Lancement de l'Observatoire du cinéma au Québec

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La première version cinématographique de Maria Chapdelaine mettait en vedette Jean Gabin et Madeleine Renaud.Une nouvelle unité de formation et de recherche est née la semaine dernière à l'Université de Montréal, l'Observatoire du cinéma au Québec (OCQ). Fruit d'une initiative du professeur André Gaudreault et du cinéaste Denis Héroux, l'OCQ regroupera les diverses activités du secteur cinéma du Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques afin de mieux soutenir, encourager et diffuser la recherche sur le cinéma au Québec.

«Nos activités ne seront pas limitées au cinéma québécois, mais celui-ci sera à l'honneur», a précisé André Gaudreault à l'ouverture officielle de l'Observatoire le 2 février à eXcentris.

De Maria Chapdelaine... à Maria Chapdelaine

Même si le baptême est tout récent, l'OCQ a déjà des réalisations à son actif. Un séminaire international, offert conjointement avec l'Université Sorbonne nouvelle-Paris 3, a été consacré à l'étude comparative de deux versions cinématographiques du roman de Louis Hémon Maria Chapdelaine. Les étudiants de Montréal et de Paris étaient en communication par vidéoconférence et pouvaient assister simultanément aux exposés et analyses présentés de part et d'autre de l'Atlantique.

La première version cinématographique de Maria Chapdelaine a été réalisée par le Français Julien Duvivier en 1934 avec Jean Gabin dans le rôle de François Paradis, l'amant de Maria. «Ce fut le premier film d'un réalisateur français tourné au Québec et il a connu un succès international considérable, a affirmé Michel Marie, professeur à l'Université Sorbonne nouvelle. C'est le film qui a fait connaitre Jean Gabin.» Madeleine Renaud y jouait le rôle de Maria.

André GaudreaultLa seconde version est celle de Gilles Carle, tournée en 1983 avec Carole Laure dans le rôle-titre. L'actrice a d'ailleurs participé au séminaire en relatant cette expérience qui a été marquante pour elle. Des extraits des deux films ont été présentés au lancement de l'OCQ et le public a pu constater tout le chemin parcouru en 50 ans sur le plan du langage cinématographique. La couleur aidant, la Maria Chapdelaine de 1934 avait abandonné un peu de sa réserve et dégageait davantage de sensualité en 1983.

Au cœur du cinéma québécois

Une autre activité au crédit de l'OCQ est la diffusion, sur le Canal Savoir, de la série Au cœur du cinéma québécois. Il s'agit d'une suite d'entretiens conduits par Denis Héroux avec des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes et des acteurs qui ont participé à la réalisation d'un film québécois sorti au cours de l'année. «Nous voulons aller au fond des choses avec chacun de ces intervenants et les entretiens, auxquels assistent et prennent part les étudiants, durent deux heures», souligne le cinéaste, qui a la charge du cours La production cinématographique au Québec. Treize émissions, d'une durée de une heure chacune, seront diffusées durant l'hiver. On pourra notamment entendre les propos de Michel Côté, Xavier Dolan, Philippe Falardeau, Roger Frappier, Luc Picard et Fabienne Larouche.

Denis HérouxDu côté de la recherche, l'OCQ prépare pour mars 2011 un colloque international pour marquer les 50 ans de la Nouvelle Vague française, représentée entre autres par les cinéastes François Truffaut, Jean-Luc Godard, Éric Rohmer et Claude Chabrol. Cet anniversaire coïncide avec les 50 ans du cinéma direct québécois dont les artisans furent Pierre Perrault, Jacques Brault, Claude Jutra et Gilles Groulx.

L'OCQ chapeautera également les activités du Groupe de recherche sur l'avènement et la formation des institutions cinématographique et scénique, qui poursuit depuis 15 ans le dépouillement de tout ce qui concerne le cinéma dans la presse écrite du Québec. La base de données, qui compte plus de 20 000 documents et qui est en croissance constante, peut être consultée à la Cinémathèque québécoise.

Pour compléter le site Internet «Le cinéma au Québec au temps du muet», qui met en valeur cette période à l'aide de documents d'archives, l'OCQ travaille à la mise en place d'un second site qui présentera l'histoire du cinéma parlant, de son origine jusqu'à l'arrivée de la télévision.

Daniel Baril

 

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