Dieu a-t-il créé le cerveau ou le cerveau crée-t-il Dieu? Pour tenter de répondre à cette épineuse question, le neuroscientifique Mario Beauregard a demandé à 15 carmélites de prêter leur concours à une expérience scientifique. En examinant l’activité cérébrale de ces religieuses au cours de leur expérience mystique, il a découvert que les pratiques spirituelles ne sont pas reliées à une zone précise du cerveau, mais à plusieurs «régions et systèmes cérébraux» habituellement destinés à des fonctions telles que la réception, les émotions ou la conscience de soi.
Il n’existe donc pas un unique «point de Dieu» dans notre cerveau, pas plus qu’il n’existe un «gène de Dieu» dans nos cellules. Par ailleurs, l’étroite corrélation entre les activités spirituelles et les activités neurologiques ne signifie pas qu’il faille réduire l’expérience spirituelle à un simple phénomène cérébral ou à une illusion, voire à une hallucination, dont l’unique socle serait de nature neuronale. Loin s’en faut: les expériences mystiques révèlent la capacité des individus à entrer en contact avec une force objectivement réelle, transcendantale, un au-delà d’eux-mêmes, du temps et de l’espace. D’où les nombreux phénomènes psychiques qui demeurent inexpliqués par la science, comme les guérisons «miraculeuses», l’effet placébo, les prémonitions, les expériences de mort imminente, le sentiment d’union lors de la prière ou la méditation…
Mario Beauregard et Denyse O’Leary, Du cerveau à Dieu: plaidoyer d’un neuroscientifique pour l’existence de l’âme, Montréal, Guy Trépanier éditeur, 2008, 350 p.
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