L'Université récompense ses enseignants

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L'art de transmettre son savoir

L'Université a décerné, le 21 mai, 14 prix d'excellence en enseignement et en recherche pédagogique. Ces distinctions démontrent l'importance que l'Université accorde à l'acte d'enseigner. Sept prix ont été remis à des enseignants hors du commun, deux à des professeurs ou chargés de cours en début de carrière et un à un doctorant chargé de cours; un prix a été attribué pour l'innovation pédagogique à une équipe représentant trois facultés et trois autres ont récompensé des ouvrages didactiques, un collectif et deux individuels.

«En honorant certains de nos professeurs et chargés de cours par la remise des prix annuels d'enseignement, nous reconnaissons ceux et celles qui ont rempli de façon exceptionnelle une des deux missions fondamentales de l'Université, soit la transmission des connaissances. Les résultats de la recherche et de la réflexion, s'ils ne sont pas communiqués, n'ont aucune utilité sociale. Les hommes et les femmes dont nous saluons le travail l'ont fait de manière remarquable et avec passion. Ils constituent un échantillon représentatif de la très grande qualité du corps enseignant de l'Université de Montréal. C'est ce qui, combiné avec la qualité exemplaire de la recherche à l'UdeM, concourt à en faire un établissement de classe internationale», a souligné Luc Granger, vice-recteur adjoint aux affaires professorales, attaché au bureau du provost, qui est responsable de l'attribution des prix.

 

Prix d'excellence en enseignement

 

Paul Gendreau, professeur agrégé

Faire découvrir le monde sans limites de la science

Paul Gendreau est professeur de psychoéducation depuis 2001. Il recourt abondamment aux nouvelles technologies dans son enseignement, mais ne perd jamais de vue que «la relation enseignant-étudiants reste sans équivoque la pierre angulaire du succès scolaire».

Responsable des étudiants de premier cycle depuis 2005, Paul Gendreau a justement élaboré à l'intention de cette clientèle un cours obligatoire de première année sur les bases biologiques du développement psychosocial. Il ne cache pas que l'entreprise a constitué un défi compte tenu du fait que de nombreux jeunes n'ont pas suivi de cours de biologie au cégep, mais également en raison de la résistance aux principes développés dans son cours. Mais Paul Gendreau ne s'est pas laissé ébranler: il croyait fermement à la nécessité d'élargir les horizons de ses étudiants.

La directrice de l'École de psychoéducation, Sophie Parent, le décrit comme «un modèle pour les étudiants et une perle pour l'École».

M. Gendreau ne ménage en effet aucun effort pour faciliter la compréhension de sa matière. Il fait appel à plusieurs supports visuels, comme les vidéos, les diapositives et les télévoteurs. Avec ces derniers, les étudiants sont munis de petites manettes qui leur permettent de répondre à ses questions de manière individuelle. Quant au millier de diapositives qu'il utilise en classe, elles affichent un petit drapeau vert, jaune ou rouge, indiquant l'importance de la matière à l'examen.

Infatigable, le lauréat est aussi responsable d'un séminaire de recherche sur les dépendances. Il a de plus organisé, avec ses étudiants, deux Rendez-vous de la psychoéducation, auxquels ont participé plus de 150 personnes.

 

Pascale Lefrançois, professeure agrégé

Traiter les étudiants avec intelligence et respect

Pascale Lefrançois enseigne la didactique du français aux futurs enseignants depuis neuf ans.

«Je ne cherche pas à me faire admirer de mon auditoire ou à l'impressionner par l'étalage de mes connaissances. Mon but est plutôt de faire en sorte que les étudiants se sentent intelligents quand ils sortent du cours, qu'ils aient l'impression que les contenus que nous avons abordés sont clairs, mais qu'ils doivent être traités avec nuance, à partir de plusieurs points de vue», a écrit Mme Lefrançois dans sa lettre de candidature.

Pour cette championne de dictée (en 1990, elle a gagné le championnat du monde d'orthographe dans la catégorie «junior», sous la houlette de Bernard Pivot), traiter les étudiants avec intelligence et respect amène les étudiants à être... intelligents et respectueux.

Mme Lefrançois a également mis sur pied des ateliers thématiques au Centre de communication écrite dont elle assure en partie l'animation. Elle anime en outre Des nouvelles de la grammaire, une série de 13 émissions sur la grammaire telle qu'elle est enseignée depuis la révision de 1995 et qu'on peut voir au Canal Savoir. Bref, Pascale Lefrançois est une ardente défenseuse de la langue, mais de la langue qui évolue.

Ses étudiants apprécient son dynamisme et sa rigueur. Dans les commentaires inclus dans son dossier de candidature au prix d'excellence, on trouve ceci: «Trop sévère dans la correction.» Les futurs enseignants ne pensent tout de même pas que Mme Lefrançois va fermer les yeux sur des verbes mal accordés, même complexes?

 

André Beauchamp, professeur titulaire

Le professeur complet

«Rien de plus vivifiant que de voir apparaitre progressivement des lueurs de compréhension dans les yeux d'un grand groupe d'étudiants... un lundi matin... en hiver. Quatre décennies n'ont pas réussi à me lasser de ce plaisir.»

Cet objectif renouvelé avec chaque cohorte d'étudiants a conduit André Beauchamp à cultiver son imagination pour allumer chez eux l'étincelle de la curiosité. Toujours en gardant à l'esprit «que la chimie n'est pas déconnectée du vrai monde». Le professeur a d'ailleurs pris l'habitude de proposer des capsules «catastrophes et drames de la vie quotidienne» en invitant ses étudiants à trouver les principes de chimie appliquée derrière des faits rendus publics. Par exemple, à quoi serait due l'évacuation d'une polyvalente, dont les journaux ont fait mention, à la suite d'une erreur commise par un préposé à l'entretien de la piscine de cet établissement?

André Beauchamp est responsable des études aux cycles supérieurs dans son département, mais il a enseigné au baccalauréat, à la maitrise et au doctorat et il est chargé du cours d'introduction à la chimie organique. Il s'est beaucoup investi dans la prestation d'un cours-laboratoire et son cours de chimie optionnel attire bon an, mal an quelque 30 étudiants, soit deux fois plus que la moyenne des cours optionnels du Département.

Enfin, il a joué, bien que de manière non officielle, un rôle significatif dans le dépoussiérage du programme de baccalauréat en 2001-2002, en introduisant de nouveaux cours en nanosciences et sur l'autoassemblage de matériaux non structurés.

 

Pascale Dufour, professeure adjointe

La créativité dans l'enseignement

La classe de Pascale Dufour est tour à tour un tribunal, une assemblée électorale, un regroupement de militants, un gouvernement. La professeure adjointe au Département de science politique (depuis 2003) enseigne les comportements politiques, la participation, la représentation et les différentes formes de mobilisation. Et la créativité qu'elle déploie pour transmettre sa matière fait l'admiration de son directeur, Philippe Faucher.

«Je donne raison à Pascale Dufour, la meilleure pédagogie est fondée sur le plaisir, celui des étudiants et celui du professeur. J'en suis jaloux, confie-t-il. J'aurais voulu le comprendre plus tôt, avoir l'assurance et la confiance pour m'amuser avec la classe», a-t-il écrit dans sa lettre d'appui à la candidature de Mme Dufour.

La professeure adjointe fourmille d'idées: elle a emmené un groupe d'étudiants au Forum social mondial de Belém, elle a piloté une exposition de travaux étudiants sur la marginalité à la Société des arts technologiques, elle a réalisé un film sur les immigrants illégaux, bref, si c'est faisable et pertinent, pourquoi ne pas plonger? Une mise en garde s'impose toutefois: ceux qui seraient tentés de s'inscrire au cours de Mme Dufour en s'imaginant qu'il est moins exigeant que d'autres devraient s'abstenir!

Car la principale intéressée ne recule devant rien pour stimuler la réflexion sur les enjeux suscités par la représentation politique dans les pays occidentaux.

 

Robert Lamontagne, chargé de cours

Former de meilleurs citoyens

«Pas moyen de s'endormir dans votre cours!» «Vous êtes le premier prof à qui je donne un score parfait.» «Follement intéressant.» «Tout dans votre cours est génial.»

Ce cours, c'est celui d'astrobiologie et le professeur, c'est Robert Lamontagne. Ayant constaté au fil de ses 20 années d'enseignement que les étudiants avaient généralement une vision «très compartimentée» des sciences, Robert Lamontagne a conçu un cours destiné aux étudiants inscrits ailleurs qu'au Département de physique et intégrant des notions d'astronomie, de biologie, de génétique, de géologie et de philosophie, s'appuyant sur la question «Quelle est l'origine de la vie?» Succès bœuf. Le nombre d'étudiants est passé de 15 à 120 en quatre ans.

Évidemment, ce nouveau cours, seul du genre en français au Canada, a nécessité la production de matériel didactique original qui doit être constamment mis à jour, l'astrobiologie étant une discipline en pleine essor. M. Lamontagne recourt notamment aux présentations PowerPoint.

Le lauréat est le directeur exécutif de l'Observatoire du Mont-Mégantic. Il y reçoit les étudiants et y organise de nombreuses activités. M. Lamontagne s'adonne également à des activités de vulgarisation, prononce régulièrement des conférences et tient un blogue sur le site de l'Agence Science-Presse.

Son directeur de département, Yves Lépine, n'hésite pas à décrire le chargé de cours comme «un enseignant hors du commun».

 

Kate Alexander, professeure adjointe

Une passionnée de l'imagerie vétérinaire

Si une radiographie vous apparait comme une chose simple, voire anodine, passez voir Kate Alexander. Vous changerez d'avis. «Il y a un réel défi à bien évaluer une image bidimensionnelle en noir et blanc d'un animal tridimensionnel en couleurs. C'est comme apprendre à lire, résume la professeure adjointe en imagerie vétérinaire à la Faculté de médecine vétérinaire. Je ressens une véritable passion pour la radiographie et j'ai le désir de la transmettre aux futurs vétérinaires.»

Mme Alexander s'est jointe au corps professoral de l'UdeM en 2004, en pleine révolution de l'imagerie. Elle a su intégrer les progrès liés à l'IRM et à la tomodensitométrie, et la qualité de son matériel didactique fait l'admiration de ses pairs.

Kate Alexander est aussi très active dans la formation, relativement récente, que la Faculté dispense à ses apprentis vétérinaires en matière de leadership et de communication. Essentiellement, il s'agit de comprendre l'importance de bien communiquer avec le propriétaire de l'animal soigné.

«En partie parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion de mettre en pratique les notions apprises relatives à la communication, certains vétérinaires éprouvent des difficultés professionnelles durant leurs premières années de pratique», note-t-elle.

 

Suzanne Boivin, chargée de cours

Allier la théorie à la pratique

Suzanne Boivin est une enseignante engagée. Cette psychologue clinicienne en cabinet privé et en milieu institutionnel fait bénéficier ses étudiants (surtout à la Faculté de l'éducation permanente mais aussi en médecine et en criminologie) de son expérience sur le terrain. Spécialiste de la relation d'aide thérapeutique, elle module son cours en fonction de sa clientèle, qui s'est passablement diversifiée depuis ses débuts à la FEP en 1987. Elle a enseigné à des orthophonistes, des criminologues, des infirmières, des psychologues, des travailleurs sociaux. D'ailleurs, elle a participé à l'élaboration d'un nouveau certificat qui porte le nom de «Violence et société».

Elle dit privilégier une formule active d'enseignement: «Le cours devient un laboratoire adapté à chacun des étudiants, peu importe son âge, son orientation professionnelle, son origine ethnique.»

Pour Suzanne Boivin, au-delà de l'aspect théorique, il est important que l'étudiant comprenne son propre cheminement et qu'il réfléchisse sur les manières d'adapter son intervention à ses clients.

Dans sa lettre d'appui à Mme Boivin, le doyen de la FEP, Jean-Marc Boudrias, note que la chargée de cours «met constamment à jour ses connaissances». Il salue aussi le caractère dynamique de son travail, qui allie judicieusement pratique et théorie.

P.d.R.


Virginie Lasalle

Nouveau chargé de cours

Faculté de l'aménagement

Alejandro Gonzalez Martin

Professeur en début de carrière

Faculté des sciences de l'éducation

Stéphane Villeneuve

Doctorant chargé de cours

Faculté des sciences de l'éducation



Prix du recteur pour un ouvrage didactique (individuel et collectif)

Christiane Rousseau

Faculté des arts et des sciences

Yvan St-Aubin

Faculté des arts et des sciences

François Champagne, Zulmira Hartz, Astrid Brousselle
et André-Pierre Contandriopoulos

Faculté de médecine

 

 


Prix du provost pour l'innovation pédagogique

Pierre-Yves Thériault

Faculté de médecine

Marie-Claude Vanier

Faculté de pharmacie

Andrée Boucher

Faculté de médecine


Paule Lebel

Faculté de médecine

Hélène Lefebvre

Faculté des sciences infirmières

Richard Ratelle

Faculté de médecine

 

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