Carnet du doyen, Twitter, dépliants conçus pour le Web, la Faculté des arts et des sciences (FAS) donne un coup de barre à ses communications.
«C'est un défi, mais nous voulons changer notre image. Nous devons travailler sur notre manière de communiquer. Nous pouvons offrir d'excellents programmes, mais, si nous sommes trop discrets, les étudiants ne le sauront pas», souligne Gérard Boismenu, qui a pris la direction de la FAS il y a un an et s'est entouré d'une nouvelle équipe. Avec Louise-Hélène Richard, vice-doyenne au recrutement et aux communications et secrétaire de la Faculté, M. Boismenu a piloté une réflexion en profondeur sur les messages que la FAS transmettait et sur la manière dont elle les transmettait. En d'autres termes, les étudiants recevaient-ils ces messages? Pas toujours.
«Les étudiants ne s'intéressent pas aux annuaires [des programmes] comme source d'information, résume Mme Richard. Nous avons abandonné certains dépliants et en avons produit de nouveaux, au contenu moins descriptif et davantage axés sur des points saillants captant l'intérêt de l'étudiant, qui renvoient aux sites des départements pour une information complète.»
Ce dépoussiérage de l'image vient aussi avec un message repensé. Un accent particulier est mis sur l'interdisciplinarité et les nombreux programmes combinés. Avec ses 26 départements qui accueillent 40 % de l'effectif étudiant de l'Université, la Faculté est bien placée pour multiplier les combinaisons de programmes, de plus en plus populaires auprès des étudiants.
L'UdeM, note le doyen de la FAS, est souvent vue comme une excellente université mais peu moderne. Encore là, il y a moyen de corriger le tir. «Nous n'avons pas à être les derniers du défilé.»
D'où la décision d'adopter Twitter, un outil de réseautage et de microblogage qui permet à l'utilisateur d'envoyer des messages brefs par courriel, messagerie instantanée ou SMS. Seuls les abonnés reçoivent les messages, mais, en période de recrutement, des étudiants peuvent avoir le désir de s'inscrire à ce site.
En s'installant sur Twitter, la FAS n'invente rien, précise M. Boismenu. En fait, au moins sept universités québécoises recourent à Twitter, ainsi qu'un bon nombre d'établissements canadiens et bien sûr américains. «Nous sommes de notre temps», signale Louise-Hélène Richard.
La grande majorité utilise Twitter non pas pour échanger des messages mais pour informer. Les universités y diffusent généralement des nouvelles (attribution de prix, nominations, création de nouveaux programmes par exemple), déjà accessibles sur certains de leurs sites. En ce sens, il s'agit d'un canal d'information supplémentaire. Et c'est bien ainsi que la direction de la FAS voit la chose.
«Twitter est synonyme de nouvelle très courte. C'est une manière additionnelle d'interpeler les étudiants, dit le doyen de la FAS. Ce mode de diffusion ne peut pas remplacer la liste des adresses courriel des étudiants d'un cours.»
Aux États-Unis, une enquête du U.S. News and World Report confirme que, depuis son arrivée il y a quatre ans, des dizaines d'universités américaines ont adopté Twitter. Celles qui connaissent le plus de succès sont les plus prestigieuses ou les plus populeuses.
Le doyen a son carnet
«Nous allons tester cet outil», indique M. Boismenu, qui avec son carnet a un pied dans la nouvelle sphère des communications.
Le carnet, qui figure sur la page d'accueil de la FAS, permet au doyen de donner son opinion sur des enjeux ou des activités. Il a ainsi formulé des commentaires sur la philanthropie et sur l'excellence au lendemain d'une remise de bourses à des étudiants.
Le doyen admet qu'au début ses billets étaient un peu longs. Mais il s'adapte chaque jour un peu plus à ces outils censés inviter au dialogue. Et il y prend beaucoup de plaisir.
Paule des Rivières
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