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Carmen Quintana poursuit ses études à l'Université de Montréal

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À l’été 2010, Mme Quintana s’est établie pour de bon dans la ville qui l’avait accueillie et soignée en 1986.«Les enfants et les adolescents sont l'avenir de l'humanité. En leur assurant un meilleur accès aux soins de base et un meilleur soutien psychologique, on peut, en quelque sorte, changer le monde... un enfant à la fois!» déclare Carmen Quintana.

La protection des jeunes et des droits fondamentaux : voilà les chevaux de bataille de la célèbre militante chilienne. Son parcours s'est cristallisé autour de ces objectifs, que ce soit à titre de professeure de psychologie spécialisée en traitement des problèmes de santé mentale chez les enfants et les adolescents à l'Université Andrés Bello à Vina del Mar, de collaboratrice au SENAME, le pendant chilien de la direction de la protection de la jeunesse, ou encore d'ambassadrice de la paix auprès de dignitaires, de chefs d'État et même du pape Jean-Paul II.

Mme Quintana poursuit aujourd'hui sa quête en entreprenant un doctorat en psychologie à l'Université de Montréal sous la direction du professeur Jean-Claude Lasry. Elle s'intéressera à la construction de l'identité personnelle et ses conséquences sur la santé mentale chez les jeunes Québécois d'origine chilienne.

Carmen Quintana fait une entrée remarquée à l'UdeM. En effet, son combat incessant pour la défense des droits de la personne et l'excellence de son parcours universitaire lui ont valu la très prestigieuse bourse d'études supérieures du Canada Vanier, d'une valeur de 50 000 $ par an pendant trois ans. «Un grand honneur dont je suis très fière», confie-t-elle.

Rappelons que le nom de Carmen Quintana est passé tragiquement à l'histoire le 2 juillet 1986. Alors qu'elle manifestait contre le régime Pinochet, à Santiago, elle fut aspergée d'essence et transformée en véritable torche humaine par les militaires chiliens. Brulée au troisième degré sur plus des deux tiers de son corps, elle fut sauvée in extrémis à l'Hôtel-Dieu de Montréal. Elle avait alors 18 ans.

Après une longue convalescence, Mme Quintana est retournée s'établir dans son pays d'origine en 1988. Elle a effectué un passage éclair à Montréal en 2009 qui a attiré l'attention, lorsqu'elle a participé à l'inauguration d'un monument à la mémoire du président Salvador Allende aux jardins des Floralies. À l'été 2010, son mari, ses trois filles et elle se sont établis pour de bon dans la ville qui l'a accueillie voilà plus de 20 ans.

La maladie mentale et l'identité personnelle

«Je crois que le drame que j'ai vécu au Chili a nourri d'une certaine façon mon intérêt pour la psychologie, analyse Carmen Quintana. Certains considèrent cette discipline comme très individualiste, mais je pense que, grâce à elle, on peut modifier la manière dont chacun voit le monde et ainsi faire évoluer l'humanité. C'est particulièrement vrai chez les enfants. Leur capacité d'adaptation et leur ouverture d'esprit sont bien plus grandes que celles des adultes, ce qui facilite souvent leur traitement en santé mentale. Cependant, je suis bien consciente que la psychologie n'est pas la réponse à tous les problèmes. Il faut une approche multidisciplinaire.»

La doctorante estime que derrière chaque maladie mentale se cache un problème d'identité personnelle. «J'ai testé cette hypothèse chez les jeunes contrevenants au Chili quand je travaillais à leur réinsertion sociale, raconte-t-elle. Tous portaient en eux une blessure, une fragilité. La construction identitaire est un processus difficile, surtout pour les adolescents d'aujourd'hui, qui vivent dans un monde où les bouleversements sociaux et technologiques se succèdent à un rythme effréné et où les valeurs familiales perdent du terrain au profit de l'individualisme. Les jeunes sont très seuls et notre société ne les aide pas.»

Mme Quintana poussera ce thème un peu plus loin durant ses études doctorales. «Plus de 9000 Chiliens habitent au Québec. Plusieurs d'entre eux y ont trouvé refuge pour échapper au régime Pinochet dans les années 80. J'aimerais savoir ce qu'il est advenu de leurs enfants. Comment l'histoire familiale et la dualité culturelle de leurs parents influencent leur construction identitaire? Comment leur famille les soutient-elle pendant cette période charnière? Pour le moment, il n'y a aucune étude sur ce sujet.»

Marie Lambert-Chan

 

Sur le Web



Onze autres boursiers

Outre Carmen Quintana, onze chercheurs de l'Université de Montréal figurent sur la liste des lauréats de la bourse Vanier:

  • Mélanie Cambrezy (science politique)
  • Belinda N Elisha (métabolisme-diabète)
  • Audrey-Anne Éthier (influences de l'environnement sur la santé)
  • Séléna Lauzière (vieillissement)
  • Véronique Leduc (communications et études des médias)
  • Étienne Lepage (biologie végétale et des arbres)
  • Marie-Christine Parent (musique)
  • Cécile Quesney (musique)
  • Zehra Sahin (sociologie)
  • Enkelejda Sula-Raxhimi (anthropologie)
  • Sara Tremblay (santé des populations)
 

Dossiers

 

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