Prix de l'Acfas : une spectaculaire récolte

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L'Université de Montréal, incluant l'école affiliée HEC Montréal, s'est illustrée de façon spectaculaire au gala des Prix de l'Acfas 2009, qui s'est tenu le 8 octobre, en récoltant cinq des huit récompenses destinées aux chercheurs. Les étudiants ne sont pas en reste, puisque trois ont obtenu des prix pour l'excellence de leur thèse et deux des prix de vulgarisation.

Alain Caillé, Isabelle Peretz, Jean-Guy Vaillancourt, Yoshu Bengio et Suzanne Rivard sont les chercheurs honorés. Chez les étudiants, ce sont Karine Cellard, Anne Lise Broadbent et Anne Gallagher. Pour leur part, Fabienne Samson et Marie-France Marin ont remporté le concours de vulgarisation scientifique.

Prix Adrien-Pouliot

Coopération scientifique avec la France

Alain Caillé, professeur retraité de l'Université

Naviguant entre la physique, la chimie et la biologie, ce chercheur examine avec attention les structures de la matière condensée. Son regard s'attache aux propriétés mesurables des solides, liquides, verres et polymères. Son étude sur les cristaux liquides, par exemple, l'a mené à une théorie de la physique fondamentale si marquante qu'elle porte aujourd'hui son nom. Cette théorie, caractérisée par les «exposants de Caillé», figure désormais dans de nombreux manuels d'enseignement. Mais, surtout, nous saluons ici la qualité des liens scientifiques qu'il a su tisser avec l'Hexagone.

À partir de 1998, en tant que membre de la haute direction de l'Université de Montréal, il multiplie les relations institutionnelles entre les universités et groupes de recherche français les plus prestigieux et l'UdeM et ses partenaires québécois. Il met sur pied plusieurs projets majeurs de collaboration avec les meilleurs établissements universitaires de France, notamment par la création de laboratoires internationaux et d'équipes de recherche entre la France et le Québec, dans les domaines autant des sciences physiques que des sciences de la santé.

Prix Jacques-Rousseau

Multidisciplinarité

Isabelle Peretz, professeure au Département de psychologie

Pourquoi notre espèce est-elle la seule qui soit sensible à André Mathieu? Y a-t-il des liens entre nos capacités à comprendre une langue maternelle et la musique? Ces mélodies s'inscrivent-elles sur une portée neurobiologique? Longtemps, la musique a été considérée comme un art exclu du domaine des sciences. Plus maintenant. En combinant psychologie, neurosciences et musicologie, la lauréate a révélé les fondements biologiques de notre plaisir musical.

Les travaux de cette musicienne amateur mènent à des découvertes cruciales, entre autres sur les fondements neurogénétiques de ces dysfonctionnements.

Isabelle Peretz s'intéresse également aux réponses émotionnelles quasi universelles qu'engendrent certaines formes musicales.

Afin de diffuser ses connaissances et de continuer à innover, elle crée en 2005, en collaboration avec Robert Zatorre, de l'Institut neurologique de Montréal, et des collègues des universités McGill et Concordia, un laboratoire de recherche de renommée mondiale, le BRAMS (International Laboratory of Brain, Music and Sound Research).

Prix Michel-Jurdant

Sciences de l'environnement

Jean-Guy Vaillancourt, professeur retraité du Département de sociologie

Ce sociologue explore depuis plus de 30 ans les grandes questions environnementales, des changements climatiques aux énergies renouvelables. Ce prix lui est particulièrement destiné du fait qu'avec Michel Jurdant lui-même, écologiste de la première heure, il a rassemblé les forces de la recherche pour s'attaquer aux problèmes écologiques, et ce, dès les années 70. Pionnier de l'«écosociologie», terme qu'il a introduit dans son discours en 1982, il a aussi encouragé l'engagement multidisciplinaire des chercheurs en sciences sociales et en sciences naturelles ainsi que la solidarité internationale, interuniversitaire et intergénérationnelle.

Chercheur chevronné, auteur prolifique, enseignant et conférencier émérite, son intégrité reste intacte dans sa vie personnelle puisqu'il a construit sa propre maison écologique à Dunham, un petit village de l'Estrie, où il a occupé les fonctions de conseiller municipal de 1976 à 1980.

Prix Urgel-Archambault

Sciences physiques, mathématiques, informatique et génie

Yoshua Bengio, professeur au Département d'informatique et de recherche opérationnelle

Le domaine de recherche du lauréat est une branche de l'intelligence artificielle appelée «apprentissage machine». On y met au point des algorithmes permettant aux ordinateurs d'extraire des centaines de millions d'éléments d'information contenus dans les bases de données. Certains de ces algorithmes sophistiqués sont nommés «réseaux de neurones» parce qu'ils s'inspirent du fonctionnement du cerveau. Et cette intelligence machine se trouve derrière les moteurs de recherche du Web, la vision informatique, les prises de décision financière, l'analyse produits-clients, la surveillance des flux de sites Web, le processus de découverte de médicaments ou encore la reconnaissance de la voix et de l'écriture.

L'ambition du chercheur est de comprendre les principes de l'apprentissage menant à l'intelligence (humaine ou pas) et de concevoir des algorithmes capables de les recréer par le traitement d'un vaste ensemble de données. Sa réputation et celle de son équipe de recherche font de lui une sommité internationale dans les domaines des réseaux neuronaux et du forage de données.

Prix Marcel-Vincent 2009

Sciences sociales

Suzanne Rivard, professeure titulaire au Service de l'enseignement des technologies de l'information de HEC Montréal

Si une entreprise est sous tension en matière de gestion de ses technologies de l'information et qu'elle peine à gérer la complexité de cette composante, un seul conseil: consulter les travaux de la lauréate ou encore lui confier un mandat! Qu'il s'agisse de gestion de risques relativement à l'élaboration de systèmes d'information ou d'impartition de l'exploitation des technologies de l'information, d'alignement stratégique des technologies de l'information ou de gestion de la résistance des utilisateurs aux nouvelles technologies, vous êtes toujours avec la bonne personne. En effet, la chercheuse possède une vaste connaissance de nombreux aspects de la gestion des technologies de l'information, technologies qui sont désormais essentielles à toute organisation.

Son expertise est largement reconnue ici comme à l'étranger. On la considère parmi les spécialistes les plus compétents, motivés et productifs du domaine.

Étudiants récompensés

Trois prix de l'Association des doyens des études supérieures au Québec, remis au gala de l'Acfas, sont allés à l'UdeM. Karine Cellard a remporté les honneurs dans le secteur des sciences humaines et sociales, arts et lettres avec sa thèse «L'histoire littéraire en récits: manuels scolaires et interprétation du corpus québécois (1918-1996)»; Anne Lise Broadbent a gagné la palme en sciences naturelles et génie avec sa thèse «Quantum nonlocality, cryptography and complexity»; Anne Gallagher, enfin, s'est vu remettre le prix de la meilleure thèse dans le domaine des sciences de la santé grâce à son travail intitulé «Nouvelles techniques d'investigation de la latéralisation du langage à l'aide de l'électrophysiologie et de l'imagerie optique».

De plus, deux étudiantes de l'UdeM, Fabienne Samson, pour son texte sur l'autisme, et Marie-France Marin, pour son texte «La fin d'un cauchemar», ont remporté le concours de vulgarisation de la recherche de l'Acfas.

 

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