Près de 90 % des élèves associés au projet SEUR fréquentent toujours leur école secondaire

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Catherine Labbé est ravie du succès du programme de persévérance scolaire.Catherine Labbé, étudiante à la maitrise à l'École de psychoéducation, consacre depuis deux ans une bonne partie de son temps à la formation des mentors du programme de persévérance scolaire chez les garçons du secondaire, qui vise à accroitre la motivation de ces jeunes à l'égard de leurs études. Les responsables de ce nouveau volet du Projet de sensibilisation aux études universitaires et à la recherche (projet SEUR) ont pour objectif de joindre les jeunes qui sont les plus susceptibles de quitter l'école avant l'obtention de leur diplôme afin de les encourager à poursuivre leurs études secondaires.

«Au Québec, signale la formatrice et chargée de projet, le décrochage scolaire touche en moyenne 38 % des garçons de la région de Montréal. C'est énorme. Le fait de jumeler des élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire démotivés par l'école et ciblés par les enseignants avec des étudiants de l'UdeM leur donne accès à des modèles de persévérance scolaire et de réussite. Cet accompagnement personnalisé, qui se situe entre le Grand Frère et le stage spécialisé, les amène à vivre une expérience positive et à développer leur intérêt pour les études.»

À l'heure où le décrochage fait des ravages, la formule du programme de persévérance scolaire fait mouche. Le dernier-né du projet SEUR, lancé il y a deux ans par le professeur de pharmacologie Louis Dumont, connait un franc succès, selon un sondage effectué récemment auprès des partenaires et des responsables des six écoles secondaires de la région métropolitaine qui y participent. Plus de 85 % des garçons parrainés en 2007 par les étudiants de l'UdeM, de l'École polytechnique ou de HEC Montréal fréquentent toujours l'école secondaire. Plusieurs d'entre eux sont également plus assidus dans leurs études et quelques-uns ont même trouvé une voie qui les intéresse pour l'avenir.

«Il s'agit de résultats partiels, mais ils font déjà état des progrès accomplis en vue d'améliorer la persévérance scolaire chez les garçons du secondaire, estime le professeur Dumont, directeur du volet et initiateur du projet SEUR. Cela démontre que ce type de mentorat répond aux besoins des jeunes.»

Besoin de mentors

Depuis la mise sur pied de ce projet pilote, une cinquantaine de jeunes garçons (16 en 2007 et 32 en 2008) issus d'écoles de la région de Montréal touchées par le décrochage scolaire ont trouvé un mentor dans la communauté universitaire. Ils ont rencontré ce dernier à raison de une ou deux fois par mois et participé à différentes activités: cours de dessin en architecture, conférence en astrophysique, visites de l'École d'optométrie et des locaux des services aux étudiants de l'École polytechnique ainsi que de musées montréalais.

Les mentors sont des étudiants de diverses disciplines, tant du baccalauréat que des deuxième et troisième cycles. «Durant leur formation au mentorat, on insiste surtout sur la qualité des liens qui se nouent entre l'élève et son mentor, mentionne Catherine Labbé. Nous les invitons donc à se rencontrer de temps à autre, à faire par exemple du sport. La question scolaire vient généralement plus tard, une fois la complicité bien établie.»

«Grâce à des efforts constants pour inciter les étudiants à devenir mentors, le nombre de bénévoles a doublé cette année, indique sa collègue Anne Lassonde, coordonnatrice du projet SEUR et diplômée du Département de communication. Cela permet d'offrir le service de jumelage à deux fois plus de jeunes garçons en difficulté comparativement à l'an dernier.»

Actuellement, seuls les élèves des écoles Lucien-Pagé, Jeanne-Mance, Père-Marquette, Évangeline, Cavelier-De LaSalle et Saint-Laurent bénéficient de ce programme financé par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du gouvernement du Québec et soutenu par l'Université de Montréal. On aimerait voir d'autres écoles secondaires de l'île de Montréal y adhérer. «Les besoins sont immenses, affirme Louis Dumont. Le taux de décrochage chez les garçons continue d'être un objet de préoccupation.»

Alors que le rideau tombe sur la deuxième année d'existence du programme de persévérance scolaire chez les garçons du secondaire, toute l'équipe du projet SEUR est d'attaque pour la prochaine étape. «Il nous faut sensibiliser et intéresser davantage de partenaires, et mobiliser plus d'étudiants de l'Université pour qu'ils s'engagent comme mentors auprès de ces garçons, dit-il, car le décrochage touche ces derniers tout particulièrement.»

Une cause dont le professeur Dumont n'est pas près de décrocher.

Dominique Nancy

 

Pour plus d'information sur le projet SEUR ou pour devenir mentor: www.seur.qc.ca.

 

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