Enfin un doctorat en sciences de la vision

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Le doctorat stimulera la recherche dans les domaines liés à l’œil. Il est le fruit d’une collaboration entre l’École d’optométrie et le Département d’ophtalmologie de la Faculté de médecine. Le Département de psychologie y a aussi apporté sa contribution.Il est désormais possible de faire un doctorat en sciences de la vision en français au Canada. Le nouveau programme, fruit d'une collaboration entre l'École d'optométrie et le Département d'ophtalmologie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, a obtenu toutes les autorisations nécessaires pour recevoir ses premières inscriptions. Les cours débuteront officiellement en septembre prochain.

«C'est un moment que nous attendions depuis longtemps et qui permettra de regrouper nos forces vives», dit Christian Casanova, professeur à l'École d'optométrie, qui a entamé les premières démarches relatives à ce projet il y a six ans. Professeur d'ophtalmologie, Leonard Levin s'est joint à lui pour ficeler l'entente de collaboration à laquelle le Département de psychologie prend part également.

Depuis quelques années, s'il était possible de poursuivre des études de troisième cycle dans un secteur lié aux sciences de la vision, il fallait le faire dans une unité distincte de l'École d'optométrie. Le nouveau programme ne met pas fin aux travaux interdisciplinaires, mais resserre les liens entre les champs d'études concernés et une école totalement tournée vers la vision. «C'est ici que des dizaines de professeurs et de chercheurs convergent tous les jours pour étudier l'optométrie et entreprendre des recherches sur la vision. Nous pensons que c'était à nous d'offrir le doctorat!»

Victime de son succès, pour reprendre les mots de M. Casanova, l'École d'optométrie ne cesse d'attirer des jeunes chercheurs; la maitrise en sciences de la vision, lancée il y a 10 ans, connait une popularité croissante et plus de 60 personnes mènent actuellement des travaux de troisième cycle dans un domaine associé directement aux sciences de la vision. Seulement au Laboratoire des neurosciences de la vision, dirigé par le professeur Casanova, on compte cinq étudiants au doctorat et deux à la maitrise.

En donnant la possibilité aux étudiants diplômés de continuer leurs recherches au troisième cycle à l'École d'optométrie, on raffermit la masse critique de chercheurs. «Plus on est regroupé physiquement, mieux on peut rester au courant des dernières avancées dans notre discipline, des articles les plus récents, des conférences de l'heure...»

Christian CasanovaSix concentrations

Le programme comptera six concentrations en plus de la générale: Basse vision et réadaptation visuelle, Biologie cellulaire et moléculaire, Biologie des maladies de la vision, Neurosciences de la vision et psychophysique, Optique, instrumentation et imagerie et Sciences cliniques et épidémiologie. «Nous y attendons une dizaine de personnes par an, soit une soixantaine de doctorants au total lorsque nous atteindrons notre vitesse de croisière», résume le chercheur, qui se consacre maintenant à faire connaitre le programme auprès de la clientèle potentielle.

Le doctorat «stimulera la production de recherches novatrices dans des domaines liés à l'œil, à l'optique physiologique ou ophtalmique et au cerveau visuel selon des approches contemporaines», dit le document officiel approuvé par la Commission des études. Pour être admissible, le candidat doit être titulaire d'une maitrise en sciences de la vision ou d'un diplôme équivalent et avoir une moyenne générale minimale de 3,3.

Au terme de leur formation, les diplômés pourront envisager une carrière en recherche fondamentale, en recherche clinique (professionnels de la santé), en enseignement supérieur dans le secteur public ou dans l'industrie. Ils deviendront enseignants, chercheurs, cliniciens ou consultants en sciences de la vision. Selon Christian Casanova, ce ne sont pas les offres d'emploi qui manqueront à leur sortie de l'université.

En plus d'être la seule école francophone d'optométrie au Canada, l'école de l'UdeM a connu une forte hausse de son activité scientifique au cours de la dernière décennie. Le Groupe de recherche en sciences de la vision, qui existe depuis 2002, en témoigne. Autre exemple, sept chaires de recherche ont été créées depuis 2000: la Chaire Colonel Harland Sanders en sciences de la vision, la Chaire de recherche du Canada en ophtalmologie et sciences visuelles; la chaire philanthropique sur la dégénérescence maculaire liée à l'âge et la Chaire de recherche Charles-Albert-Poissant de transplantation cornéenne. On peut ajouter à cette liste les chaires de recherche du Canada en périnatologie et en neurosciences cognitives.

Un cerveau visionnaire

Pour le directeur adjoint à la recherche et aux études supérieures à l'École d'optométrie, c'est l'aboutissement d'un véritable marathon amorcé en 2006. «Je dois rendre hommage aux gens qui nous ont soutenus dans ce projet, notamment l'ancien vice-recteur aux études Jacques Frémont. Sans ce soutien de l'administration, le défi aurait été plus difficile à mener à bien.»

Après sa formation en biologie à l'Université de Montréal, Christian Casanova a fait un postdoctorat à l'Université de Californie à Berkeley. Il est revenu au Québec travailler à l'École d'optométrie. Il a participé à l'essor de cette unité sur le plan scientifique. Il n'a aucun regret. Sa passion pour les neurosciences de la vision ne s'est jamais émoussée.

«Environ le tiers de notre cortex est consacré à la vision. C'est notre premier sens. C'est ce qui m'a stimulé au début de ma carrière et me stimule encore. Il y a tant à découvrir», mentionne le chercheur, qui a levé le voile sur un petit organe méconnu associé à la vision: le pulvinar.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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