Richard Côté vit dans la rue. Il n'a pas passé d'examen de la vision depuis «au moins 13 ans». Quand il veut lire, il a besoin d'une loupe; aussi bien dire qu'il ne lit jamais. Lorsque les responsables de Mission Bon Accueil, à Montréal, ont proposé à leurs habitués de subir un examen de la vue et, au besoin, de recevoir gratuitement une paire de lunettes, il a saisi l'occasion. «Je suis très content de pouvoir retrouver une bonne vision», a-t-il lancé entre deux tests dans une salle de consultation de la Clinique universitaire de la vision de l'Université de Montréal, au 3744, rue Jean-Brillant, le 27 novembre dernier.
«Je vais lui prescrire des lunettes de lecture et il les recevra dans quelques jours», a indiqué Anh-Ton Tran, étudiant de quatrième année au doctorat en optométrie qui lui a fait passer son examen. Dans l'avant-midi, l'apprenti optométriste a examiné à lui seul trois itinérants. Au total, les étudiants et leurs superviseurs ont examiné 32 personnes à l'occasion de cette consultation lancée par la Division des collectivités et des partenariats du ministère fédéral des Ressources humaines et Développement des compétences.
«Nous avons procédé à une première phase du projet dans la région de Kitchener-Waterloo avec l'école d'optométrie de Waterloo, au début novembre, et nous voulions poursuivre avec l'Université de Montréal», a commenté le directeur de cette unité, Sean M. Crossan. En tout, plus de 60 personnes ont été examinées par les deux écoles universitaires et presque autant sont ressorties avec des lunettes neuves, offertes par deux entreprises canadiennes: Optique Centennial pour les montures et Superlab pour les lentilles.
«Au total, 10 étudiants sous la supervision de trois cliniciens ont participé à l'activité», a indiqué Pierre Forcier, directeur de la Clinique, qui reçoit annuellement 15 000 visites. Intégrées dans le processus d'apprentissage, les activités de la Clinique permettent aux étudiants de pratiquer leur métier durant les deux dernières années de leur formation.
Attention aux maladies oculaires
Les responsables de Mission Bon Accueil n'ont pas eu de difficulté à recruter les clients du jour, après avoir fait remplir à leurs habitués un questionnaire sur la santé oculaire. Plus de 70 personnes s'étaient portées volontaires. On a retenu les cas les plus urgents, qui ont été conduits à la Clinique en autobus. Ces gens reviendront au début du mois pour recevoir et faire ajuster leurs montures.
Au moment du passage de Forum dans les locaux de le Clinique, en milieu d'avant-midi, aucune affection particulière n'avait été diagnostiquée chez les patients examinés. «Mais nous nous attendons à des cas de glaucome ou de cataracte, car ces patients passent beaucoup de temps à l'extérieur et ils n'ont pas consulté de spécialistes de la vue depuis plusieurs années», a expliqué Nathalie Trottier, l'une des deux professionnelles qui supervisaient le travail des étudiants.
Anh-Ton Tran a confirmé que les patients ne présentaient pour la plupart que des anomalies bénignes. Mais il rappelle que toute personne devrait subir un examen de la vue chaque année afin de prévenir des maladies oculaires. Les torts causés par le glaucome, par exemple, sont irréparables. On peut, au mieux, stopper ses méfaits.
À l'École d'optométrie, on ne pouvait pas dire si cette intervention serait reconduite l'an prochain. «Pour l'instant, c'est un projet pilote», a dit M. Crossan.
Mathieu-Robert Sauvé
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