Les professeurs de l'Université de Montréal Michel Bouvier, Benoît Melançon et Claude Perreault étaient à l'honneur au dernier gala annuel de l'Association francophone pour le savoir (Acfas), qui s'est tenu le 29 septembre. L'Acfas y a souligné leur contribution exceptionnelle à la recherche scientifique en leur remettant des prix.

Le prix Adrien‐Pouliot pour la coopération scientifique avec la France a été remis à Michel Bouvier, professeur titulaire au Département de biochimie et chercheur principal à l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'UdeM ainsi que lauréat du prix Léo-Pariseau en 2006.
Concevoir le bon médicament pour la bonne personne, c'est maintenant possible. Cette «médecine personnalisée» est basée sur la chimie médicinale, dont l'objectif est de découvrir ou de mettre au point des molécules thérapeutiques bien ciblées. Ainsi, par l'étude du fonctionnement des médicaments à l'échelle moléculaire, Michel Bouvier participe à l'élaboration des thérapies du futur. Comme il s'agit d'un défi colossal, il a su miser sur l'expertise complémentaire de collaborateurs de divers pays, particulièrement la France.
Par ailleurs, le professeur Bouvier a été conseiller scientifique en France, rédacteur en chef pour le Québec de la revue franco-québécoise Médecine/Sciences de 2005 à 2011, en plus d'avoir formé 22 étudiants et stagiaires postdoctoraux français. Produire une science sans frontières, voilà qui résume bien la philosophie du chercheur.

Le prix André-Laurendeau en sciences humaines a été accordé à Benoît Melançon, professeur titulaire au Département des littératures de langue française et directeur scientifique des Presses de l'Université de Montréal.
Dix-huitiémiste, enseignant, chercheur, critique, éditeur, administrateur, blogueur, essayiste... Avec tous ces chapeaux, Benoît Melançon réussit à transmettre de diverses manières, à divers publics, le fruit de ses recherches sur la culture et ses langages. Ses différents travaux lui ont permis de contribuer aux progrès de l'étude des discours, des plus triviaux aux plus complexes.
Sa thèse Diderot épistolier: contribution à une poétique de la lettre familière au XVIIIe siècle, publiée en 2006, est aujourd'hui considérée comme un classique de la recherche en littérature française. Son ouvrage Les yeux de Maurice Richard: une histoire culturelle (2006 et 2008) a également beaucoup retenu l'attention et lui a valu de nombreux prix. Depuis 1992, le chercheur publie une bibliographie électronique sur le Siècle des Lumières qui compte plus de 23 000 titres. Devenu incontournable, ce travail titanesque s'ajoute aux nombreuses réalisations du lauréat.
Benoît Melançon apporte une contribution moderne et originale à l'étude des discours et de ses représentations.
Le prix Léo-Pariseau en sciences biologiques et sciences de la santé est allé à Claude Perreault, professeur en immunologie et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en immunobiologie.
Être le premier, c'est toujours une fierté. Mais être le premier Québécois à réaliser une greffe de moelle osseuse, c'est tout un honneur. Claude Perreault est devenu leader dans les facteurs de réussite de cette greffe. Ses travaux ont en effet mené à cerner la principale complication de ce type de greffe: la réaction du greffon contre son hôte. Parallèlement, le perfectionnement de l'immunothérapie qu'il propose contribue à l'amélioration de l'état de santé des greffés. Derrière ces avancées effectuées par le lauréat, ce sont d'importantes recherches en immunologie qui sont entreprises où le chercheur alterne entre expériences scientifiques et recherches cliniques.
Depuis 1981, Claude Perreault a notamment fondé puis dirigé pendant 10 ans le Centre de greffe de cellules hématopoïétiques de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Il a aussi joué un rôle déterminant dans la mise sur pied du prochain Centre d'excellence en thérapie cellulaire et dans le développement de l'IRIC.
Bien que son horaire soit fort chargé, Claude Perreault trouve le temps de former la prochaine génération de scientifiques et de cliniciens. Le mot d'ordre est clair: découvrir, former, avancer et élaborer des traitements anticancéreux révolutionnaires.
Prix de vulgarisation scientifique
Stéphanie Briaud, étudiante au doctorat au Département d'histoire, a remporté le prix de vulgarisation scientifique pour son texte intitulé «L'isiacologie : Isis et Osiris chez les Romains».
L'isiacologie est une toute jeune discipline qui s'intéresse aux cultes d'origine égyptienne, les cultes isiaques. La lauréate étudie le lien entre les empereurs et les divinités isiaques à partir de sources impériales. Elle consacre une partie de son temps à la vulgarisation, car «l'Histoire, nous dit-elle, c'est l'histoire de tout le monde! Dans mon cas, comme l'isiacologie est très peu connue, je suis contente d'apprendre aux gens que oui, il y avait une pyramide à Rome, de même qu'un obélisque.»
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