Même si le cyberespace suscite l'enthousiasme général, il n'est pas resté à l'abri des loteries frauduleuses, des ventes pyramidales, de l'usurpation d'identité et autres commerces illicites... L'École Polytechnique de Montréal créera un certificat afin de donner une formation ciblée à tout titulaire d'un diplôme d'études collégiales intéressé par le phénomène de la cybercriminalité.
«Internet a offert aux fraudeurs un accès à une population mondiale de cibles potentielles, ainsi que davantage de possibilités d'échapper à la justice, explique le document de présentation déposé à la réunion de la Commission des études (COMET) le 27 avril. Les usagers étant de plus en plus avertis pour déceler et éviter les escroqueries, les fraudeurs réagissent en s'orientant vers des attaques plus imaginatives et plus inquiétantes basées sur des méthodes astucieuses et sur une technologie sophistiquée.»
Les membres de la COMET ont unanimement adopté ce programme qui accueillera ses premiers étudiants en septembre prochain si la procédure d'adoption ministérielle suit son cours normal. L'École Polytechnique a lancé en 2007 un certificat en cyberenquête dont le succès a conduit à la mise sur pied de ce nouveau programme. Selon Tuan Nguyen Dang, du Centre de formation continue, Polytechnique répond depuis 1994 à la demande du milieu dans le domaine de la cybercriminalité. Cette fois, ce sont les gouvernements et les entreprises qui ont fait connaitre leurs besoins.
Le nouveau certificat, élaboré à la lumière des consultations avec des collègues de l'UdeM en droit, psychologie et criminologie, vise surtout les gens en situation d'emploi. On y abordera entre autres le cyberterrorisme: comment Internet permet à des organisations terroristes de recruter des membres, de recueillir des fonds, de transférer d'importantes sommes d'argent ou de mettre la main sur une quantité d'informations pouvant leur servir à commettre des attentats. «En tant que spécialiste informatique ou de l'Internet, l'étudiant sera à même d'acquérir des connaissances juridiques et sera au carrefour de plusieurs disciplines: droit de l'informatique, droit Internet, propriété intellectuelle, droit des télécommunications et des libertés publiques», peut-on lire.
Sciences infirmières et éthique clinique
À la Faculté des sciences infirmières, on procèdera à d'importantes modifications de la structure et du répertoire de cours du doctorat en sciences infirmières. Il y sera notamment implanté une concentration «Formation en sciences infirmières». Ces changements font suite à une évaluation externe du programme.
Ainsi modifié, le doctorat veut «former des infirmières chercheuses autonomes qui, par leur pensée critique avancée, contribuent de façon significative à l'avancement des connaissances de même qu'à l'évolution de la discipline et de la profession». Les diplômées pourront travailler dans les milieux «clinique, académique, sociopolitique ou autres».
Par ailleurs, la Commission a adopté à l'unanimité une concentration «Éthique clinique pédiatrique» à la maitrise en sciences biomédicales et un microprogramme en éthique clinique biomédicale. Selon les pédiatres du CHU Sainte-Justine venus présenter le projet, Annie Janvier et Antoine Paillot, ces nouveaux programmes ont pour but d'intégrer les sciences humaines aux soins cliniques. Il y a, selon eux, une forte demande de formation en éthique clinique dans les soins donnés aux enfants et aux adolescents.
Hygiène du travail en français
Du côté du Département de santé environnementale et santé au travail, on créera une concentration «Hygiène du travail» à la maitrise en santé environnementale et santé au travail. Comme on l'apprend dans le document approuvé par les membres de la COMET, la Loi sur la santé et la sécurité du travail, entrée en vigueur en 1980, est responsable de la création d'un réseau public de spécialistes en santé au travail dans les directions de santé publique et les centres de santé et de services sociaux. Au nombre de 700, ces spécialistes incluent plus d'une trentaine d'hygiénistes du travail. Dans les grandes entreprises et les firmes de consultants privées, on a également embauché des hygiénistes du travail.
On rappelle que la Loi et ses règlements ont permis à plusieurs établissements d'enseignement de proposer des programmes pour former des spécialistes en santé et en sécurité au travail. L'Université McGill offrait déjà un diplôme en hygiène du travail qui s'est imposé au fil des ans. Trente ans plus tard, les professionnels commencent à prendre leur retraite. «On peut donc affirmer qu'il faudra commencer sous peu à former la deuxième vague d'hygiénistes du travail et de préventeurs pour les besoins du Québec [...] Par ailleurs, il est juste et raisonnable qu'un tel programme soit enfin offert en français en regard des besoins au Québec et ailleurs dans la francophonie», dit le document explicatif. Le projet a fait consensus.
M.-R.S.
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