giovanni De Paoli);
  • implantation d'un cadre de coopération en cinéma entre le Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques et l'Institut des communications de l'Université normale de Fujian en Chine (André Gaudreault);
  • voyage d'études sur le thème de l'Espagne médiévale organisé par le Département de littératures et de langues modernes et les universités de Séville et de Grenade (Enrique Pato);
  • mise sur pied d'un réseau international de validation de tests diagnostiques des maladies cardiaques à l'initiative de l'Institut de cardiologie de Montréal en partenariat avec des universités du Brésil et de Singapour (Marc Jolicœur);
  • mise en commun, par le Département de géographie et deux universités du Brésil, des expertises québécoise et brésilienne en analyse taxinomique et conservation de la biodiversité (Paul Comtois).

Trois projets de collaboration avec l'Université d'État d'Haïti avaient également été retenus mais, étant donné les circonstances que l'on connait, ils ne seront vraisemblablement et malheureusement pas réalisés.

Trois autres projets sont en outre présentés de façon plus détaillée dans les articles ci-dessous.

Daniel Baril


École internationale d'été en chimie supramoléculaire

En juillet dernier, quelque 80 étudiants en chimie des cycles supérieurs participaient à l'école d'été du Département de chimie de l'UdeM en chimie supramoléculaire. Ces étudiants venaient de diverses universités québécoises et ontariennes ainsi que de l'Université Pierre et Marie Curie (Paris). Les étudiants de la France ont pu assister aux séminaires par vidéoconférence.

Andreea-Ruxandra SchmitzerLe succès de cette initiative a conduit les responsables à répéter l'expérience cette année en lui donnant plus d'ampleur. D'une durée de trois jours l'an dernier, l'école d'été de 2010 s'étendra sur une semaine; aux universités qui y ont pris part l'an passé s'en ajouteront trois autres, aussi grâce à la vidéoconférence, soit l'Université de Victoria, l'Université de Strasbourg et l'Université de Lille.

Les établissements ainsi reliés pourront de cette façon présenter leurs propres conférences. Une centaine d'étudiants devraient ainsi bénéficier de la formation la plus poussée qui soit à l'échelle internationale en biologie supramoléculaire.

«Cette activité contribue à faire de l'Université de Montréal le chef de file dans cette discipline au Québec et au Canada et à faire sa promotion sur la scène internationale», souligne la professeure Andreea-Ruxandra Schmitzer, responsable de l'école d'été.

Cette activité de formation a reçu l'aide financière de la Direction des relations internationales, qui paiera l'hébergement à Montréal de trois professeurs invités et d'une vingtaine d'étudiants.

D.B.


Contamination des eaux au Burkina Faso

Le Burkina Faso est aux prises avec un sérieux problème de contamination de ses cours d'eau causé par les mines d'or à ciel ouvert, de plus en plus nombreuses, qui utilisent le mercure pour extraire l'or. «Le mercure est par la suite rejeté dans l'environnement sans autre mesure de précaution ou de traitement», affirme Marc Amyot, professeur au Département de sciences biologiques, qui poursuit un programme de recherche sur cette contamination.

Marc AmyotUne évaluation des rejets de polluants produits par un site minier durant l'année 2003 a chiffré les rejets à 142 kg de mercure, 5680 kg de détergents et 2860 tonnes de CO2 pour 71 kg d'or.

La pollution par l'extraction de l'or se double d'un autre problème de contamination, soit la présence de niveaux élevés d'arsenic dans beaucoup de puits, ce qui a entrainé de graves problèmes de santé. Selon le biologiste, cet arsenic serait d'origine naturelle et proviendrait des couches géologiques elles-mêmes, mais il n'est pas impossible non plus que des déchets d'appareils électroniques en soient la cause.

L'année dernière, Marc Amyot a entrepris une campagne d'échantillonnage couvrant plusieurs écosystèmes aquatiques du Burkina Faso afin de dresser un premier bilan de la contamination métallique (mercure, arsenic, sélénium). Dans ce contexte, le professeur dirige les travaux d'un boursier de la Francophonie, le Burkinabé Ousséni Ouédraogo, professeur à l'Unité de formation et de recherche en sciences de la vie et de la terre de l'Université de Ouagadougou, qui fait son doctorat à l'UdeM sur la contamination métallique des milieux aquatiques.

Le professeur Amyot veut profiter de cette collaboration pour jeter les bases d'une structure de formation et de recherche scientifique dans le domaine de l'environnement, qui fait cruellement défaut au Burkina Faso. À cette fin, la Direction des relations internationales de l'UdeM a accepté de financer son séjour ainsi que celui de son étudiant en sol africain pour que les deux hommes y donnent, cet été, un séminaire de formation sur l'écotoxicologie des métaux.

Grâce à ce projet de coopération, le Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique, dont est membre Marc Amyot, pourra poser un premier jalon de sa politique d'internationalisation par sa présence en sciences de l'environnement en Afrique.

D.B.


Bleuets, grenades et zygophille contre le diabète

Pierre Haddad, professeur au Département de pharmacologie, possède une expertise reconnue internationalement en matière de plantes médicinales. Ses travaux sur les propriétés antidiabétiques du bleuet ont fait les manchettes. La subvention obtenue de la Direction des relations internationales (DRI) lui permettra de poursuivre ses recherches, également soutenues par l'Agence universitaire de la Francophonie, en collaboration avec des chercheurs d'Égypte, du Maroc et de la Tunisie.

Pierre HaddadLe projet inclut une formation pratique sous la forme d'une enquête ethnobotanique effectuée par le professeur Haddad avec des stagiaires égyptiens afin de découvrir les plantes d'Égypte au potentiel antidiabétique. Cette activité donnera lieu à un transfert technologique en ethnobotanique.

Avec la participation de l'Institut de recherche en biologie végétale de l'UdeM, le laboratoire de Pierre Haddad entretient aussi des liens avec l'Institut national des plantes médicinales et aromatiques du Maroc à Taounate, en menant des études sur les propriétés antidiabétiques de la zygophille, une plante du nord du Sahara. Le projet en cours permettra de concrétiser une entente de collaboration destinée à favoriser la mobilité des étudiants entre le Maroc et l'UdeM . En contrepartie, le Maroc facilitera l'accueil d'un stagiaire canadien en recherche.

Pierre Haddad s'intéresse de plus aux propriétés antidiabétiques du grenadier. Grâce au soutien de la DRI, il pourra recevoir un étudiant de l'Université de Gabès, en Tunisie, qui effectue sa maitrise sur le sujet. Ce projet permettra de mettre en place un système de cotutelle pour les thèses de doctorat et de promouvoir la coopération internationale avec la Tunisie.

D.B.


 

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