Normand Chaurette remporte le Prix de la revue Études françaises 2011

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Antoine del Busso, directeur général des PUM, M. Chaurette et M. Gingras (Photo: Sylvie Brousseau)Le dramaturge et traducteur Normand Chaurette, diplômé de l'UdeM en littérature, a reçu cette semaine le Prix de la revue Études françaises pour son essai Comment tuer Shakespeare, publié par les Presses de l'Université de Montréal (PUM).

Ce prix, créé en 1967 et dont la remise a été suspendue en 1980 pour reprendre de façon bisannuelle en 1995, souligne une contribution exceptionnelle à la réflexion sur la littérature de langue française. Essai, poésie, roman, tous les genres y sont possibles. Mais cette récompense a ceci d'unique qu'elle est le fruit d'une commande. Le jury choisit un auteur et lui assigne un thème. Dans ce cas-ci, il a sollicité Normand Chaurette et son travail de traducteur de Shakespeare.

Le jury, présidé par Francis Gingras, directeur d'Études françaises et professeur au Département des littératures de langue française de l'UdeM, a été séduit. Et l'on comprend pourquoi. L'essai est tout à la fois étonnant, brillant et touchant. L'auteur nous emmène sur les chemins parfois tourmentés, parfois lumineux du traducteur. Et quand l'objet de la traduction a pour nom Shakespeare, les personnages sont autant d'écueils auxquels on se heurte. «Que veut dire Shakespeare au fond? Mais qu'est-ce que je veux dire à travers Shakespeare?» Comment franchir le mur du feu qui sépare l'amour en anglais de l'amour en français? Passer du décassylabe à l'alexandrin ?

Normand Chaurette a traduit 12 pièces de Shakespeare. Il en a aussi écrit de nombreuses dont Les reines, sa réplique à Richard III du point de vue des femmes, première pièce de théâtre québécoise à avoir été jouée à la Comédie-Française.

À la remise de son prix, le 4 octobre, M. Chaurette a exprimé sa gratitude envers le jury, qui l'a convié à une réflexion sur son travail. Outre M. Gingras, le jury comprenait Benoît Melançon, directeur scientifique des PUM, ainsi que les auteurs et professeurs Pierre Nepveu, Catherine Mavrikakis et Jean-François Hamel. Par le passé, Gaston Miron, Hélène Dorion, Georges Leroux et Suzanne Jacob ont figuré au nombre des lauréats du prix.

M. Chaurette, qui a reçu une bourse de 5000 $, a aussi remercié la metteure en scène Alice Ronfard, présente à la cérémonie, et à qui il dédie son essai. Mme Ronfard l'a, dit-il, soutenu, aidé, éclairé dans sa tâche.

En fait, cet essai prend des allures de journal de création. Ainsi, dans le chapitre sur la traduction de Comme il vous plaira, on peut lire: «Il se produisait avec la traduction ce qui se produit avec la création en général: pureté absolue du geste créateur dans l'anticipation, désillusions graduelles dans l'exécution et disparition de la merveille dans la facture finale du travail.»

Paule des Rivières

 

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