Le Centre d'exposition de l'Université de Montréal présente, à l'occasion des commémorations du drame survenu à l'École polytechnique il y a 20 ans, une rétrospective des actions menées par des groupes ou des individus du Québec pour contrer la violence faite aux femmes. «Nous avons voulu porter un regard positif sur l'évolution du mouvement depuis le 6 décembre 1989», explique Andrée Labrie, coordonnatrice de la diversité à l'Université, qui a rassemblé avec la directrice du Centre, Louise Grenier, une centaine d'affiches et de documents.
On y découvrira des bilans de l'évolution de la condition féminine, des activités de promotion des femmes dans les secteurs professionnels non traditionnels et des manifestations contre toutes les formes de violence à l'égard des femmes. Une place est faite aux initiatives visant le contrôle des armes à feu, dont plusieurs ont pris naissance à la suite de la tragédie.
On y parle aussi des Bourses du 6-décembre, lancées en 2005 par le Comité permanent sur le statut de la femme de l'Université afin de soutenir la recherche sur les meilleurs moyens d'enrayer la violence envers les femmes. D'une valeur de 5000 $, ces bourses sont offertes à des étudiants à la maitrise ou au doctorat selon la qualité du dossier scolaire, la qualité scientifique du projet et sa pertinence au regard des enjeux liés à la violence à l'endroit des femmes.
«Cette exposition inédite est un panorama de la lutte des femmes depuis 1989», souligne Mme Grenier. Une quarantaine d'organismes y sont représentés. On n'y montre aucune œuvre d'art, mais des documents témoignant de «20 ans d'actions». On peut y voir des affiches, des teeshirts imprimés («Pour un campus libre de harcèlement», du Bureau d'intervention en matière de harcèlement, 2009), des dépliants, brochures, livres, journaux et revues, et même un film sur les femmes qui ont marqué l'histoire de l'UdeM.
Intolérable tolérance
Une section de l'exposition est consacrée au lancement, en 2007, de la Semaine contre la violence faite aux femmes. La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, rappelait dans son discours que, cette année-là, 17 843 infractions et agressions contre la personne avaient été commises dans un cadre conjugal, ce qui représente près de 22 % de toutes les plaintes pour crimes contre la personne enregistrées par les corps policiers québécois. «C'est assez difficile à croire, affirmait Mme St-Pierre, mais il y a encore une tolérance sur la question de la violence conjugale et il faut briser cette tolérance.»
L'exposition s'étend sur quatre zones: moments de l'histoire des femmes, commémoration du 6 décembre, présence des femmes en sciences et en technologies et actions pour contrer la violence. On a mis l'accent sur des initiatives peu connues. Par exemple, Oxfam-Québec tient depuis 1991 la campagne 16 jours d'activisme contre la violence faite aux femmes. Cette campagne internationale, qui se déroule du 25 novembre au 10 décembre «contribue à sensibiliser le public sur toutes les formes de violence faite aux femmes et ses effets au niveau global».
Avec cette rétrospective, le Centre d'exposition remplit l'un de ses mandats, qui est de faire connaitre les savoirs et les savoir-faire issus de la communauté universitaire et de ses partenaires, indique Mme Grenier. Il assume également sa mission de formation, car des étudiantes désireuses d'acquérir une formation pratique en complément de leurs cours ont participé à l'une ou l'autre étape de sa réalisation.
M.-R.S.
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