Une étape cruciale vient d'être franchie dans le projet du campus à Outremont. Les gouvernements fédéral, provincial et municipal ont en effet annoncé le 3 septembre que les 120 M$ nécessaires à la revitalisation de l'ancienne gare de triage étaient désormais réunis.
«Nous franchissons une étape décisive dans la réalisation du plus important projet de développement depuis que l'Université s'est établie sur le mont Royal, s'est réjoui le recteur, Luc Vinet. La voie est maintenant ouverte à l'implantation de notre campus à Outremont, où nous pourrons enfin offrir à tous nos étudiants et à tous nos professeurs des installations de qualité et, du coup, désengorger les unités logées sur la montagne.»
Dans une annonce commune faite sur le terrain de l'ancienne gare de triage, Christian Paradis, ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux du Canada, Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire du Québec, et Raymond Bachand, ministre des Finances du Québec et député d'Outremont, ont confirmé leur appui aux travaux majeurs de revitalisation du site et de son environnement. La Ville accordera 60 M$ et les deux autres paliers de gouvernement 60 M$ également.
Ces investissements permettront d'enclencher la première phase des travaux, qui devrait s'étendre sur un an et demi. Ces travaux comprennent le démantèlement des voies ferrées de l'ancienne gare de triage, vraisemblablement cet automne, la décontamination des sols à la fonte des neiges, puis la construction d'un nouveau corridor ferroviaire, d'un passage pour les véhicules sous ce corridor et d'un passage piétonnier sous la voie ferrée vers la station de métro Acadie, ainsi que l'aménagement de bassins de rétention.
Par la suite, les travaux d'infrastructures souterraines (réseaux d'égout et d'aqueduc) et de voirie pourront être entrepris.
L'Université est propriétaire du terrain de la gare, qui fait 18 hectares, depuis 2006. Pour combler le manque d'espace de son campus principal, elle projette d'y ériger un campus dont la construction s'échelonnera sur de longues années.
Plusieurs étapes de consultation et d'approbation de financement devront au préalable être franchies.
À terme, l'UdeM estime qu'environ 15 % de son effectif étudiant se trouvera sur ce nouveau campus. Les premiers étudiants pourraient s'y installer en 2014.
À ce sujet, le recteur a rappelé que l'Université manquait cruellement de place à l'heure actuelle.
À ceux qui font valoir que le vieillissement de la population rend moins indispensable l'implantation d'un nouveau campus, M. Vinet répond que le besoin d'espace pour la recherche, déjà criant, augmente sans cesse; il fait aussi remarquer que la population de la couronne Nord est en hausse et que ses jeunes fréquentent majoritairement l'UdeM. Il ajoute que l'Université et le Québec doivent accroitre le pourcentage de jeunes âgés de 18 à 25 ans qui font des études universitaires, taux qui stagne actuellement à 20 %.
Un campus vert, urbain et moderne
Rappelons que les projets de l'Université ne se limitent pas à la construction de pavillons, loin de là. À l'instar d'un certain nombre de campus modernes, ils s'inscrivent dans une trame urbaine et incluent une réelle revitalisation d'un quartier quelque peu laissé à l'abandon. Logements et parcs sont donc au menu.
En fait, c'est tout le quartier qui sera revitalisé avec de nouvelles voies d'accès et la transformation en espaces verts des vestiges industriels.
«Partout dans le monde, les villes se réapproprient les vestiges de leur passé industriel pour les transformer en nouveaux espaces urbains, a dit le recteur à l'annonce du financement. Paris a fait de la gare d'Orsay un musée unique; New York a gazonné la High Line, une ligne de métro abandonnée dans le quartier de Meatpacking District, pour en faire une promenade verte surélevée.» Et, à Montréal, le quartier Angus et la Tohu constituent de belles illustrations de conversion de zones désaffectées, a-t-il ajouté.
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