Geneviève Bois, première ministre du Québec

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«Le PJQ est une expérience extraordinaire qui nous permet de nous familiariser avec les rouages de l'Assemblée nationale et d'accroitre nos habiletés à nous exprimer en public», affirme Geneviève Bois. Pendant toute une semaine, Geneviève Bois a été première ministre du Québec. Occupant le siège de Jean Charest à l'Assemblée nationale, elle a dirigé ses ministres, consulté ses députés, proposé ses réponses à l'opposition officielle. Telle une véritable parlementaire, elle a rogné sur ses heures de sommeil afin de bien connaitre ses dossiers en vue des séances de travail. «On en sort épuisé mais satisfait», dit la jeune femme de 21 ans, qui a repris ses études à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal après cette expérience mémorable au Parlement jeunesse du Québec (PJQ).

«La première fois que je suis entrée dans le Salon bleu, j'étais vraiment impressionnée. Et, lorsque je me suis assise pour la première fois à la place du premier ministre, j'ai réalisé la chance inouïe que j'avais. Il n'y a pas tant de gens que ça qui ont pris la chaise de premier ministre du Québec et encore moins qui avaient véritablement le titre! Tout à coup on sent un poids sur les épaules, une grande responsabilité», relate l'étudiante.

Comme elle, une centaine de jeunes se sont livrés à un exercice de simulation dans le Salon bleu du parlement de Québec du 26 au 30 décembre dernier. À l'instar des simulations de l'Organisation des Nations unies, l'exercice se veut formateur sur le plan politique. «Chaque participant a un rôle à jouer à titre de député d'un parti au pouvoir ou de l'opposition ou comme reporteur au journal La Colline», poursuit l'étudiante, qui en était à sa cinquième année de participation à cette activité annuelle lancée il y a 60 ans.

Plusieurs députés et ministres, dont Jack Layton, Bernard Landry, Robert Bourassa et Brian Mulroney, ont fréquenté les bancs du PJQ. Ils ont ainsi fait l'apprentissage de la démocratie parlementaire québécoise, entreprenant en quelque sorte un parcours initiatique vers le monde politique au Québec.

Développer ses habiletés oratoires

Le Parlement jeunesse du Québec est composé exclusivement de jeunes. (Photo: PJQ)Sur les lieux, les jeunes sont appelés à prendre position sur quatre projets de loi qu'ils élaborent et débattent. Puisqu'il n'y a pas de partisanerie, chacun vote selon sa conscience, ce qui permet à tout le monde de s'exprimer. Une nette différence avec la réalité! Selon Geneviève Bois, c'est tant mieux «parce qu'on peut plus facilement formuler des idées neuves, et spontanément». Et, même s'il n'y a pas de ligne de parti, les anciens ont quand même une certaine autorité et l'on tente de vaincre les préjugés.

Cette année, les députés en herbe ont débattu des projets de loi relatifs à l'éducation, à la santé publique préventive, au crédit aux particuliers et à la réforme des institutions. «Chaque fois, on tente de rédiger des projets de loi novateurs et controversés, indique Geneviève Bois. Les débats sont alors plus enlevants.»

Le PJQ est une organisation composée exclusivement de jeunes et ne fait partie d'aucun cours universitaire. D'où vient donc la motivation? «La première année, c'était par curiosité, répond Geneviève Bois. Puis, je me suis laissée prendre au jeu.» Étant donné qu'on ne peut revenir au même poste d'une année à l'autre, l'étudiante a grimpé chaque échelon jusqu'à celui de premier ministre.

Pour la future médecin qui confie n'avoir aucune ambition politique, les simulations permettent d'expérimenter ce qu'il y a de plus proche d'une vraie séance de l'Assemblée avec tout ce que cela implique: recherche, étude, préparation des projets et des argumentations... Ce travail demande une planification minutieuse. «Cela en vaut vraiment la peine. C'est l'occasion parfaite pour développer ses habiletés oratoires et apprendre à défendre ses idées», mentionne l'étudiante, qui s'intéresse à tous les aspects préventifs de la santé.

Dominique Nancy

 

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