Éric Vandal n'aimait que la musique heavy metal quand il a découvert le gamelan à un concert de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Il a été conquis par la vitesse d'exécution, la puissance sonore, les rythmes syncopés et la complexité des textures de l'instrument-orchestre. «Ça m'a donné autant de frissons qu'un spectacle de metal», confie-t-il.
Il ajoute, rieur, que le gamelan est encore plus heavy metal que le genre qui porte ce nom. Effectivement, il s'agit d'un ensemble instrumental composé de multiples métallophones allant de l'imposant gong aux sonorités de basse aux xylophones qui tintent dans l'aigu. Codirecteur avec Nino Gabrielli de l'ensemble en résidence Giri Kedaton («montagne royale» en balinais), Éric Vandal n'a jamais cessé de se passionner pour le gamelan, au point d'en faire l'élément central de ses études de maitrise et de doctorat (en cours) en ethnomusicologie.
Avec Projet Bali X, Giri Kedaton signe son premier disque, un panorama en sept morceaux des sonorités de ces percussions balinaises. Pour son 15e anniversaire, le groupe formé de plus de 26 musiciens de la Faculté et de l'extérieur présente des pièces traditionnelles et des compositions contemporaines. «C'est ce qui est intéressant avec le gamelan. Il est au service des traditions, mais on continue de l'utiliser pour des créations de notre temps», mentionne Nino Gabrielli, un diplômé en musique lui aussi, qui occupe un poste de commis à la Bibliothèque des lettres et sciences humaines.
Des musiciens aujourd'hui reconnus dans le secteur de la musique populaire (comme Vincent Peak et Jean-Sébastien Nicol) ont fait leur marque au sein de Giri Kedaton. Anecdote intéressante, Gabriel Evangelista, le fils du fondateur de l'Atelier de gamelan, José Evangelista, figure parmi les musiciens. Comme son père d'ailleurs.
Deux soirs par semaine, les lundis et mercredis, le groupe se retrouve pour les répétitions sur le gamelan (le seul au Québec) et peut compter cette année sur la présence d'un compositeur balinais, professeur invité à la Faculté de musique, I Dewa Made Suparta.
Lorsqu'on assiste à une répétition de l'ensemble, on est frappé par la virtuosité des musiciens qui n'ont devant eux aucune partition mais qui ne se livrent pourtant à aucune improvisation. «La musique est dans la tête du compositeur et c'est à lui de transmettre directement aux musiciens ce qu'il attend d'eux, explique Éric Vandal. Il se place directement devant un percussionniste et joue sa partie à l'envers.»
Don de l'ambassade d'Indonésie
Le gamelan que possède la Faculté de musique est un gamelan gong kebyar offert par l'ambassade d'Indonésie à la suite de l'Exposition universelle de 1986 à Vancouver. Dès 1988, on a mis sur pied des ateliers de gamelan qui continuent, plus de 20 ans après, à attirer les étudiants en musique.
Fondé par Sylvain Mathieu, le groupe Giri Kedaton est né de ces ateliers afin de faire connaitre la musique balinaise au public montréalais. C'est en 2002 qu'il a obtenu le statut d'ensemble en résidence, ce qui lui donne un accès au gamelan et à un local pour l'administration. Le groupe donne environ 10 concerts par an.
On peut se procurer le disque Projet Bali X chez Archambault, à Montréal, ou en format numérique sur iTunes et Zik.ca (voir <www.espace-emergence.com/giri-kedaton-projet-bali-x.html>.
Mathieu-Robert Sauvé
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- Gamelan : un premier disque pour Giri Kedaton (Durée : 2 min 55 s)
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