Relations industrielles 101 pour étudiants chinois

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Tous ont apprécié leur séjour à l’étranger cet été, les Québécois en Chine et les Chinois au Québec!Xiaoran Liu se souviendra longtemps de son 22e anniversaire. Elle l'a célébré sur les flancs du mont Royal avec sept autres étudiants chinois venus à l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal pour un séjour d'études d'un mois. «C'était un moment inoubliable», dit-elle avec un large sourire.

Comme ses compatriotes dont c'était aussi le premier voyage au Canada, Mme Xiaoran a déjà un diplôme de premier cycle et s'oriente vers une carrière en relations de travail. Elle se considère comme privilégiée d'avoir pu participer à la première école d'été de l'École de relations industrielles, qui célèbre cette année ses 65 ans. «Nous avons étudié les relations industrielles avec d'excellents professeurs. Puis, nous avons pu rencontrer des responsables au gouvernement et dans des entreprises pendant des visites de groupe», indique la jeune femme.

C'est à l'issue d'une entente de coopération signée l'an dernier entre l'Université de Montréal et l'Université Renmin de Chine, à Beijing, que l'École de relations industrielles a mis sur pied une école d'été pour étudiants chinois (voir «L'École de relations industrielles se déploie... en Chine», Forum, 18 avril 2011). Deux cours ont alors été créés, qui ont suscité un intérêt inattendu dans le réseau international des spécialistes des relations industrielles à qui ils ont été ouverts. «Aussitôt que ces cours ont été annoncés, on a reçu des demandes de partout, même de Russie. Finalement, chaque cours a accueilli 12 personnes», explique le directeur de l'école, Jean Charest.

«La santé et la sécurité au travail en tant que droits de la personne». Voilà un thème qui va de soi dans un programme d'études sur les conditions des employés des entreprises occidentales. En Chine, où le seul port du casque sur un chantier de construction n'est pas une mesure uniformément appliquée, tout reste à faire. «Comme tout le monde sait, la Chine vit un essor économique sans précédent. Mais sur le plan des lois protégeant les employés ou les relations de travail, il y a beaucoup de temps à rattraper. Les universitaires chinois établissent des liens avec leurs collègues étrangers pour se mettre à la page. Pour nous, c'est une occasion inespérée de participer à cette modernisation», commente M. Charest.

Lui-même a donné le cours sur la formation et le perfectionnement de la main-d'œuvre en collaboration avec son collègue Victor Haines.

Le second cours avait pour thème les problèmes contemporains en relations industrielles et portait sur la santé et la sécurité au travail ainsi que sur le système des normes internationales du travail de l'Organisation internationale du travail. Le professeur Jeffrey Hilgert, nouvellement engagé par l'école, a présenté les aspects politiques globaux en santé et en sécurité, y compris les régimes de règlementation privée, l'emploi précaire et l'utilisation des preuves scientifiques.

Plongée dans l'empire

Peu avant l'arrivée de leurs collègues chinois, ce sont des étudiants québécois qui ont fait une immersion dans l'empire du Milieu. «C'est le pays de la démesure», résume Marie-Gaëlle Lacasse, qui rédige actuellement un mémoire en relations industrielles. À Beijing, elle a suivi trois cours, dont un de mandarin qui s'est avéré plutôt ardu.

Ce qui a surpris Cynthia Denis, étudiante de premier cycle, c'est que la Chine se compare sur plusieurs plans à l'Amérique du début du 20e siècle. mais «les lois sur le travail sont souvent archaïques ou carrément inappliquées», mentionne-t-elle.

Sur le plan culturel, c'est la densité de population qui l'a le plus impressionnée... et la taille des portes. «Je ne compte plus les fois où je me suis assommée en entrant dans une pièce», relate en riant la grande jeune femme. Le voyage des étudiants québécois (Nathalie Roussel-Boudreau, Matthieu Pelard, Tiantian Hu, Charles Narbonne Mérineau, Jeremy Gagnon, Émilie Bouchard, Christophe Fournier-Simard et Erika Dion sont les autres participants) constituait une première et a été organisé en peu de temps. «Nous savions que c'était un projet nouveau et que toutes les ficelles n'étaient pas en place, mais tout s'est très bien déroulé», dit l'étudiante qui a profité de l'occasion pour prolonger son séjour en Asie de quatre semaines.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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