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Dialogues des carmélites: lorsque l'opéra rencontre la révolution et la spiritualité

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Mme Colletta, soprano interprétant Mme Lidoine, la nouvelle prieure; le baryton Julien Horbatuk, qui incarne le marquis de la Force; la soprano Anne-Marie Suire, qui est Blanche de la Force; et le ténor Adrian Rodriguez Sterling, qui joue le chevalier de la Force.Pour souligner le cinquantenaire de la mort de Francis Poulenc, l'Atelier d'opéra et l'Orchestre de l'Université de Montréal (OUM) s'imprègneront du mysticisme et de l'humanité exacerbée de l'œuvre phare du compositeur, Dialogues des carmélites. Cet opéra, créé vers la fin de sa vie, en 1957, sera présenté le 28 février ainsi que les 1er et 2 mars à la salle Claude-Champagne.

«Nous célèbrerons dignement cet anniversaire avec le chef-d'œuvre de Poulenc, qui est d'une profondeur inouïe, d'une force dramatique incroyable», affirme le chef de l'OUM, Jean-François Rivest.

L'œuvre puise cette intensité à même les tumultes de l'histoire, puisqu'elle s'inspire de la réelle condamnation des carmélites de Compiègne lors de la Révolution française. Jugées coupables de «fanatisme et sédition», elles furent guillotinées sur la place publique à Paris en 1794.

L'opéra Dialogues des carmélites a été composé à partir du texte éponyme de l'écrivain français Georges Bernanos. «Comme l'Université de Montréal est une université francophone, c'est d'autant plus intéressant de présenter un opéra en français, croit le chef d'orchestre. C'est un projet de grande envergure, réalisable mais extrêmement difficile parce qu'il est plus proche du parlé que du chanté.»

La peur est une émotion centrale qui habite et hante les personnages. «La peur de la Révolution, la peur de la mort sont omniprésentes, notamment chez la première prieure, Blanche, qui y réfléchit toute sa vie, souligne Jean-François Rivest. Finalement, on assistera à la transfiguration de Blanche.»

Les femmes à l'honneur

La Journée internationale de la femme arrive à grands pas et Dialogues des carmélites met la gent féminine à l'honneur avec ses 16 rôles de religieuses.

La soprano Geneviève Colletta incarnera Mme Lidoine, la nouvelle prieure, un personnage important de l'opéra.

«C'est le rôle le plus sérieux, le plus dénué de poésie et le plus calme que j'aie interprété jusqu'à maintenant parce que ce genre de rôle est plutôt rare pour une soprano, souvent plus légère, amoureuse dans ses incarnations», observe Geneviève Colletta, étudiante au diplôme d'études professionnelles approfondies en interprétation à la Faculté de musique de l'UdeM.

Mme Lidoine est ainsi une femme qui assume de grandes responsabilités. «Elle est là pour sa communauté jusqu'à la fin. Elle est très humaine. L'humanisme est d'ailleurs très présent dans cette œuvre. On y voit de grands moments de force humaine, de courage», explique la jeune soprano. «Les femmes sont au cœur de l'œuvre, elles lui donnent toute sa force, confirme le chef. Il y a aussi des rôles masculins importants, mais ils sont un peu plus satellites.»

Le chef et la soprano assurent, toutefois, qu'aucune des chanteuses de cette production ne tente de voler la vedette aux autres. «Il n'y a pas de chicane! Ce n'est pas un opéra avec des moments de “flash” pour se mettre en valeur. C'est vraiment une œuvre tout en profondeur», dit Jean-François Rivest.

Un travail de collaboration

On peut parfois imaginer qu'un chef d'orchestre décide de tout dans une production qu'il dirige et que les chanteurs n'ont qu'à le suivre. Pourtant, le travail, dans ces Dialogues, a été très collégial. «Les solistes doivent avoir une énergie rythmique qui permet à la musique de fonctionner, indique Jean-François Rivest. Si le chant est à la remorque du chef d'orchestre, tout devient bancal. Pour les chanteurs, ça peut être terrorisant de se retrouver devant un orchestre et le chef, mais les interprètes doivent trouver la force pour tirer toute cette machine vers l'avant.»

«Nous avons une très belle collaboration avec le chef, il nous laisse participer à la création, signale Geneviève Colletta. C'est très valorisant parce qu'il vient valider nos décisions en matière d'interprétation. Nous sommes des étudiants, mais des étudiants qui font des choix, qui ont des personnalités.» Ces jeunes vivront une proximité toute particulière, puisque l'opéra compte une vingtaine de rôles, sans oublier la soixantaine de musiciens de l'OUM. La scénographie permettra aux chanteurs de se produire sur une mezzanine surplombant les musiciens.

La mise en scène, signée François Racine, misera sur la simplicité et le naturel afin de rendre crédible le drame vécu par les protagonistes. «C'est une très belle mise en scène, très terre à terre, qui garde contact avec le côté humain de l'œuvre», déclare Geneviève Colletta.

La jeune chanteuse, née d'un père italien qui lui a fait découvrir l'opéra, s'envolera d'ailleurs pour l'Italie l'été prochain. Elle y interprètera le rôle de Donna Anna dans la production de Don Giovanni de l'Accademia Europea dell'Opera de Lucques. «Je commence vraiment à toucher à des rôles intéressants», confie la soprano de 24 ans. À la salle Claude-Champagne, elle sera l'une des étoiles montantes que nous permettront de découvrir les Dialogues des carmélites.

Martine Letarte
Collaboration spéciale

 

 

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