«L'Université n'est pas qu'un établissement d'enseignement où l'on forme des professionnels; c'est aussi un milieu de vie qui doit être alimenté par la culture, les arts et de multiples formes de soutien au projet d'études des étudiants», dit Jean-Louis Richer, directeur général des Services aux étudiants (SAE) de l'Université de Montréal.
Véritable entreprise à l'intérieur de la communauté universitaire, les SAE regroupent quelque 70 employés à temps plein et des centaines de contractuels. Avec un budget de neuf millions de dollars, on y soigne des patients, on accorde des bourses, on y fait du théâtre, de la danse, du cinéma; on y accueille des étudiants étrangers, on aide des étudiants handicapés à prendre des notes de cours... Cinquante-sept pour cent du budget provient des cotisations étudiantes, 27 % du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, et 16 % de la tarification des services offerts. Autofinancés, les SAE ne présentent aucun déficit.
«Nous pouvons dire que le climat est bon entre les représentants étudiants et nous, commente le directeur général. Nous sommes actuellement en phase d'évaluation de nos services et de négociation relativement à notre budget, mais les SAE ne sont pas près de disparaitre.»
En poste depuis juin 2009, M. Richer est conscient d'être arrivé après une période tumultueuse où certains volets des SAE ont été restructurés. On a craint notamment, en 2008, la fermeture définitive du Centre d'essai, un théâtre de 200 places du pavillon J.-A.-DeSève où se produisent la plupart des artistes des diverses troupes de l'UdeM et où ont lieu les projections cinématographiques. Recevant près de 14 000 spectateurs annuellement, le Centre d'essai avait été rénové dans les années 90.
C'est dans cette salle que les représentations d'UdeM en spectacle se sont déroulées en mars dernier. Jean-Louis Richer y a assisté. «C'était d'un très fort calibre. On y a vu des spectacles de grande qualité», indique ce mélomane averti.
Quatre directions
Administrativement regroupés sous quatre directions (accueil et intégration; ressources socioéconomiques; soutien aux études et développement de carrière; et Centre de santé et de consultation psychologique), les SAE bénéficient de la hausse de l'effectif étudiant observée depuis quelques années à l'UdeM. «Comme nous sommes financés en fonction des crédits de cours, une augmentation des inscriptions est une bonne nouvelle pour nous. Mais le financement pérenne des Services n'est toujours pas assuré.»
Des besoins nouveaux se font sentir. Ainsi, on voit arriver à l'université des personnes atteintes de handicaps comme l'autisme ou la dyslexie. «Nous venons en aide depuis longtemps aux étudiants qui ont des problèmes de vision ou de mobilité en offrant des services de prises de notes ou de transport adapté. Mais une nouvelle clientèle constituée de personnes aux prises avec des troubles d'apprentissage est apparue.»
M. Richer fait remarquer que le concept juridique d'accommodements raisonnables s'appliquait aux personnes handicapées bien avant d'être étendu au domaine religieux. Il permettait à un établissement public de d'adapter à une situation exceptionnelle sans remettre en question son fonctionnement global. «L'exemple type est l'interdiction d'animaux dans les salles de cours. Peut-on “accommoder” un aveugle avec son chien-guide? Oui, bien sûr.»
Par ailleurs, les SAE peuvent accompagner les étudiants durant leur parcours scolaire et les renseigner sur le marché du travail grâce au Centre de soutien aux études et de développement de carrière. Emploi, information scolaire et professionnelle, orientation et soutien à l'apprentissage sont les axes d'intervention du Centre. Des ateliers sur le réseautage, la rédaction du curriculum vitæ, la préparation à l'entrevue, l'intégration du marché du travail québécois, entre autres, sont organisés chaque trimestre pour aider les futurs diplômés dans leur recherche d'emploi.
Dans le secteur de l'aide financière, qui touche à toutes les questions relatives aux prêts et bourses, les SAE ont la responsabilité de gérer 200 programmes de bourses d'études.
Avec environ 18 000 consultations par année, le Centre de santé et de consultation psychologique, au 2101, boulevard Édouard-Montpetit, offre des services à la communauté universitaire. Auparavant ouverte à la population extérieure du campus, la clinique a revu son mandat dans la dernière année et ne dessert plus maintenant que les étudiants et le personnel de l'UdeM et de ses écoles affiliées.
Affaire de famille
Père de deux diplômés de l'Université de Montréal (Jean-Michel, qui a incarné don Giovanni à l'Atelier d'opéra en 2009 et qui a fait son baccalauréat en musique, et Mathieu, qui a étudié en droit), Jean-Louis Richer a lui-même fait ici des études de premier cycle en mathématiques et de deuxième cycle en informatique. Après quatre années passées à Paris à titre de chercheur en informatique musicale, il s'est joint à l'équipe des services informatiques de l'UQAM. Il y est resté... 28 ans.
«C'est pour moi un retour au bercail en raison non seulement de l'Université mais aussi du quartier. J'ai grandi rue Lacombe et j'ai fréquenté l'école primaire de la rue Darlington, où se trouve aujourd'hui la Faculté de l'aménagement. J'ai toujours gardé un sentiment d'attachement très fort pour l'UdeM.»
Le directeur général rappelle que les SAE sont au cœur de la vie des étudiants, dès leur arrivée sur le campus avec les activités d'accueil et jusqu'à la toute fin de leur parcours scolaire avec les ateliers de préparation au marché du travail.
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Mathieu-Robert Sauvé
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