En 1988, près de 40 % des étudiants de deuxième cycle à l'Université de Montréal étaient inscrits dans des programmes professionnels. En 2009, ces programmes en accueillaient plus de 53 %. Pour Pierre Simonet, vice-provost et vice-recteur à la planification, cette tendance montre la voie à suivre, d'autant plus que le taux de diplomation dans les programmes professionnels est supérieur de trois points à celui des maitrises de recherche, soit 77 % contre 74 %.
«Dans le contexte économique douloureux que l'on connait, l'avenir dépend de notre capacité à créer des programmes professionnels qui répondent aux besoins actuels», a-t-il déclaré. M. Simonet ouvrait ainsi le colloque annuel de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP), qui se tenait le 30 octobre sur le thème de la formation professionnelle aux cycles supérieurs.
Suivre l'évolution des pratiques et... répondre aux ordres professionnels
Des représentants de six départements et facultés ont pris la parole à la même table ronde pour exposer la situation prévalant en formation professionnelle dans leur unité.
Comme pour plusieurs autres professions, l'École de réadaptation a dû adapter sa formation à l'évolution de la pratique en ergothérapie. «Les agréments canadien et américain de l'École étaient conditionnels à l'instauration d'un programme de deuxième cycle, a souligné la professeure Julie Gosselin. Contrairement à ce qui se fait ailleurs au Canada, nous avons opté pour une continuité entre le baccalauréat et la maitrise.»
Dans plusieurs disciplines, les ordres professionnels sont un peu trop présents quand il s'agit de définir les contenus et orientations des programmes. Cela semble être le cas en psychologie et en droit.
«L'Ordre des psychologues du Québec intervient énormément quand arrive le moment de déterminer le nombre d'heures de stage et de cours alors que ces décisions concernent les universités», a affirmé Serge Larochelle, directeur du Département de psychologie. Le programme de doctorat professionnel sans maitrise est très contingenté par l'Ordre et n'accepte que 12 étudiants sur les 80 demandes reçues annuellement.
En droit, «le Barreau a déjà eu la tentation totalitaire d'imposer un parcours unique avec 90 crédits obligatoires», a dit Jean-François Gaudreault-Desbiens, vice-doyen à la recherche à la Faculté de droit. Cette tentation découlait du virage universitaire pris par la formation des avocats dans les années 60 avec l'arrivée de professeurs de carrière et la valorisation de la recherche. «Il s'en est suivi un décalage entre les attentes du Barreau et ce que faisaient les facultés.»
Avec la mise en place de programmes de deuxième cycle tel le DESS en common law, pour lesquels la demande est forte en raison de la mondialisation, le spectre d'un cheminement obligatoire ressurgit parce que ces programmes nécessitent des agréments par les barreaux des autres provinces.
David D'Arrisso, étudiant au doctorat au Département d'administration et fondements de l'éducation, a pour sa part indiqué que les diverses unités de formation ne réagissent pas toutes de la même façon aux pressions des milieux extérieurs. Le doctorant a conçu une grille d'analyse composée de cinq stratégies réparties sur un axe positif-négatif à l'égard de ces pressions: la défiance, l'évitement, l'acquiescement, le compromis et la manipulation.
D.B.
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