La formation des futurs médecins passée au crible

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Andrée Boucher est convaincue que l’avenir de la médecine passe par une plus grande collaboration interprofessionnelle.Pour améliorer la formation qu'elles dispensent, les 17 facultés de médecine du pays souhaitent davantage privilégier l'approche par compétences et miser sur la collaboration interprofessionnelle. Elles s'engagent aussi à améliorer leurs processus d'admission et à valoriser la formation de généraliste, incluant la médecine familiale. Ainsi qu'à mettre un accent renouvelé sur la santé publique.

Voilà quelques-unes des recommandations formulées dans un rapport rendu public le 28 janvier à l'Université de Montréal, et dans les 16 autres facultés de médecine, et portant la griffe de l'Association des facultés de médecine du Canada. Le rapport est le résultat de trois années d'analyse et de consultation.

«Nous appuyons l'ensemble des recommandations du rapport, qui traduisent une vision cohérente de la situation et surtout bien centrée sur les besoins en santé de notre société», a commenté la vice-doyenne de la Faculté de médecine de l'UdeM, Andrée Boucher, qui a pris part à la démarche dès les débuts. Pour la Dre Boucher, qui est en outre responsable du Centre de pédagogie appliquée aux sciences de la santé, la véritable révolution en éducation médicale passe essentiellement par la pratique collaborative. «Il faut, dit-elle, amener les différents professionnels de la santé vers un réel travail d'équipe interprofessionnel pour élaborer des plans de soins axés sur le patient.»

La Dre Boucher a d'ailleurs signalé que la révision des programmes de la Faculté, afin d'y intégrer justement ce volet interdisciplinaire qui permet aux futurs médecins de rencontrer des étudiants en pharmacie ou en sciences infirmières pour ne nommer que ceux-là, était déjà bien entamée.

Processus d'admission

Le rapport recommande également que les facultés améliorent leurs processus d'admission afin de tenir compte de l'éventail de plus en plus large des compétences requises aujourd'hui.

«Les facultés doivent inclure l'évaluation des valeurs clés et des caractéristiques personnelles des futurs médecins – telles que les habiletés en communication, en relations interpersonnelles et en collaboration – ainsi que des aptitudes cognitives», y lit-on

Ce n'est pas tout. Le rapport presse les facultés d'avoir une meilleure représentativité des milieux socioéconomiques de leurs candidats. Comme il souhaite qu'un nombre plus élevé d'étudiants viennent des régions rurales et des collectivités autochtones.

«La diversification nécessaire dans les facultés de médecine comporte des dimensions comme l'ethnicité et la religion, le sexe et l'orientation sexuelle, la provenance géographique, la situation économique et un juste équilibre entre ceux qui aspirent à exercer dans une discipline généraliste ou spécialisée», dit le rapport.

Une autre recommandation importante porte sur la nécessité d'une formation générale plus solide, en opposition à une tendance à la spécialisation et à la surspécialisation. La mise en œuvre de cette recommandation, préviennent les auteurs du rapport, passera par l'élimination des obstacles, réels, à la formation de médecins généralistes, parfois subtilement dénigrés.

Il serait aussi pertinent de diversifier les lieux de stage afin que les étudiants aillent non seulement dans des milieux hospitaliers mais également dans des milieux communautaires.

P.d.R.

 

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