L'Université a récompensé, à la Collation des doctorats de 3e cycle du 27 mai, cinq enseignants exceptionnels. Elle a aussi attribué un prix à l'auteur du meilleur ouvrage didactique. L'établissement veut ainsi rappeler toute l'importance qu'il accorde à la mission d'enseigner, sans laquelle il n'y aurait ni université ni étudiants.
Prix d'excellence en enseignement
Marie Archambault
Faculté de médecine vétérinaire
Marie Archambault est professeure agrégée au Département de pathologie et microbiologie de la Faculté de médecine vétérinaire depuis 2004. Elle y enseigne la bactériologie, la virologie et la parasitologie vétérinaires. Son excellence en enseignement a été saluée à plusieurs reprises.
«J'essaie, dit-elle, de favoriser l'estime de soi de l'étudiant par l'acquisition de nouvelles connaissances.» Elle tente plus précisément d'éviter quatre écueils fréquents, soit le sentiment de perte de contrôle, l'imprévisibilité, les menaces à l'égo et les nouveautés non planifiées. Et aux cycles supérieurs, précise-t-elle, «ce n'est pas le projet de recherche qui est à l'avant-plan mais l'étudiant».
«Pour chaque bloc de deux heures, je me prépare de quatre à cinq heures, cela même si je donne le cours depuis sept ans», indique Mme Archambault. Cela lui permet de peaufiner sa technique, comme de revoir à quel moment il faut relancer les étudiants, soumettre un cas clinique, raconter une anecdote avant de présenter un concept plus ardu. Chacun de ses cours est une présentation PowerPoint accessible.
«Il est impossible de ne pas écouter», résume un étudiant.
Luce Beaudet
Faculté de musique
Luce Beaudet, professeure à la Faculté de musique, a remporté le Prix d'excellence du meilleur ouvrage didactique. L'ouvrage se présente sous la forme d'un site Internet hébergé par la faculté.
Il fournit une théorie du discours musical tonal, rendue ludique par l'insertion de 620 exemples musicaux audios et aussi de bandes dessinées.
L'ouvrage met en relief l'importance de la dimension harmonique dans l'apprentissage de la musique tonale
Michelle Larouche
Département de mathématiques et de statistique
Michelle Larouche a obtenu un prix d'excellence dans la catégorie des auxiliaires d'enseignement. Le professeur Jiri Patera, qui travaille avec elle depuis cinq ans, n'y va pas par quatre chemins: «Elle m'a souvent remplacé en donnant mon cours et elle l'a fait mieux que moi.» M. Patera qualifie Mme Larouche de «démonstratrice exceptionnelle».
À titre d'auxiliaire d'enseignement, Mme Larouche donne une séance hebdomadaire de deux heures de travaux pratiques, durant laquelle elle résout des équations, corrige les travaux des étudiants et répond aussi à leurs questions, se mettant à leur disposition.
Mme Larouche nourrit une véritable passion pour l'enseignement, pour lequel elle a eu un coup de foudre lorsqu'elle s'y est frottée, à son dernier trimestre d'études au premier cycle. «L'expérience m'a permis de confirmer que je souhaitais enseigner les mathématiques pour le reste de ma vie.»
Pierre Legendre
Département de sciences biologiques
Pierre Legendre, créateur de l'écologie numérique, enseigne au Département de sciences biologiques depuis 30 ans. Au fil de toutes ces années, il n'a jamais cessé de faire évoluer son enseignement, qui est tout sauf statique. Le témoignage d'un ancien étudiant aujourd'hui chargé de cours, Daniel Borcard, est éloquent: «J'ai assisté plusieurs fois à cette scène étonnante où le professeur Legendre, une sommité mondiale, demande à ses étudiants “Vous qui connaissez bien ce domaine, je voudrais que vous relisiez ce que j'ai écrit sur le sujet. Dites-moi si c'est clair, bien expliqué et s'il n'y a pas d'erreurs.”» Pierre Legendre a bâti son savoir sur cette incroyable ouverture d'esprit, résume M. Borcard. Et les étudiants ne s'y trompent pas, puisqu'ils s'inscrivent à ses cours en grand nombre. En fait, Pierre Legendre a adapté son enseignement pour y intégrer les résultats de ses recherches. Il a été l'un des premiers à recourir à l'ordinateur pour les travaux pratiques de son cours de premier cycle en biostatistique; quant au cours d'analyse quantitative des données biologiques, il s'est encore là appuyé sur ses propres trouvailles. Pas étonnant que des étudiants d'autres universités québécoises suivent ses cours, ainsi que des étudiants étrangers. M. Legendre a aussi introduit dans son enseignement le langage R, un langage de programmation et un logiciel de fonctions statistiques. Enfin, il a publié, il y a une dizaine d'années, un lexique anglais-français des termes liés à l'écologie numérique et à la statistique.
«Par son enseignement, il forme des chercheurs», souligne Bernadette Pinel-Alloul, directrice du Département de sciences biologiques.
Marie-Ève Nadeau
Faculté de médecine vétérinaire
Marie-Éve Nadeau est professeure adjointe d'oncologie au Département de sciences cliniques de la Faculté de médecine vétérinaire. En poste depuis 2006, elle est la seule spécialiste dans ce domaine à Saint-Hyacinthe.
Mme Nadeau insiste non seulement sur la nécessité de poser le bon diagnostic, mais aussi sur celle de bien communiquer ses connaissances au propriétaire de l'animal. Cela est d'autant plus important que, dans beaucoup de cas, les répercussions d'un cancer sont à la fois émotionnelles et économiques.
La professeure recourt beaucoup à l'enseignement par compétences, axé sur les mises en situation. Et c'est grâce à elle qu'a été créé le premier programme de résidence en oncologie vétérinaire francophone, reconnu par l'American College of Veterinary Internal Medicine.
La vice-doyenne au développement pédagogique et à la qualité des programmes de la faculté, Michèle Doucet, rappelle qu'un tel prix, en plus d'être prestigieux, produit «un “effet exemplaire” sur les professeurs qui hésitent à s'investir dans des fonctions d'enseignement susceptibles d'être perçues comme devant se faire au détriment de leur avancement dans une carrière plus individuelle». Mme Nadeau est l'exemple parfait de cette double réalisation.
Enrique Pato Maldonado
Département de littératures et de langues modernes
«En quelques années, il s'est rendu indispensable», résume le directeur du Département de littératures et de langues modernes, Georges L. Bastin. Arrivé en 2006, Enrique Pato Maldonado a comblé un vide avec sa spécialité en linguistique espagnole. La qualité de son enseignement, sa direction d'étudiants ainsi que sa participation aux fonctions administratives du département ne laissent aucun doute quant à l'avenir brillant qui l'attend, dit encore M. Bastin.
Pourtant, le professeur aurait bien pu crouler sous le poids de la tâche, ç'aurait été compréhensible: en 2009-2010, il a donné 10 cours différents, dirigé 2 thèses de doctorat et 20 mémoires de maitrise!
M. Pato Maldonado n'hésite pas à recourir aux nouvelles technologies et il a conçu du matériel didactique lorsqu'il le jugeait à propos. Ses cours sont sur WebCT. Car, constate-t-il, «on ne peut appliquer la même formule à tous les étudiants. Et les difficultés d'apprentissage devraient être traitées de manière individualisée.»
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