La découverte d'un gène associé à une forme courante de migraine et celle d'un mécanisme régulant la transmission d'un signal anormal à l'origine de plusieurs cancers ont retenu l'attention du magazine Québec Science, qui publie à chaque début d'année son palmarès des 10 découvertes de l'année.
Les travaux de Guy Rouleau, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, directeur du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et chercheur au Centre de recherche du CHUM, de même que ceux de Ron Lafrenière, généticien et directeur adjoint du Centre d'excellence en neuromique de l'UdeM, pourraient aider à mieux comprendre la migraine.
Avec une équipe de l'Université d'Oxford, les chercheurs ont découvert que le gène KCNK 18 inhibait la fonction d'une protéine qui joue normalement un rôle essentiel dans la communication entre les cellules nerveuses.
En comparant l'ADN de sujets migraineux avec celui de sujets non migraineux, les chercheurs ont observé qu'une mutation du gène KCNK 18 bloquait la fonction de la protéine TRESK chez les personnes souffrant fréquemment de migraines. Cette avenue ouvre la voie à la mise au point de médicaments susceptibles d'accroitre l'action de cette protéine et de réduire l'intensité des migraines. Les travaux des chercheurs ont été publiés fin septembre dans Nature Medicine.
Guy Rouleau est très bien placé pour apprécier les avancées relatives aux migraines, puisque sa vie d'étudiant a été ponctuée de terribles maux de tête.
Mieux comprendre le cancer
Marc Therrien et son équipe ont pour leur part découvert un mécanisme régulant la transmission d'un signal anormal à l'origine de plusieurs cancers.
Parus dans la revue Cell, les résultats de la recherche démontrent qu'un complexe de protéines contrôle la voie de signalisation RAS/MAPK, responsable des cancers les plus meurtriers, dont les cancers du pancréas, du côlon et du poumon, ainsi que les mélanomes. Ce mécanisme régulateur pourrait constituer une cible thérapeutique prometteuse pour le traitement de ces types de cancer.
«Notre étude indique qu'un complexe de protéines, l'EJC, influe sur la production d'une protéine dans la voie de signalisation qui agit directement sur la cellule. Lorsque ce complexe est déficient, la voie de signalisation est inhibée, ce qui empêche la prolifération désordonnée de la cellule à l'origine de nombreux cancers», explique Marc Therrien.
Marc Therrien est chercheur à l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l'Université de Montréal et professeur au Département de pathologie et biologie cellulaire de l'UdeM.
Les vedettes de ce 19e palmarès du magazine sont incontestablement la santé et l'environnement. Une majorité de découvertes s'y rapportent, de près ou de loin. Après avoir soigneusement étudié les 80 projets qui leur ont été envoyés, le jury de Québec Science et son rédacteur en chef, Raymond Lemieux, sont unanimes: les chercheurs québécois font des découvertes exceptionnelles. Le jury dit avoir privilégié la rigueur scientifique, mais aussi l'originalité, la diversité et l'aspect novateur ou utilitaire des travaux soumis.
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