HEC Montréal a lancé l'automne dernier, conjointement avec l'Université McGill, le premier EMBA bilingue au monde conçu spécialement pour les gestionnaires de haut niveau.
Les deux établissements montréalais répondent ainsi à un besoin des travailleurs et des employeurs car, avec le vieillissement des bébé-boumeurs, le départ de plusieurs cadres expérimentés est anticipé dans le milieu des affaires. «Notre objectif est de former la relève, les leaders de demain, affirme Michel Filion, directeur du marketing et du recrutement du programme EMBA McGill-HEC Montréal. Ce programme, dont le sigle signifie “Executive Master in Business Administration”, s'adresse aux dirigeants en pleine ascension qui veulent parfaire leur art de la gestion.» La cohorte de 2008-2009 comprend 36 étudiants âgés en moyenne de 42 ans qui comptent 18 années d'expérience de travail, dont 13 en gestion. La moitié d'entre eux exercent une fonction de cadre supérieur au sein d'une entreprise.
Selon M. Filion, cette maitrise en administration des affaires est exigeante puisqu'elle s'étale sur une période de 15 mois au cours desquels les étudiants poursuivent leurs activités professionnelles. Elle offre toutefois une grande flexibilité, notamment au chapitre de la langue. «Les exposés et les discussions de groupe se déroulent tant en français qu'en anglais, dit-il, et les participants peuvent utiliser l'une ou l'autre de ces langues pour s'exprimer et rédiger leurs travaux.»
Les cours, adaptés aux besoins des gestionnaires et des dirigeants en exercice, s'échelonnent de septembre à juillet et ont lieu quatre jours par mois, du jeudi au dimanche. Deux modules intensifs en résidence complètent la formation. Le premier, d'une durée de sept jours, se déroule dans un hôtel à l'extérieur de Montréal où des invités de renom du monde des affaires et de la scène publique viennent partager leurs connaissances et leur expertise. Le second module a lieu pendant 10 jours à l'étranger, en Amérique latine ou en Asie, et vise la création d'un réseau international de gestionnaires. Au terme des 11 mois de formation, les étudiants ont quatre mois pour rédiger un projet d'intégration qui porte sur un aspect concret de la gestion.
Le cout de cette formation sur mesure: 65 000 $. Ce prix peut sembler élevé, mais il est comparable à celui des autres MBA offerts au Québec et en Amérique du Nord: 52 000 $ à l'Université Concordia, 65 000 $ à l'Université de la Colombie-Britannique, 84 000 $ à l'Université Queen's (Kingston), 100 000 $ à l'Université York (Toronto) et 120 000 $ à celle de Chicago.
Réflexion sur soi-même
Le programme, «novateur, pertinent et avant-gardiste» selon la brochure d'information, connait un franc succès dans la communauté des affaires, particulièrement auprès des femmes. «En Amérique du Nord, les programmes de EMBA comptent en moyenne 10 % de femmes; dans le nôtre elles sont près de quatre fois plus, soit 36 %», fait valoir Michel Filion. Pourquoi? «Peut-être ont-elles été attirées par l'exercice de réflexion sur soi-même que prévoit le programme», suggère-t-il.
À son avis, en s'appuyant sur l'expérience des participants, cette maitrise se distingue des autres MBA puisque l'enseignement, axé sur les échanges, permet aux gestionnaires d'apprendre à partir de leur propre vécu. «Ils sont encouragés à partager avec le groupe leurs expériences personnelles, à parler par exemple des difficultés auxquelles ils ont déjà été confrontés au cours de leur carrière, afin que chacun apprenne de l'autre», explique M. Filion.
Élaborés à partir de la théorie des managerial mindsets d'Henry Mintzberg, professeur renommé de l'Université McGill, les huit modules du EMBA amènent également les gestionnaires à faire une introspection et à développer leurs capacités de réflexion.
Dès le début du programme, le dirigeant est incité à intégrer les connaissances acquises dans son travail. Pour y parvenir, diverses activités ont été conçues afin de faciliter le transfert des compétences. Entre autres, un «échange managérial» de trois à cinq jours dans le milieu de travail d'un collègue de classe permet au participant invité d'observer son hôte, son style de gestion et la culture organisationnelle de son entreprise.
«Il s'agit d'un programme exceptionnel, unique, qui réunit les forces des deux établissements. D'ailleurs, le diplôme de ce EMBA porte le sceau des deux universités», indique Michel Filion, qui tient à souligner la participation active de plusieurs professeurs de HEC Montréal et de l'Université McGill, dont Laurent Lapierre et Henry Mintzberg, ainsi que celle des directeurs pédagogiques du programme, Louis Hébert et Alain Pinsonneault.
Dominique Nancy
Sur le Web
www.embamcgillhec.ca
