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L'UdeM offre le premier programme en victimologie au Canada

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Fabienne CussonPendant longtemps, les victimes d'actes criminels ont vécu dans la honte. Elles préféraient souvent le silence et l'abnégation plutôt que de se poser en victimes. Or, aujourd'hui, on assiste à tout un revirement de situation.

Être une victime, ce n'est plus une tare, ça peut même devenir un statut en soi. «On peut être invité à Tout le monde en parle pour témoigner de ses malheurs», analyse la criminologue Fabienne Cusson.

Pour s'adapter à cette nouvelle réalité, la Faculté de l'éducation permanente de l'Université de Montréal propose, depuis l'automne 2012, le Certificat en victimologie, une formation multidisciplinaire fondée sur les connaissances théoriques et pratiques du phénomène de la victimisation. Ce programme est, en fait, une refonte en profondeur du certificat Violence, victimes et société, qui existait depuis une quinzaine d'années, mais qui adoptait un point de vue plus théorique sur le phénomène.

Fabienne Cusson, responsable du nouveau certificat, a mené une large consultation auprès des chercheurs de l'École de criminologie de l'UdeM et des intervenants du milieu pour concevoir ce programme dont l'objectif est de former des gens qui auront à intervenir auprès des victimes d'actes criminels.

«L'UdeM a une longue tradition de recherche en matière de victimisation, domaine qui connait actuellement un dynamisme sans précédent. Il était temps que ces connaissances soient transmises aux étudiants par le premier programme universitaire en victimologie au Canada», affirme Mme Cusson.

La clientèle visée est constituée autant d'intervenants dans le milieu, comme des employés de maisons de transition, de maisons d'hébergement pour femmes en difficulté ou de centres jeunesse, que de gens ayant par exemple étudié en psychologie ou en criminologie et qui veulent approfondir leurs connaissances en victimologie. «C'est aussi un programme tout indiqué, entre autres, pour les policiers, qui doivent travailler tous les jours avec des victimes», dit Mme Cusson.

Cette formation propose un contenu qui ne se donne nulle part ailleurs. «On parcourt notamment la Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels, que même les juristes n'étudient pas», indique Mme Cusson. Cette connaissance est nécessaire pour accompagner les victimes dans leurs demandes d'aide et de réparation.

L'envers du crime

Qu'est-ce que la victimologie? C'est la branche de la criminologie qui s'intéresse aux victimes. «La victimologie commence quand il y a un délit», mentionne Mme Cusson. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas une science nouvelle. Mme Cusson, qui est la fille du réputé criminologue Maurice Cusson, rappelle que la regrettée Micheline Baril publiait en 1984 sa thèse de doctorat sur l'expérience des victimes, dont le titre était L'envers du crime. «Cependant, la victimologie fut longtemps le parent pauvre de la criminologie, dont les travaux portaient davantage sur les délinquants.»

Aujourd'hui, la victimologie est devenue un objet d'étude très important, qui se trouve bien ancré dans l'actualité. Des porte-paroles de victimes, comme le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, occupent le devant de la scène. Cette médiatisation a toutefois un effet pervers, estime Mme Cusson, car elle réduit le rôle des victimes à celui de revendicatrices d'un durcissement des peines. «Or, les victimes veulent être entendues et indemnisées, elles ne cherchent pas nécessairement une revanche. L'approche tough on crime n'est qu'une facette du phénomène de la victimisation», fait observer Mme Cusson, qui donne aussi le cours Violences criminelles du certificat.

Le programme en victimologie se donne aux campus de Montréal, de Longueuil et de Laval. Il est possible pour l'étudiant de le terminer en un an s'il suit tous ses cours sur le campus de la montagne ou s'il accepte de se déplacer sur les différents campus pour accumuler les 30 crédits le plus rapidement possible.

Simon Diotte
Collaboration spéciale

 

 

 

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