Christine Colin, professeure au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal et grande spécialiste de la santé communautaire, a reçu, le 20 septembre, le grade de chevalière de l'Ordre national de la Légion d'honneur.
Cette distinction lui est accordée 15 mois après celle de l'Ordre national du Québec. «Je suis comblée, a commenté Mme Colin il y a quelques jours. J'obtiens ainsi, en quelque sorte, une reconnaissance de mes deux pays.»
Christine Colin est née en 1952 en France, où elle a fait ses études de médecine, de pédiatrie sociale, de santé publique et médecine préventive et de santé du travail. Installée au Québec depuis plus de 30 ans, elle est titulaire d'une maitrise en santé communautaire de l'UdeM.
La cérémonie de remise de la Légion d'honneur a eu lieu au pavillon Roger-Gaudry en présence du recteur, Guy Breton, et de la chancelière, Louise Roy. En remettant cette distinction à Mme Colin, le nouvel ambassadeur de France au Canada, Philippe Zeller, a souligné les efforts, le temps et l'énergie qu'elle a déployés pour maintenir et raffermir les échanges entre la France et le Canada.
Mais surtout, M. Zeller a salué le parcours remarquable de la récipiendaire dans sa sphère d'activité, l'engagement communautaire.
Médecin spécialiste de la santé publique, Mme Colin a en effet fortement marqué l'univers de la santé communautaire. Au Québec, elle a défini et implanté nombre d'orientations, de politiques et de programmes de prévention, tout en contribuant à créer de nouvelles structures. Elle exerce également son leadership au sein de diverses instances internationales, telles l'Organisation mondiale de la santé et l'Agence universitaire de la Francophonie.
L'honneur conféré réjouit Christine Colin parce qu'il traduit la reconnaissance du travail en santé communautaire. «Ce qui me touche le plus, c'est cette reconnaissance des valeurs que j'ai encouragées et des objectifs que j'ai visés pour améliorer à la fois la santé publique et la santé des personnes défavorisées et en situation d'exclusion.»
Après avoir mené des recherches sur la santé des femmes enceintes et des nouveau-nés en milieu défavorisé, elle a mis sur pied le programme Naître égaux, grandir en santé et l'a déployé partout sur le territoire du Québec. Première sous-ministre adjointe à la Santé publique (1993-1998), elle a lancé et mis en œuvre les Priorités nationales de santé publique de la province et participé à la fondation de l'Institut national de santé publique. Mme Colin a aussi été directrice générale du Secrétariat à l'adoption internationale au ministère de la Santé et des Services sociaux. Elle est revenue à l'Université de Montréal en 2000 à titre de doyenne de la Faculté des sciences infirmières, où elle a notamment collaboré à la création du premier centre de recherche interuniversitaire en sciences infirmières du Canada.
Vice-doyenne de la Faculté de médecine (2003-2010), elle a soutenu l'essor des sciences de la santé et l'interdisciplinarité, multiplié les ententes et les projets de collaboration internationale de la faculté et coordonné la création de l'École de santé publique. Depuis 2010, elle est directrice du Centre de promotion de la santé au CHU Sainte-Justine.
Mme Colin préside de nombreux conseils scientifiques internationaux et est engagée dans plusieurs organismes voués au développement des enfants et à la lutte contre la pauvreté.
Et aujourd'hui, quel bilan dresse Mme Colin? «Je reste résolument optimiste malgré certaines inquiétudes.» Il est indéniable, poursuit-elle, que les experts et les décideurs bénéficient maintenant de données probantes relativement aux conséquences des politiques publiques sur la santé des enfants et des familles fragilisées. La priorité donnée aux enfants fait à peu près l'unanimité, mais il faudrait miser encore davantage sur les jeunes familles et sur la réduction des inégalités sociales et de santé, croit-elle.
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