Des designers de l'UdeM remportent le concours de design d'abribus de la STM

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Le modèle d’abribus des trois designers de l’Université s’intègre à l’ensemble des différents arrondissements et quartiers de la ville. Il propose un «heureux dosage d’efficacité et de discrétion», selon les membres du jury. Les designers Tatjana Leblanc, Yolaine Turcotte et Daniel Spooner, respectivement professeure à l'École de design industriel de l'Université de Montréal, étudiante à la maitrise et chargé de cours, ont conçu un nouvel abribus modulable et évolutif pouvant être alimenté à l'énergie solaire dans le cadre d'un concours lancé en septembre 2009 par le Bureau Design Montréal et la Société de transport de Montréal (STM).

«C'est un beau projet qui a exigé beaucoup de réflexion, résume la professeure Leblanc. La tentation était grande de se laisser emporter. Mais on est demeurés fidèles à nos convictions issues de nos recherches précédentes et l'on a préféré une intégration discrète et harmonieuse au paysage urbain.»

Doté d'une structure autoportante, le projet lauréat permet de réaliser des modèles d'abribus de base et de mettre bout à bout deux ou plusieurs unités pour créer des aires plus vastes pouvant accueillir davantage de voyageurs. Ce nouvel abribus amovible, vitré sur trois côtés, et dont des images 3D étaient entre les mains de Mme Leblanc au moment du passage de Forum, permettra aux usagers de la STM de s'abriter, de s'assoir et de consulter le plan du réseau et les horaires des bus. La tranche frontale de la colonne monolithique pourrait même recevoir des afficheurs tactiles interactifs qui indiqueraient par exemple aux usagers où est rendu leur autobus.

Le modèle imaginé par le consortium Leblanc, Turcotte et Spooner a été conçu pour résister à nos hivers en plus d'être facile à installer et à entretenir. Bien éclairé pour dissuader les graffiteurs, l'abri comporte quatre rampes de diodes électroluminescentes. Les concepteurs ont aussi prévu un système d'énergie solaire pour éclairer l'abribus dans des endroits privés d'accès au réseau électrique. «L'édicule peut être rendu autonome grâce à un panneau solaire et à un accumulateur caché dans la base de la colonne», indique M. Spooner, dont le travail a consisté à résoudre ces problèmes techniques.

Les futurs abribus de Montréal ont été conçus par Yolaine Turcotte, Tatjana Leblanc et Daniel Spooner.Efficacité et discrétion

Mme Leblanc avait pour sa part observé que bon nombre de gens font la file derrière le poteau d'arrêt, même sous la pluie, afin de s'assurer une place assise dans l'autobus. Les designers ont donc eu l'idée de décliner le toit de manière qu'il se prolonge en surplomb. «Cela permet de protéger les usagers en dehors de l'abri», signale la professeure, pour qui la longue pente longitudinale du toit traduit le mouvement, le dynamisme du transport et rappelle la nouvelle signature identitaire de la STM.

Yolaine Turcotte n'a pas tout de suite adhéré à cette idée. «Un toit incliné supposait un grand nombre de panneaux, coupés de biais à leur sommet», explique-t-elle. La jeune designer industrielle a trouvé une solution: la partie supérieure des panneaux s'insèrerait dans les poutres du toit, qui en cacherait l'excédent. L'illusion de l'angle serait ainsi rendue avec un nombre restreint de panneaux.

La possibilité de prolonger le toit et d'abriter les gens sans qu'ils entrent dans l'abribus a séduit les membres du jury. Ils ont par ailleurs apprécié «l'heureux dosage d'efficacité et de discrétion» du concept proposé par l'équipe de designers de l'UdeM. Le résultat est un abribus sobre et ingénieux qui s'intègre à l'ensemble des différents arrondissements et quartiers de la ville.

Fabrication des prototypes

En vertu de l'échéancier très serré du projet, les designers ont dû rapidement se mettre au travail. La première réunion a eu lieu en septembre 2009, et tout le matériel devait être livré en décembre. Ils se sont donc pliés à des séances de travail intensives pour respecter les échéances. «Pour moi, cela aura été une occasion inespérée de plonger dans un projet d'une grande envergure, estime Yolaine Turcotte. Nous sommes d'autant plus fiers qu'au total une trentaine de designers québécois, dont plusieurs firmes réputées, ont participé au concours.»

Prochaine étape: la fabrication de quelques prototypes. La STM, qui prévoit faire fabriquer 400 abribus, dont 25 % devraient être dotés de panneaux solaires, lancera un appel d'offres au printemps. Mmes Leblanc et Turcotte ainsi que M. Spooner collaboreront alors avec la firme sélectionnée et la STM. Les premiers prototypes devraient arriver sur les trottoirs de la métropole avant la fin de l'année.

Dominique Nancy

 

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