50 ans de journalisme à l’UdeM

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Plus de 1000 journalistes se sont inscrits au programme depuis ses débuts, il y a 35 ans.Créé en 1973, le Certificat en journalisme a su s’adapter aux transformations vécues par la profession au fil des ans.

La belle histoire de l’UdeM avec le journalisme ne date pas d’hier. Alors que le Certificat en journalisme de la Faculté de l’éducation permanente (FEP) souligne ses 35 ans d’existence, c’est plutôt 50 ans de journalisme qu’il faudrait célébrer. En effet, des fouilles dans les archives ont permis de découvrir que, déjà en juin 1958, un stage de trois jours était conjointement organisé par l’UdeM et l’Association des hebdomadaires de langue française du Canada à l’intention du personnel des rédactions des hebdos québécois. Depuis la création officielle du programme d’études, plus de 1000 journalistes s’y sont inscrits. Des Sophie Thibault de TVA, François Cardinal de La Presse et Kathleen Lévesque du Devoir qui sont venus gonfler d’orgueil les responsables de ce certificat dont la réputation n’est plus à faire.

«On a une qualité d’étudiants hors de l’ordinaire. La plupart ont un excellent parcours universitaire», affirme Louis Poirier, responsable du programme de la FEP, en précisant que plus de 80 % des admis sont titulaires d’un baccalauréat. Chez les apprentis journalistes, trois profils se dégagent: les étudiants qui viennent terminer un baccalauréat par cumul de certificats, ceux qui désirent acquérir des outils et des compétences complémentaires dans le cadre de leur emploi, notamment en rédaction, et ceux qui souhaitent devenir journalistes professionnels. «La moyenne d’âge est de 29 ans. Ce sont des étudiants qui ont plus de vécu; ils ont une formation, une expérience du marché du travail et parfois même une famille. Ils n’ont pas de temps à perdre quand ils arrivent ici», souligne M. Poirier.

À ceux-là s’ajoutent un nombre non négligeable d’étudiants étrangers, surtout de la France. «Je reçois presque tous les jours des courriels de jeunes Français qui veulent venir suivre le programme ici. Certains restent au Québec par la suite, d’autres retournent dans leur pays pour travailler», mentionne M. Poirier, qui a fait une maitrise sur la carrière journalistique de René Lévesque. Plusieurs des étudiants du Certificat ont été envoyés en stage dans des grands médias français, de Marianne au Point en passant par les agences de presse. «On gagne une avalanche de prix depuis plus de 30 ans», s’enorgueillit le responsable. «Nous avons une qualité d’étudiants hors de l’ordinaire», dit Louis Poirier, responsable du Certificat à la FEP.

Louis Poirier signale qu’au Certificat en journalisme on met la barre haut. «C’est parce que le milieu a des exigences élevées», rappelle-t-il. Selon lui, la qualité des diplômés dépend de l’enseignement reçu. D’abord, une solide formation pratique, où 12 des 18 crédits obligatoires peuvent provenir des ateliers de presse comme l’Atelier de radio et Le journaliste-pupitreur, accompagnée de cours destinés à former l’esprit critique tels que Analyse critique du traitement de l’info. «On forme des gens qui sont tout de suite fonctionnels sur le marché du travail», observe le journaliste, ancien réalisateur à la radio de Radio-Canada. Pour ce faire, il se dit heureux de pouvoir compter sur une vingtaine de chargés de cours issus pour la plupart du milieu journalistique.

Un journalisme qui évolue

Louis Poirier se souvient de cette époque, au début des années 80, où il collaborait à une revue de photographie à Québec et où il devait lui-même envoyer ses textes sur une disquette… par autobus. Il fut même un temps où quiconque pouvait s’improviser journaliste; il suffisait alors de posséder une bonne formation classique et une belle plume. Depuis, il reconnait que bien des choses ont changé. «Après la mort de Duplessis, les médias se sont diversifiés. La population a eu soif d’actualité», soutient-il en parlant de l’avènement de la technique du vox pop, dont il attribue la paternité à René Lévesque. «L’information s’est transformée, les techniques se sont développées et les gens ont eu envie de se perfectionner. C’est ainsi que le métier s’est professionnalisé», croit M. Poirier.

Le journaliste d’à peine 50 ans remarque l’influence d’un autre phénomène sur l’essor de la profession et l’engouement qu’elle suscite: la surmédiatisation des attentats terroristes du 11 septembre 2001. «Les journalistes étaient beaucoup plus présents sur le terrain et Internet prenait de l’ampleur. Il y avait même des bulletins spéciaux de nouvelles à 17 h avant celui de 18 h. C’est resté depuis», indique-t-il. Il n’est pas étonnant que le public, gavé à l’envi, soit devenu encore plus avide d’information. «Les demandes d’admission ont augmenté depuis 2001», remarque M. Poirier. Ce qui ramène le bon vieux débat qui fait rage depuis quelques années dans le monde journalistique: le Québec forme-t-il trop de journalistes? Louis Poirier préfère ne pas sauter dans l’arène. «Même s’il y en a un certain nombre qui n’exerceront jamais le métier, la formation qu’on offre contribue à faire de nos étudiants de meilleurs citoyens. Ils seront plus à même de comprendre l’actualité et se montreront davantage critiques à l’égard de l’information. On aura réussi là notre mission», conclut Louis Poirier.

Lisa-Marie Gervais

 

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