Trois professeures de la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, Christina Cameron, Claudine Déom et Nicole Valois, publient, aux Presses de l'Université de Montréal, un ouvrage mettant à jour la richesse de l'architecture mais aussi des paysages du campus de l'Université.
Le livre, qui contient de l'information en anglais, sera officiellement lancé le 10 mars. Il propose des circuits géographiques invitant à la promenade en même temps que le récit des grandes étapes historiques de la construction du campus.
«Ce fut une découverte pour moi, qui ne connaissais pas tellement bien le campus, confie Christina Cameron, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine bâti. Ce qui m'a beaucoup impressionnée, c'est la cohérence du lien entre les paysages et les bâtiments.»
D'ailleurs, si les auteures se sont inspirées des meilleures pratiques existantes en estimation des bâtiments, elles ont dû innover pour ce qui est des paysages, puisque ces derniers sont rarement évalués. Les expertes de la Faculté ont ainsi apprécié 21 entités paysagères et jugé que 8 d'entre elles possédaient une valeur élevée. Il s'agit de la coulée verte, du boisé Édouard-Montpetit, de la rampe d'accès à la station de métro Université-de-Montréal, du chemin menant à l'École Polytechnique, de la place de La Laurentienne, de la Faculté de l'aménagement, du CEPSUM et des alentours des pavillons André-Aisenstadt, Jean-Coutu, Marcelle-Coutu et Paul-G.-Desmarais.
Il faut dire qu'un campus sur une montagne, ce n'est pas banal et plusieurs endroits offrent des vues imprenables sur la ville.
L'histoire
L'ouvrage relate en outre les quatre principales étapes de développement du campus, nous faisant découvrir une histoire passionnante de l'architecture en vogue à chacune des époques.
«Le campus, peut-on lire, constitue un véritable catalogue de l'architecture et de l'architecture de paysage modernes au Québec. Les pavillons et les aménagements conservent pour la plupart une authenticité matérielle et une intégrité élevées... Le campus est l'œuvre de plusieurs générations de créateurs réputés.»
Ainsi, entre 1928 et 1960, on assiste à l'élévation d'un campus sur le flanc nord de la montagne selon des plans d'aménagement sophistiqués élaborés par Ernest Cormier; la période d'agrandissement, elle, s'étend de 1960 à 1968, avec un nouveau plan directeur conçu par la firme d'urbanistes-conseils de Jean-Claude Lahaye.
«Cette croissance reflète l'expansion rapide que connaissent un grand nombre d'universités en Amérique du Nord au cours des années 1960 et 1970», nous explique l'ouvrage.
Au cours de cette période, 11 pavillons sont construits et 9 bâtiments situés à proximité sont achetés. L'UdeM crée également des aménagements autour des immeubles afin de les intégrer harmonieusement dans le paysage, créant de la sorte diverses aires de repos.
Entre 1968 et 1995, l'Université entre dans une phase de consolidation, que pilote encore une fois Jean-Claude Lahaye. Les pavillons Samuel-Bronfman et Liliane de Stewart voient le jour et l'établissement se porte acquéreur des bâtiments qui logeront la Faculté de musique et la Faculté de l'aménagement. Le pavillon Samuel-Bronfman constitue un des premiers exemples de l'expansion du campus grâce aux dons de grands mécènes.
M. Lahaye a laissé sa marque notamment avec les piliers d'identification en pierre des champs, les guérites d'accueil, les murets en madriers, les lampadaires et les bancs. De plus, Mme Cameron et ses collègues ont découvert que M. Lahaye affectionnait les hexagones et qu'il en a «semé» un peu partout sur le campus.
La quatrième phase débute en 1995 avec l'adoption d'un nouveau plan directeur qui permet le renforcement du pôle scientifique et technologique de l'Université. L'urbaniste architecte Jean-Claude Boisvert et l'urbaniste Jean Paré font des merveilles, entre autres avec les pavillons Paul-G.-Desmarais, Jean-Coutu, Marcelle-Coutu et J.-Armand-Bombardier.
Mme Cameron a été séduite par le campus. Mais cela ne l'a pas empêchée de noter que les étudiants n'ont toujours pas de lieu où ils pourraient se rassembler. «Ça manque», conclut-elle.
Des cartes mais aussi de magnifiques photos de Denis Farley complètent l'ouvrage de 135 pages qui s'emporte facilement dans une promenade puisqu'il mesure 5,5 po sur 8,5 po.
Paule des Rivières
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